Signé Poète X

d’Elizabeth Acedevo

personne en rouge et noir lisant Signé Poète X devant un tag coloré

J’avais lu plusieurs chroniques de ce livre, qui m’ont donné très envie de le découvrir à mon tour… le sujet m’intéressait, et puis, c’est traduit par Clémentine Beauvais dont j’avais adoré Les Petites Reines.

Sauf que j’ai découvert qu’il était écrit en vers libres, et ça m’a directement refroidie. Je ne suis pas fan de poésie, et même si je peux en apprécier de temps en temps, un roman entier ? J’étais également entrée dans une phase fantasy/SF et je savais que Signé Poète X était un roman contemporain. Je n’étais pas motivée pour sortir de ma zone de confort.

Fin février, je suis allée à un club de lecture d’une librairie, j’ai parlé de Clémentine Beauvais, et la libraire m’a prêté une épreuve de Signé Poète X. Plus le choix ! Je me suis motivée pour le lire grâce au challenge O.W.L. – il faut lire un livre qui sort de notre zone de confort – et… je l’ai dévoré. En une après-midi, c’était plié. Finalement, le plus dur aura été d’ouvrir le livre…

L’histoire est écrite à la première personne par Xiomara, une jeune fille d’Harlem qui écrit des poèmes dans un carnet. Au fil de ses vers remplis de frustration, on découvre sa famille, sa mère religieuse qui l’accuse d’aguicher les hommes par sa seule existence, son père présent et absent à la fois, son Jumeau qui la soutient sans trop savoir comment, et qui lui-même redoute qu’on découvre qu’il a un copain. Xiomara veut rejoindre le groupe de slam de son lycée, mais elle sait que jamais sa mère ne l’y autorisera.

Souvent, ce que je recherche dans un bouquin, ce sont de bons personnages, auxquels je peux accrocher, m’identifier. Ici, la distance des vers fait qu’on connait peu les personnages secondaires, que ce soit la meilleure amie de Xiomara, son frère ou Aman, le garçon dont elle s’éprend passionnément. On les découvre à travers de brefs portraits, mais surtout à travers ce que Xiomara ressent à leur encontre.

Car justement, les émotions sont présentes, brûlantes, et ce dès le début. Xiomara est une fille noire et grosse, elle se fait harceler sexuellement partout, mais ce n’est pas décrit : on le ressent, sa rage, son désespoir, sa frustration, son impuissance. L’injustice de sa situation, de sa mère qui l’accuse de ce qu’on lui fait, de tout ce système qui l’enferme. Ses doutes par rapport au catholicisme qui lui renvoie un modèle dont elle ne veut pas – une femme blanche, vierge, enceinte et soumise. J’étais tellement tendue, bouillonnante de sentiments ! Je ne pouvais plus lâcher le livre, surtout sur la fin où l’action se précipite, où on ne voit plus aucune issue pour libérer Xiomara.

L’histoire est courte, finalement – les vers prennent beaucoup plus de place sur une page qu’un texte en prose. L’action avance vite, on redoute la suite autant qu’on l’attend avec impatience. J’ai eu du mal à résumer l’histoire pour cette chronique, déjà parce que je galère sur les résumés en général, mais surtout parce que je l’ai lu d’une traite et que ce qui est resté, ce sont les émotions. Leur force.

Ce livre m’encourage à découvrir d’autres œuvres en vers libres que j’avais mises de côté en pensant que jamais je n’aimerais.

TW : homophobie, agressions sexuelles, slut-shaming

 

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