TEP Book Club : Terre de Brume

Janvier 2020 – femmes lesbiennes

J’ai découvert le BookClub Tout Est Politique début janvier, enthousiasmée par le thème du mois : femmes lesbiennes. Je me suis empressée de conseiller des lectures, avant de me rappeler que le but était que je lise, moi aussi… or, ayant décidé de me consacrer davantage à l’écriture, je n’avais lu qu’une seule œuvre dans le thème : Portraits d’Illustres Butchs, d’Eloisa Aquino, dont l’idée me plait puisque cette œuvre graphique décrit des personnages historiques. Mais si les dessins et les citations étaient percutantes, chaque portrait était beaucoup trop court et j’en suis ressortie sans idée précise de qui étaient ces femmes présentées.

femme en débardeur noir brandissant une liseuse avec la couverture de Terre de Brume, il y a du brouillard et du vent

J’avais adoré La Lune est à Nous de Cindy van Wilder, et j’étais particulièrement curieuse de lire un roman de la même autrice, mais dans un genre différent. C’est le cas de Terre de Brume, une duologie fantasy que j’ai commencé dans le train de Paris vers le Sud, en rentrant de ma fête du nouvel an. Je le considérais comme une pause de mon autre lecture, Les Somnambules, et ne comptais lire qu’un chapitre avant de m’y remettre… sauf que le monde présenté m’a happée. Un univers d’inspiration Grèce Antique est bouleversé lorsqu’une brume toxique le recouvre, ne laissant que les sommets des montagnes. Dix-sept ans après le bouleversement, un Sanctuaire est attaqué par une vague de brume, et deux jeunes apprenties prêtresses de l’eau et du feu s’allient pour lui faire face. Les chapitres alternent entre Héra, la magicienne de l’eau, et Intissar, celle du feu, qui peut aussi voyager dans le monde des spectres. Leur nom est le titre du chapitre qu’elles narrent, mais comme il y a des extraits d’ouvrages sur la brume, au moment de commencer le chapitre, j’ai souvent oublié quel point de vue on suit…

L’univers est original et l’histoire intrigante. Toutefois, quand je l’ai repris quelques jours plus tard pour un autre voyage en train, j’ai été un peu déçue. J’avais lu plus de la moitié du roman, et j’avais l’impression de n’avoir eu qu’une introduction ! La fin est un peu précipitée, mais le tome 2 me tendait les bras…

Sauf que c’était la rentrée, ce qui signifiait, entre autres, que l’échéance des livres empruntés avant les vacances approchait, alors que je ne les avais pas lus. Je m’y suis donc consacrée en priorité, ne lisant Terre de Brume : Le Choix des Elues que lorsque je ne pouvais pas porter de roman – il est sur ma liseuse – et j’avançais donc de dix pages par semaine.

On retrouve nos héroïnes où on les a laissées, et il y a aussi le point de vue d’un autre prêtre du feu auquel je ne me suis pas attachée – sans doute parce que je lisais aussi lentement, ce dont je n’ai pas l’habitude. La surprise du début est qu’alors qu’Héra et Inti n’avaient semblé ressentir que de l’amitié l’une pour l’autre dans le premier tome, elles s’embrassent ici par accident, et leurs sentiments semblent changer… personnellement j’ai trouvé ça un peu artificiel, mais il n’empêche que les personnages fonctionnent bien ensemble.

J’ai continué ma lecture dans les transports parisiens, alors que j’étais en visite chez mon parrain. Puis devant sa porte, car il était sorti de chez lui et ne pouvait m’ouvrir. J’ai beaucoup aimé les débuts de chapitre qui forment une histoire à eux seuls. Quant au scénario principal, le rythme s’accélère et j’étais prise. A cause de mes pauses fréquentes, mes émotions n’étaient toutefois pas aussi intenses qu’elles auraient pu l’être… et j’ai été interrompue par l’arrivée de mon parrain qui m’a ouvert. A quatre pages de la fin !

Il m’a quand même laissée finir – qu’il est gentil. Je trouve que les deux tomes doivent s’enchaîner, car individuellement ils sont un peu courts et simples : les adversaires sont vaincus rapidement à l’échelle d’un seul livre. Ensemble, c’est une aventure prenante ! La romance me convient tout à fait – ce qui signifie que si vous êtes très romantiques, ça ne vous plaira pas – sauf pour la dernière page où je la trouve plus angoissante qu’autre chose, mais comme la fin est ouverte, j’ai de la place pour imaginer ce que je veux !

femme en noir lisant Bouche Cousue devant un mur blanc

On associe beaucoup relations entre femmes et identités lesbiennes, mais c’est oublier l’existence des femmes bies. Dans Terre de Brume, l’identité sexuelle d’Héra n’est pas explicitée, mais au début du tome 1, Inti est attirée par un homme.

De plus, les lesbiennes peuvent exister hors d’un couple. C’est ce que j’ai beaucoup apprécié dans Bouche Cousue, une nouvelle de Marion Muller-Colard qui faisait partie des œuvres à rendre à la bibliothèque et que j’ai lue en une soirée. Ce n’est pas une histoire joyeuse, mais elle est belle : la plume est magnifique et les pages vibrent d’émotions. Amande, adulte, écrit une lettre à son neveu pour lui raconter comment elle a découvert son identité dans sa famille homophobe. Son amitié avec un couple d’hommes qui habitait près de chez elle. D’une certaine manière, c’est une histoire douce, avec des personnages secondaires très attachants.

Le thème du mois m’a plu pour des raisons évidentes, et j’attends avec impatience celui de février… qui d’ailleurs, est le mois d’un autre challenge lesbien, le #FFFebruary, décrit dans cet article.

TW Terre de Brume : racisme, sexisme

TW Bouche Cousue : homophobie

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Lu pour le Challenge de l’imaginaire

2 réflexions sur « TEP Book Club : Terre de Brume »

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