Eliza et ses Monstres

de Francesca Zappia

photo stylysée en dessin au crayon : femme blottie dans de multiples plaids, brandissant une liseuse avec la couverture de Eliza et ses Monstres

J’ai commencé ce roman dans le train, alors que j’avais deux autres lectures moyennement enthousiasmantes en cours. J’ai accroché dès les premières pages ! Eliza Mirk est une jeune fille asociale, qui publie secrètement en ligne une bande dessinée à succès : La Mer Infernale. Je me suis immédiatement reconnue dans sa passion pour son œuvre, ainsi que sa réticence à engager des contacts sociaux – bien qu’elle les redoute plus que moi, je la comprends lorsqu’elle apprécie la solitude !

Dans son lycée arrive un nouvel élève, Wallace, fan et auteur de fanfictions de La Mer Infernale. Il ne parle pas et j’ai trouvé ses échanges écrits avec Eliza très doux. Elle ne lui dit pas qu’elle est l’autrice et se fait passer pour une fan, et leurs échanges autour de leur passion sont très prenants !

Je me reconnaissais tout à fait dans ce scénario autour de la lecture, de l’écriture et du fandom. Je me demande si ce n’est pas un grand fantasme d’écrivain·es que d’imaginer être si connu·e – mais anonyme – que des fans viendront nous chanter des louanges de nos œuvres sans se douter qu’on les a écrites.

Malheureusement, j’ai dérogé à l’une de mes grandes règles : d’habitude, je me contente des critiques, et là, par accident, j’ai lu la 4e de couverture… qui spoile un évènement majeur. C’est dommage car du coup je l’ai attendu, et attendu… j’aurais préféré que le résumé précise que ça n’arrivait qu’à la fin !

C’est d’ailleurs dommage que ce bouleversement survienne aux trois quarts de l’œuvre plutôt qu’au milieu : j’aurais aimé que les conséquences soient plus développées, que plus d’espace soit consacré à Eliza et son anxiété. Tout me semble trop réglé à la va-vite. C’est pareil pour sa dispute avec Wallace : il cherche à se servir d’elle et lui fait du chantage émotionnel alors qu’elle est fragilisée. On le comprend, lui aussi traverse un moment difficile, mais je pense que leur réconciliation aurait pu être plus travaillée – surtout qu’à aucun moment il ne semble essayer de la comprendre, elle.

En terminant le livre, j’ai constaté que j’étais satisfaite, mais pas autant emportée qu’après les premiers chapitres. Je m’étais dit que ce roman était génial, qu’il allait faire partie de mes favoris… et à la fin, je le trouvais « juste » très bien.

Le format est ravissant : il y a régulièrement des extraits de la BD La Mer Infernale, ce qui permet de se passionner pour cette œuvre – quoique pas autant que les personnages – et d’avoir une idée de quoi ils parlent. De plus, esthétiquement, c’est sympa d’avoir quelques dessins entre les chapitres ! Les quelques citations « cultes » de la BD ajoutent à l’immersion. Et en arrivant chez moi, je me suis empressée d’aller sur le site internet associé, pour voir le contenu bonus – il n’y en a pas tant que ça, ceci dit.

Le personnage d’Eliza m’a touchée, sa relation avec Wallace est douce et j’ai beaucoup aimé la représentation de la communauté de fans et de la relation entre fans et auteurices. Il m’a manqué quelque chose – côté scénario peut-être ? Ou une fin moins prévisible – pour que ce roman soit absolument génial. Mais j’ai passé une excellente lecture !

Avertissement : mention de suicide, pensées suicidaires, anxiété, harcèlement

 

Une réflexion sur « Eliza et ses Monstres »

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