Diversité en Litté Partie 2

Le challenge diversité en litté se poursuit – la partie 1 est ici. Je m’intéressais aussi aux lectures des autres, et je me suis vite rendue compte que beaucoup lisaient en anglais. J’aime bien lire en anglais moi aussi, mais souvent, ce sont des livres que je peux moins facilement recommander… et comme j’adore partager mes lectures, je préfère attendre la traduction française.


personne en costume, devant le soleil couchant, brandissant sa liseuse avec la couverture de Passing Strange
Passing Strange et Caligo Lane d'Ellen Klages

Une de ces recommandations, conseillée à répétition par Planète Diversité, qui organise ce challenge, a été Passing Strange, qui vient d’être publié en français.

L’histoire m’a déroutée dès le début, car on ne comprend pas bien où elle va. La vieille Helen Young va vendre le tableau représenté sur la couverture… puis, bond dans le temps, on revient dans les années 1940 et l'héroïne semble être Franny… ou pas, puisque de nombreux personnages font leur entrée : la peintre Haskell, la jeune Emily, Babs, l’amante de Franny, Helen Young…


Un premier élément surnaturel s’immisce alors que le roman est bien entamé : Franny peut créer des raccourcis en pliant les cartes. J’ai adoré le caractère flou et subtil de cette magie, qui est à l’image du roman.

L’histoire se concentre peu à peu sur Haskell et son couple avec Emily, qui chante dans un bar lesbien. La scène du spectacle est d’ailleurs ma préférée : elle m’a fait penser à mes sorties au Cabaret de Poussière. Tout est là, le spectacle queer et révolutionnaire, les salutations « Mesdames, Messieurs, mes non-binaires », la présence des cishétéros qui nous prennent pour une attraction, et bien sûr qu’on se sent insulté·es et qu’on aimerait les chasser, mais en attendant, ils financent la troupe…

Le livre n’a cependant pas de direction précise, ce qui m’a manqué. On enchaine les belles scènes, dans une atmosphère de doux trouble avec de brèves et dures incursions de la réalité. Tout s’agence à la fin, parfaite, qui renoue avec le début de manière inattendue et poétique. Elle était très satisfaisante et m’a permis de terminer sur une belle note, mais la tension aura manqué tout au long du roman.


A ce moment-là, j’étais embarquée dans un long trajet en car, et la lumière encore faible permettait mal de lire les romans papiers que j’avais emportés. J’ai donc enchainé directement avec Caligo Lane, une brève nouvelle qui s’intéresse à Franny et sa magie des cartes : elle cherche à aider sa sœur, menacée par la seconde guerre mondiale.

J’ai beaucoup aimé les descriptions de la magie, et comme je connaissais déjà le personnage, c’était moins gênant que le récit soit court. Cependant, je ne trouve pas qu’il ait beaucoup apporté à l’univers de Passing Strange. J’étais plus intéressée par Helen Young que par Franny…


Cases cochées : Perso racisé, couple f/f, SFFF et intersectionnalité


TW : mention de violences sexuelles policières, violences conjugales


femme en robe bustier noire et rouge, type renaissance, brandissant sa liseuse avec le couverture de Carmilla, devant un drap rouge
Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu

Je n’ai jamais été fan de vampires, ni de romans que je qualifie de « vieux ». Mais, alors que je souhaitais écrire un roman avec des vampires, j’ai découvert en me renseignant que cette créature avait une connotation queer, depuis l’écriture de Carmilla, en 1871, soit bien avant Dracula qui s’en est inspiré.

J’entends beaucoup que les identités LGBTI+ sont une mode. Ou une invention récente. Je pense que la case « date de plus de 2 ans » était surtout là parce qu’il y a de plus en plus de représentation, et que c’est un peu plus compliqué de trouver des romans plus anciens. Mais j’ai décidé de carrément remonter l’histoire, car quoi que certain·es en dise, nous avons toujours été là !


En commençant ma lecture, je ne m’attendais pourtant pas à grand-chose : c’est vieux, donc probablement sexiste et homophobe, non ?

Malgré un style d’écriture on ne peut plus plat, j’ai été agréablement surprise. Dès le début, c’est très très lesbien, avec Carmilla qui appelle la narratrice, Laura, « Chérie » et ce genre de passages est très fréquent :

« Elle me donna un baiser sans mot dire.

– Carmilla, je suis sûre que tu as été amoureuse ; je suis sûre que tu as une affaire de cœur en ce moment même.

– Je n’ai jamais aimé, je n’aimerai jamais personne, si ce n’est toi, murmura t-elle.

Ah ! comme elle était belle sous la clarté lunaire ! »

Laura, elle, ressent de l’attraction et de la répulsion mêlée, et j’ai trouvé ça génial : les esprits homophobes de l’époque pouvaient attribuer ce dégoût à la nature homosexuelle de l’attirance, et approuver l’œuvre, tandis qu’en réalité, ce dégoût vient sûrement du fait que Carmilla est une vampire – les animaux le perçoivent, donc l’instinct de Laura peut-être aussi...

Bien sûr, je savais comment ça se terminait, avec le meurtre de la sulfureuse Carmilla. N’empêche, c’était une lecture intéressante.

Avant de finir ma lecture, j’ai discuté avec quelqu’un qui m’a conseillé la web-série Carmilla. Qu’ai-je donc fait en fermant le livre ? Mon exposé pour le lendemain ? Que nenni ! Après tout, les épisodes sont courts…

J’adore les modernisations, et avoir lu Carmilla me permettait de capter les nombreux clins d’œil. La web-série est vraiment enthousiasmante et me permet de considérer ce roman avec un œil encore plus favorable !


Cases cochées : couple f/f, roman publié il y a plus de 2 ans – c’est le moins qu’on puisse dire !


TW : mort violente d’un personage lesbien, racism, sexisme


Autres romans avec des couples f/f :

  • A l'abordage de Kadyan (chroniqué en partie 1 ici)
  • Mes vrais enfants de Jo Walton (chroniqué ici)
  • The infinite Loop d'Elsa Charretier
  • Lumberjanes de Noëlle Stevenson (chroniqué ici pour le Pumpkin Autumn Challenge)
  • Rouge Tagada de Charlotte Bousquet
  • La sirène et la licorne d'Erin Mosta (chroniqué ici pour le Pumpkin Autumn Challenge)
  • Dysfonctionnelle d’Axl Cendres (chroniqué ici pour le Pumpkin Autumn Challenge partie 2)
  • Révolution avec une vampire de Lizzie Crowdagger (chroniqué ici pour le Pumpkin Autumn Challenge)
  • Pas tout à fait des hommes de Lizzie Crowdagger (chronique à venir, c'était génial !)
  • La belle Eprise de Karin Kallmaker (chroniqué en partie 1 ici)
  • Citrus de Saburo Uta (chroniqué ici pour le Winter is Reading)
  • Frangine de Marion Brunet (chroniqué ici pour le Winter is Reading)
  • Ecumes de Ingrid Chabbert
  • Child Trip de Jeanne Sélène (chronique à venir)
  • Manderley Forever de Tatiana de Rosnay (chroniqué ici pour la Semaine à Lire)

femme en gilet patchwork lisant How to be Remy Cameron devant un tag avec écrit Caged et les oiseaux du film Rio
How to Be Remy Cameron de Julian Winters

Si j’ai lu 22 livres avec des personnages racisés, j’ai en revanche vraiment galéré à trouver des romans avec des personnages racisés sur la couverture. Planète Diversité a publié plusieurs exemples de versions françaises qui, en traduisant de l’anglais, remplacent les personnages racisés sur la couverture par des dessins abstraits ou carrément par des visages blancs – oui, je pense à Les Sept maris d’Evelyne Hugo. Durant ce challenge, j’ai pu constater que même quand le personnage est sur la couverture – ce qui est le cas, techniquement, de 16 de ces œuvres – c’est souvent en ombre, ou alors en tout petit, ou alors le visage est coupé… par exemple, la couverture de Et ils meurent tous les deux à la Fin représente les personnages principaux, qui sont racisés :

Je me suis finalement rabattue sur la lecture commune du challenge, How to be Remy Cameron de Julian Winters – j’avais déjà lu Nous les Filles de Nulle Part, chroniqué ici. Je l’avais acheté mais gardé sur mon étagère en attendant de prendre le train pour rentrer chez mes parents, et c’est là que j’ai commencé.


C’est un roman pour ados, alors je m’attendais à une lecture facile, même si c’était en anglais. Pas du tout ! C’est l’histoire de Remy Cameron, noir, gay, adopté, qui pour un essai de littérature, essaie de comprendre qui il est, et de se détacher de ses étiquettes. Le style est oral, jeune, moderne, alors je ne comprenais pas la plupart des expressions et références culturelles. J’avais beaucoup de mal à suivre.

Par exemple, lorsqu’il rencontre sa conseillère d’orientation, elle lui propose des plans d’avenir qui l’agacent, car ce sont des universités qui accueillent à bras ouverts les noirs et les gays. Contrairement à Remy, je ne cherche pas à me détacher de mes étiquettes, je veux qu’on les prenne en compte. Qu’on ne me conseille pas des films homophobes, par exemple. Alors que lui souhaite qu’on les « oublie ». Je pensais que mon incompréhension de sa réaction sur les universités était liée à cette divergence, mais j’ai fini par deviner que non : c’est parce que ces universités n’ont rien à voir avec ses souhaits d’étude – la littérature – et que la conseillère a donc considéré son orientation sexuelle plutôt que ses demandes explicites. Et là je suis d’accord avec Remy.

La divergence entre Remy et moi s’est aussi ressentie lorsqu’il a parlé de la réaction idéale à un coming out : son amie qui lui a répondu « ton t-shirt est à l’envers ». Alors que moi, c’est une réaction que je déteste, car c’est un moment stressant, une part importante de mon identité, et la personne en face semble l’ignorer. Oui, c’est normal d’être gay, mais ce n’est pas dans la norme, et ça implique tout un tas de difficultés que cette amie semble négliger… Et puis, à la place de Remy, je me serais demandé si elle avait bien entendu, ou si elle choisissait, délibérément, de l’ignorer, ce que des personnes de mon entourage ont vécu – la personne ne réagit pas, parce qu’au fond elle pense que ce n’est qu’une phase…

C’est justement ce qui rend Remy intéressant à mes yeux : il est différent de moi. Et, bien qu’il soit plus jeune, l’auteur est plus âgé, et Remy a fait son premier coming out il y a longtemps. Le roman tourne autour de la découverte de soi, mais pas en vue d’un coming out comme c’est le cas dans beaucoup de ces histoires : c’est la découverte de soi au-delà. Ce n’est pas non plus l’histoire d’un premier amour : Remy a déjà eu un copain, ils ont rompu, il essaie de s’en remettre et tombe amoureux de Ian.

Ce genre d’histoire vise plutôt les ados en pleine construction de soi, mais quand j’avais dix-sept ans, je n’aimais pas ces récits que je ne comprenais pas, où je ne me reconnaissais pas. Il n’est certes jamais trop tard pour se construire, mais comme la barrière de la langue est forte, c’est un peu difficile avec ce roman-là.

C’est dommage car il y a un ressort scénaristique que j’adore : plein de personnages. Car si ça arrive de n’avoir qu’un·e seul·e meilleur·e ami·e, c’est quand même beaucoup moins fréquent dans la vraie vie que dans les romans. Là, Remy est bien entouré : ses amies d’enfance Rio et Lucy, le copain de Lucy, Brooke, et son meilleur ami Ian, Sara, une fille qui crush sur Lucy, Chloé et Jayden, Zac et Alex, et j’en ai peut-être même oublié. Et puis il y a sa famille : les parents, la sœur, la tante, l’oncle, le chien… Ç’aurait été génial si je n’avais pas été tellement concentrée sur la compréhension que j’en oubliais sans cesse les personnages et leurs caractéristiques.

J’ai mis presque deux semaines à le lire alors qu’il n’est pas épais. A défaut d’être emportée par le récit, j’ai trouvé Remy très intéressant, et les thèmes abordés aussi.


Cases cochées : lecture commune, personnage racisé sur la couverture !


TW : ils sont indiqués sur la dernière page du roman


femme en débardeur illusion d'optique brandissant sa liseuse avec la couverture de Tortues à l'Infini devant un mur beige
Tortues à l’Infini de John Green

J’ai commencé ce roman suite à une recommandation de Parmi les Récits. Je le lisais dans le bus en me rendant à un goûter de Noël, et j’ai découvert Aza, une adolescente avec des pensées obsessionnelles. Et… je n’ai pas accroché, si bien que j’ai arrêté ma lecture.

Deux semaines plus tard, le challenge était sur le point de se terminer, j’avais un long trajet en train, et j’ai remarqué qu’en fait, j’avais déjà lu 14% du livre. Je me suis dit que je pouvais essayer de finir…

Au début, j’ai eu du mal à me souvenir de certains éléments, mais j’ai vite été plongée dans l’histoire. Daisy, la meilleure amie d’Aza, décide de mener l’enquête sur un milliardaire en fuite, pour empocher la récompense. Aza connait le fils et elles vont l’interroger…

J’étais prise par l’intrigue, mais aussi par la beauté de l’écriture. C’est très poétique, les mots ont de la valeur dans cette histoire. Les personnages en discutent d’ailleurs : la psy d’Aza explique l’importance de nommer une chose pour qu’elle soit réelle – en prenant l’exemple de peuples qui distinguent ou non des couleurs selon le vocabulaire existant. Ici, c’est appliqué à la neurodivergence et au besoin d’avoir un vocabulaire précis, mais ça concerne plein d’identités.

Je lisais dans les transports, et mes correspondances ont été annulées coup sur coup. Un contexte stressant, pas le meilleur pour ce roman : lorsqu’Aza part dans la spirale de ses pensées, l’anxiété du roman est communicative et j’avais l’impression d’étouffer.

L’amitié, la romance et la famille ont cependant la part belle dans ce récit, ce qui aide à composer avec cette anxiété. La romance m’a particulièrement plu, car c’est rare que je la trouve aussi bien faite. Les personnages s’aiment mais c’est simple et respectueux. Une citation l’illustrera au mieux, et elle montrera aussi la belle plume de ce roman.

« Allongée sous cet arbre, je me suis dit que je l’aimerais peut-être toute ma vie. On s’aimait, aucun doute là-dessus – on ne se l’était jamais dit et l’amour n’était pas forcément notre truc, mais c’est quelque chose que je ressentais. Je l’aimais et j’ai pensé que je ne le reverrais sans doute jamais, qu’il me manquerait toujours – n’était-ce pas là une terrible perspective ? »

J’ai adoré ce roman à mon deuxième essai, je suis très contente de lui avoir donné sa chance.


Cases cochées : Au cours de ce challenge, j’ai découvert que mettre ou non un personnage dans la catégorie « handi » était compliqué. Parfois le roman ne donne pas le nom du handicap… J’ai considéré la définition sociale du handicap, c’est-à-dire : le personnage rencontre-t-il des difficultés à cause du validisme ? Dans La Sirène et la Licorne, Cris n’a pas de difficultés motrices suite à son accident, mais son entourage restreint ses activités physiques.

A la fin, j’ai eu la surprise de constater que j’avais lu 20 romans avec des personnes en situation de handicap. J’ai l’impression d’en avoir lu beaucoup moins ! Sans doute parce que les handicaps sont très variés. Je n’ai lu aucun roman avec une personne autiste, par exemple…


TW : self-harm, accident de la route


D’autres romans avec des personnages importants en situation de handicap :

  • On est tous faits de molécules de Susin Nielsen (chroniqué ici pour le Pumpkin Autumn Challenge partie 2)
  • Mes vrais enfants de Jo Walton (chroniqué ici)
  • La sirène et la licorne d'Erin Mosta (chroniqué ici pour le Pumpkin Autumn Challenge)
  • Wonder de R.J. Palacio (chroniqué ici pour le Pumpkin Autumn Challenge)
  • Ma vie de monstre d'Anne Pouget (chroniqué ici pour le Week-end à 1000)
  • La tête dans les étoiles de Jen Wang (chroniqué ici pour le Week-end à 1000)
  • Dysfonctionnelle d’Axl Cendres (chroniqué ici pour le Pumpkin Autumn Challenge partie 2)
  • Fleur du désert de Waris Dirie (chroniqué ici pour le Pumpkin Autumn Challenge)
  • Un si petit oiseau de Marie Pavlenko (chroniqué ici pour le Week-end à 1000 de Novembre)
  • Paranoïa de Mélissa Bellevigne (chroniqué ici pour le Week-end à 1000 de Novembre)
  • Eliza et ses monstres de Francesca Zappia (chronique à venir !)
  • Nimona de Noëlle Stevenson (chroniqué ici)
  • Boo de Neil Smith
  • Child Trip de Jeanne Sélène (chronique à venir)
  • Un Noël au Poil de Cha Raev (chroniqué ici pour le Winter is Reading)
  • L’École de la Peur de Gitty Daneshvari
 

Et voici, enfin, la statistique pour un total de 90 livres :

f/f:25; racisé:22; handi:20; m/m:18; rien:18; trans/inter:9; gros:6; aro/ace:4

Et oui, comme vous pouvez le constater, j’ai lu pas mal de romans sans la moindre représentation (18). Je ne sais pas si je suis surprise : d’un côté, je ne cherche pas du tout à lire des romans sans représentation, et quelque part, c’est triste de constater à quel point c’est difficile d’y échapper – pas qu’ils aient été mauvais, mais ça montre à quel point ils sont partout, et que s’il est facile de ne lire aucun roman avec de la représentation, l’inverse n’est pas vrai.

D’un autre côté, j’ai l’impression d’en avoir lu beaucoup plus que ça… Pourquoi ? C’est simple : si j’ai lu 43 livres gays au sens large, cela signifie que j’ai lu une majorité de romances hétéros… si j’ai lu 20 romans avec des personnages handi, cela veut dire que j’ai lu 70 romans avec des personnages valides… j’ai donc toujours l’impression de lire beaucoup de romans hétéros, blancs, valides… alors qu’en fait, je lis peu d’œuvres sans diversité !


Je suis en revanche agréablement surprise d’avoir vu plus de relations f/f que m/m. Sexisme oblige, il est beaucoup plus difficile de se procurer des romans f/f… durant tout le challenge, en fait, j’ai évité les romances m/m… et j’en ai quand même lu beaucoup.


C’est le moment de prendre des résolutions pour la nouvelle année, non ? Alors je vais continuer de ne pas privilégier les romans m/m même si c’est facile de se les procurer, et je vais fouiller partout pour trouver des romans avec des personnes trans, grosses, inter, aro et/ou ace. N’hésitez pas à me conseiller des livres !

Merci à Planète Diversité pour l’organisation du Challenge, et à toutes les autres personnes qui ont participé et m’ont permis de découvrir des livres.

 

1 C’est difficile de faire rentrer des œuvres dans des cases, mais j’ai fait au mieux, en considérant le ou les personnages point de vue, et les personnages secondaires au rôle important – généralement les love interest, mais parfois les meilleur·es ami·es.
J’ai également considéré le contexte, notamment pour les situations de handicap ou les situations de domination de race. Je n’ai pas fait de statistiques sur les #ownvoice car je n’ai pas eu le temps ou la possibilité de me renseigner sur toustes les auteurices.

 

Challenge Winter is Reading

2019 - Partie 2

La suite de mes aventures pour le Winter is Reading, challenge sur le thème de Game of Thrones où il faut lire le plus possible pour sa famille – pour ma part, les points que je gagne vont aux Tyrell. Après deux semaines mouvementées – vous pouvez lire la première partie de mon bilan ici – j’ai eu un étrange cauchemar : mon identité sur le groupe Facebook du Challenge Winter is Reading était usurpée, et on m’ostracisait ! Le lendemain, j’ai découvert que le vent avait détruit le barnum de mon campus. L’hiver vient…

Je ne suis pas la corneille à trois yeux, mais ces évènements étaient-ils des présages ? Annonçait-il mes échecs culinaires de cuisson d’œuf au micro-ondes, ou la venue des partiels qui ralentiraient mon rythme de lecture ?


femme en chemise rose ouverte lisant Le Secret de l'Amitié devant un drap avec des coquelicots
Le Secret de l’Amitié de Kawahara Kazune

Malgré mes révisions, j’ai pu lire entre autres Le Secret de l’Amitié, un manga en un tome sur deux amies, l’une belle et populaire (Moe), l’autre exclue (Eiko). Moe dit à tous ceux qui veulent sortir avec elle qu’ils doivent faire passer sa meilleure amie avant elle, car c’est la personne qui compte le plus à ses yeux.

J’aimais beaucoup l’idée derrière ce scénario, c’est-à-dire que l’amitié est plus importante que la romance, car c’est un sentiment que je partage et qui est trop rarement défendu. Cependant, au fil de l’histoire, cette amitié est si forte que j’avais envie que les deux filles finissent en couple. Je suis aro et j’adore lire de belles amitiés, mais j’aime aussi les couples de filles… lorsque Eiko disait « si j’avais été un garçon, j’aurais été amoureux de Moe », j’étais d’autant plus embêtée, car elle n’a pas besoin d’être un garçon pour ça…

C’est une histoire d’amitié, une amitié très forte, et mis à part ces quelques passages homo-ignorants, elle est très bien décrite. La romance n’est pour ces filles qu’un à-côté, c’est leur relation amicale qui est centrale à leur vie, et j’ai trouvé ça chouette. Et d’autant plus important que plusieurs personnes m’ont dit, lorsque j’ai parlé de cette histoire : « Une romance où l’amie est plus importante que l’intérêt amoureux ? Ça n’a pas l’air enthousiasmant. »


photo surexposée d'une personne en débardeur et chemise lisant un livre méconnaissable (la passe-miroir tome 2) devant une haie automnale
Les Disparus du Clairdelune (La Passe-Miroir T2) de Christelle Dabos

J’avais dévoré le tome 1 au début du challenge. J’ai emprunté le tome 2 juste après, mais j’avais tant à lire que je l’ai négligé… et mon départ pour les fêtes de Noël approchait, approchait… mon train partait le lendemain, je n’avais pas la place de l’emporter, mais je me suis dit « commençons-le maintenant. J’ai lu le tome 1 en une après-midi, je peux faire pareil. »

L’histoire reprend là où elle s’était arrêtée dans Les Fiancés de l’Hiver : Ophélie, jeune passe-miroir et lectrice d’objets forcée de quitter son île pour épouser l’odieux Thorn, fait son entrée à la cour, où elle est présentée à Farouk, l’esprit de famille. J’avais trouvé l’héroïne trop isolée dans le tome 1 : même s’il y a des personnages sympathiques, il n’y a personne à qui elle se confie. J’avais espéré que le tome 2 développerait ces personnages auxquels je m’étais attachée – Renard, Gaëlle, la tante Roseline, et même Berenilde ! – mais au contraire, ce sont Thorn, l’ambassadeur Archibald et Farouk, certes intéressants mais moins attachants, qui sont creusés.

Cependant, Ophélie a trouvé ses repères, et c’est très plaisant de la voir évoluer dans un environnement qu’elle maîtrise mieux. On en apprend aussi beaucoup sur l’univers ! J’avais totalement oublié le prologue du tome 1, où il est expliqué que Dieu a tout cassé, et où on peut deviner que ces îles rocheuses qui flottent – dans quoi ? – sont les débris. Ici, le même prologue est rappelé, et l’identité de ce Dieu ainsi que les origines et conséquences de sa colère sont un peu approfondies.

J’ai dû m’interrompre pour regarder une série avec un ami – et à cause de ma lecture, j’ai oublié de faire le ménage avant qu’il n’arrive… un faux pas diplomatique peu digne des Tyrell – mais j’ai repris le soir. Des invités disparaissent, et Ophélie découvre que sa terre d’origine n’est pas aussi exempte de complots qu’elle n’y parait…

J’ai tendance à trouver les tomes de moins en moins bien, mais ça n’a pas été le cas ici : Les Disparus du Clairdelune m’a tout autant plu que Les Fiancés de l’Hiver. Et j’ai emporté le tome 3 dans ma valise !


femme en bonnet rouge et haut de Noël brandissant sa liseuse avec la couverture de Un Noël au Poil, devant un sapin et un calendrier de l'Avent Licorne
Un Noël au Poil de Cha Raev

J’avais cette nouvelle sur mon ordinateur, mais je ne savais plus pourquoi ni comment je me l’étais procurée. N’ayant aucun contexte, je n’étais donc pas particulièrement motivée pour la lire, mais il y avait Noël dans le titre, alors j’ai songé que ça me mettrait dans l’ambiance avant de rentrer pour les fêtes.

Une semaine auparavant, j’avais discuté avec un ami des déductions qu’on fait en lisant un roman, en particulier les déductions romantiques. Qu’est-ce qui fait qu’on devine qui va être l’intérêt amoureux, alors qu’on ne se doute de rien ? Comment pressent-on lequel des deux membres du triangle amoureux va être choisi ? Je suis d’ordinaire très douée à ce jeu-là…

J’ai lu le premier chapitre d’Un Noël au Poil, où les personnages sont mis en place. Puis j’ai voulu ajouter l’œuvre à ma liste Goodreads, et j’ai vu le résumé. J’étais totalement à côté de la plaque ! Et c’est vraiment dommage que le résumé me l’ait spoilé, j’aurais préféré avoir la surprise en lisant le chapitre deux, car elle est vraiment intéressante. Je vous laisse la découvrir ! Et je me suis souvenue pourquoi j’avais voulu lire cette histoire.

C’est une petite romance mignonne, assez clichée – l’un des personnages est aveugle et trébuche sur les cartons de déménagement de l’autre, s’ensuit une dispute, qui dégénère en « haine » tenace, jusqu’à ce qu’ils finissent par communiquer et découvrir qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Très mignon et vaguement ridicule, avec une narration originale qui m’a beaucoup plu – même si, par moments, ça franchissait la frontière entre original et bizarre. Une bonne histoire de Noël !


Femme en chemise rose lisant les Belles dans des catacombes
Les Belles de Dhonielle Clayton

J’avais entendu parler de ce roman avec la parution de Tiny Pretty Things, de la même autrice, mais j’avais toujours d’autres priorités... J’ai commencé Les Belles sur ma liseuse dans le bus, pour me changer d’une autre lecture, puis j’ai découvert qu’il était à ma bibliothèque, je l’ai réservé et j’ai arrêté le temps de l’avoir en papier. Je préfère le papier, car j’arrive mieux à situer où j’en suis dans l’histoire.

Les 6% que j’avais lus m’avaient permis de cerner l’histoire : c’est une sorte de dystopie de fantasy, dans un univers où tout le monde est laid, sauf les Belles, qui ont le pouvoir de modifier l’apparence des autres. Elles sont élevées dans un pensionnat à part avant de faire leur entrée à la cour, où la narratrice, Camille, convoite le poste de favorite. J’étais assez prudente avec mes émotions en lisant ce roman : j’avais lu des critiques qui dénonçaient la représentation gay dans ce roman. Je ne me souvenais plus si c’était parce que tous les personnages gays étaient méchants, ou si c’était qu’ils mourraient…

Les relations entre femmes sont évoquées de manière très naturelle : les journaux traitent leurs liaisons de la même manière que les autres, de nombreux personnages secondaires – entre autre la reine – ont des amantes sans que ce soit considéré comme un problème. L’homosexualité masculine n’est pas du tout abordée, peut-être parce qu’il y a peu de personnages masculins.

La société présentée est assez paradoxale : les femmes semblent avoir beaucoup de pouvoir politique, en revanche, le patriarcat est toujours présent sous la forme de double standards de beauté. D’ailleurs, ces standards m’ont laissée perplexe, puisqu’au début Camille déclare que les Belles peuvent avoir toutes les corpulences, qu’on peut être gros-se et magnifique… et tous les personnages souhaitent être minces.

A part ces quelques points qui m’ont déroutée, l’histoire était sympathique. Elle m’a fait penser à La Sélection – peut-être aussi à cause de la couverture – mais avec une narratrice plus déterminée. Dommage, cependant, qu’elle ne tire pas des conclusions plus vite : elle voit des indices très tôt et semble les oublier.

C’est finalement la trope Bury Your Gays qui est à l’œuvre ici, mais ça ne m’a pas du tout dérangée. C’est un de ces cas où analyse rationnelle et sentiments sont en désaccord : les deux seuls personnages lesbiens meurent, et aucun-e hétéro, pourtant je n’ai pas eu l’impression d’être visée et j’ai beaucoup aimé ce roman.

 

J’ai un peu paniqué sur la fin du challenge, en constatant que je n’avais toujours pas lu de romans de guerre et de Nature Writing. J’ai expédié Into The Wild qui ne m’a pas passionnée, puis j’ai relu Thirrin, Princesse des Glaces – le roman ultime pour ce challenge : de la fantasy centrée sur une guerre, qui se passe en hiver, avec des morts-vivants donc des zombies, et un grand voyage dans le nord. J’ai adoré et j’en parlerai plus en détail dans un futur article !


Tout au long du challenge, j’ai posté mes lectures sur le groupe Facebook – c’était l’occasion d’épier les familles concurrentes, de discuter avec elles, diplomatie Tyrell oblige, et de soutenir les membres de ma propre famille. Plus sérieusement, l’esprit du groupe est très détendu, les familles sont plus là pour donner une direction et on échange sur nos lectures, c’est très plaisant. J'avais lancé ce blog justement parce que je voulais discuter de ce que je lisais !


J’ai terminé le challenge avec 30 livres, en validant tous les menus et tous les paliers, pour un total de – attention, roulement de tambour – 1060 points ! Si avec ça, les Tyrell ne gagnent pas… je prendrai ma revanche l’année prochaine, car c’est mon challenge préféré.


TW Les Belles : mort violente des personnages lesbiens

 

Nimona

de Noëlle Stevenson


femme en manteau et t-shirt à flammes lisant la BD Nimona devant un mur de ronces

J’avais passé l’après-midi à chercher des romans avec des personnages gros pour le challenge Diversité en Litté, et j’étais déprimée d’en trouver si peu… Alors quand j’ai vu cette BD sur un piédestal de ma bibli, et les formes rondes de Nimona sur la couverture, je l’ai pris sans hésiter.

Comme j’avais déjà atteint la limite des livres que je pouvais emprunter, j’ai commencé à le lire sur place. Dans un univers de fantasy de type « contes du moyen-âge », la métamorphe Nimona devient l’acolyte du méchant Lord Blackheart, et l’aide à combattre l’Institut pour le Maintien de l’Ordre Héroïque et son champion, Sire Goldenloin.

C’était rigolo, mais j’avais du mal avec les dessins et avec le caractère incontrôlable de Nimona, qui détruit tout sur son passage. J’ai continué parce que j’aime les histoires dont les « méchant·es » sont les personnages principaux, pour montrer que les « gentil·les » ne sont pas si bienveillant·es…

Je me suis vite investie dans la « rivalité » entre Blackheart et Goldenloin – oui, il y aura beaucoup de guillemets dans cette chronique. Dès la page 9, mon instinct gay s’est réveillé, et j’ai eu peur d’être queerbaitée – le queerbaiting, c’est lorsqu’une œuvre cherche à attirer un public LGBTI+ en faisant croire qu’elle a du contenu queer, alors qu’en fait ce n’est pas le cas. J’ai jeté un coup d’œil à la fin : pas de queerbaiting en vue, mes instincts étaient bons, et j’ai repris ma lecture avec une motivation redoublée – si j’avais vu que l’autrice était celle de Lumberjanes, je n’aurais pas eu de doutes, mais j’avais pris cette BD sans y faire attention…


Cette lecture était finalement excellente, une aventure fun qui parle d’altérité et de monstruosité, avec une romance complexe, et surtout, en arrière-plan ! Le cœur de la BD est la relation père-fille entre Blackheart et Nimona, qui m’a beaucoup touchée. Lord Blackheart est adorable, Nimona à la fois énervante et attachante, et ensemble, iels nous offrent un bon cocktail d’émotions. Du début à la fin, c’est à ces deux personnages qu’on s’intéresse en priorité. Bien que l’épilogue ait aussi pour but d’éclaircir la situation entre Blackheart et Goldenloin, Nimona reste au cœur de l’histoire, et on souhaite surtout savoir ce qu’elle est devenue.

J’ai relu la BD dès le lendemain matin. Puis le lendemain après-midi. Puis j’ai cherché des dessins bonus sur internet. Elle a un gros défaut, en fait : malgré ses 272 pages, elle est trop courte !


J’avais désespérément envie de partager cette lecture, de voir si d’autres avaient, comme moi, perçu la romance dès la page 9, et si on pouvait m’expliquer ce qui m’avait donné cette sensation. J’avais beau relire, je ne voyais vraiment pas sur quels indices se basait ma certitude que Blackheart et Goldenloin n’étaient pas exactement amis…

Finalement, une personne de mon entourage l’a lue lors d’un week-end chez moi – j’avais gardé la BD exprès – et a partagé mon opinion et mon instinct. Notre analyse : il y a contact physique entre les deux hommes sur trois cases de suite. Ce que je trouve assez triste : ça veut dire qu’hors couple, on ne voit jamais des hommes se toucher…

Il va bien falloir que je rende cette BD un jour, mais en attendant, je ne peux résister à la tentation de la relire encore une fois…


TW : mort, expérimentations sur personne non-consentante


 

Pumpkin Autumn Challenge 2019 – Bilan – Partie 2

La suite de mon bilan du Pumpkin Autumn Challenge ! J'avais commenté mes lectures des deux premiers menus en partie 1, et c'est parti pour les ouvrages restants.

Menu Automne Douceur de Vivre

Jack-O-Lantern : Emma, sa Cousine et Moi de Lizzy Brynn

femme en débardeur rayé lisant Emma, sa Cousine et Moi de Lizzy Brynn dans l'herbe

J’ai eu envie de lire ce roman dès que j’ai vu qu’il était approuvé par le Lobby LGBT – et les commentaires m’ont bien encouragée !

Je ne vais pas en dire beaucoup sur car il est très court, mais j’ai passé un super moment en le lisant. La narratrice, Chloé, est attachante, et je me suis vite impliquée dans sa relation avec sa meilleure amie Emma, qui lui reproche de privilégier l’équitation. Puis la cousine arrive…

L’histoire est très douce. La romance est simple, sans exagération, les sentiments sont sincères. J’ai trouvé la discussion autour du consentement très bien faite !

L’autre mère : Dysfonctionnelle d’Axl Cendres

femme lisant Dysfonctionnelle d’Axl Cendres dans une bibliothèque vieillotte

J’ai aimé le livre dès que j’ai commencé ma lecture. Fifi nous présente sa famille dysfonctionnelle, la narration est drôle et prenante. Je me suis sentie chez moi dans cette maison vivante et chaleureuse. Chaque chapitre présente un nouveau personnage, les anecdotes à son sujet, dans un fouillis temporel difficile à expliquer.

Puis l'histoire devient plus linéaire, et Fifi raconte sa jeunesse puis son adolescence, et sa rencontre avec Sarah, dont elle tombe amoureuse. Et c'est là que ça a dérapé : Sarah fait pression sur Fifi pour qu'elles couchent ensemble, et c'est quelque chose qui m’horripile. Cette relation n’est pas présentée comme particulièrement saine, elle est tout aussi dysfonctionnelle que les autres, mais j’aurais préféré que l’histoire se concentre sur la famille.

Ça reste une bonne lecture, avec des personnages très attachants !

Un Cinnamon Roll et un Chaï Latte, à emporter s’il vous plaît ! Love is Love d’un collectif de créateurices

Femme en noir lisant la BD Love is Love

Je pensais que ce serait une « lecture vite fait », comme c’est souvent le cas pour les BD. Mais pas ici… Chaque page a été écrite par un·e artiste différent·e, alors avant d’en lire une autre, il faut faire une pause, engranger l’histoire, laisser toutes les émotions se poser. Et des émotions, il y en a ! Le thème est en effet l’attentat d’Orlando, et si les premières pages m’ont laissée indifférente, j’ai commencé à pleurer en lisant l’histoire illustrée sur une petite fille passionnée d’astronomie, ses parents, et leur réaction à l’attentat.

Comme chaque page a été écrite par une personne différente, mon ressenti ne faisait que changer. Beaucoup de références aux comics m’échappaient, je n’ai pas compris certains des dessins, et politiquement, je trouvais les idées exprimées parfois très plates.

Mais certaines pages ont été comme un coup de poing. La page où un couple de femmes appellent désespérément toustes leurs ami·es, où les bulles s’enchevêtrent dans leur panique. Le texte décrivant la " porte ouverte " par les personnes LGBTI+. L’image grandiose d’un jeune homme et de sa mère dansant ensemble.

Certaines étaient plus douces, l’une m’a remplie d’amusement jubilatoire : les présupposés sur des onomatopées s’échappant d’une chambre.

A la fin de cette BD, j’étais épuisée. Vidée, émotionnellement. Avec du recul, elle n’est pas excellente, les pages qui m’ont touchée ne sont qu’une minorité, et j’aurais aimé plus de représentation trans, inter... Mais sa lecture a été incroyable. Et pour la clore sur une note émotionnelle, je vous conseille d’écouter I know a Place de MUNA. C’est ce que j’ai fait juste après.

Menu Automne Astral

You’re just as sane as I am : Saga tomes 1 à 9 de Brian K. Vaughan et Fiona Staples

femme lisant la BD Saga de Brian K. Vaughan et Fiona Staples devant un buisson de roses

J’ai commencé à lire cette BD en librairie. Quoique n’étant pas mon style, les dessins sont beaux et correspondent parfaitement à l’ambiance. Alors qu’une guerre intergalactique fait rage, deux soldat·es de camps ennemis tombent amoureuxses et ont une fille, qui raconte leur histoire.

J’ai repris ma lecture en retrouvant le tome 1 dans ma bibliothèque, et malgré cette relecture, j’ai eu beaucoup de mal à identifier les différents camps, j’oubliais sans cesse les différentes allégeances.

Les personnages sont complexes, et de race, genre et sexualités variés. Je me suis beaucoup attachée aux chasseurses de prime qui veulent tuer les parents et leur fille et je trouve ça génial de ne pas savoir qui je veux voir gagner ! Les morts – nombreuses – sont également très bien faites, j’étais triste même pour les personnages que je connaissais à peine. Cependant, il y a aussi plusieurs fausses morts qui réduisent le suspense.

Les romances aussi sont assez inégales : autant j’ai aimée celle entre la grand-mère et l’écrivain, autant j’étais perplexe face à d’autres.

Cette série n’est malheureusement pas terminée, et j’attends la sortie du tome 10…

Rêverons-nous de moutons électriques : On est tous faits de Molécules de Susin Nielsen

femme lisant On est tous faits de Molécules de Susin Nielsen

Le résumé ne m’avait pas particulièrement motivée : il promet une histoire prévisible de famille recomposée où la « peste » (Ashley) apprend à être gentille et le « nerd » (Stewart) à se faire des ami·es... et c'était exactement ça.

J'ai toutefois passé un bon moment. Il n'y a pas beaucoup de suspense, et j'ai eu du mal avec le personnage d'Ashley au début. Mais Stewart est cool, et on entre peu à peu dans l'histoire. J'ai trouvé les pensées d'Ashley par rapport à son copain Jared bien écrites, on sent la pression sociale et la présence de la culture du viol.

Songe d’une Nuit d’Automne : Et ils Meurent tous les deux à la Fin d’Adam Silvera

femme en noir et blanc lisant Et ils Meurent tous les deux à la Fin d’Adam Silvera, le roman est en couleurs

Je n’aime pas les histoires qui finissent mal. Je n’avais donc pas particulièrement prévu de lire ce roman, mais je l’ai vu à ma bibliothèque et l’univers m’intéressait : dans notre futur, l’agence Death-Cast est capable de prédire la mort des gens et les prévient à minuit pour qu’ils puissent profiter de leur dernière journée.

Je m’attendais à ce que Et Ils Meurent tous les Deux à la Fin explore les implications morales de Death-Cast : est-ce que savoir qu’elles vont mourir provoque la mort des personnes, puisqu’elles agissent différemment ? Et si les futurs morts en profitaient pour commettre des crimes ?

Ces thèmes sont à peine abordés : on se concentre sur la dernière journée de Rufus et Matéo, deux jeunes qui se rencontrent grâce à une appli.

L’histoire est mélancolique sans tomber dans le drame. J’avais un peu peur que la romance paraisse forcée, puisqu’elle a lieu en vingt-quatre heures, mais j’avais aimé le réalisme de la romance dans Pourquoi Pas Nous ? , et j’ai eu raison de faire confiance à l’auteur : la relation de Rufus et Matéo est avant tout une nouvelle amitié, et la potentialité de plus. J’ai compris leurs sentiments et l’impact de leur mort imminente dessus, et, même si j’aurais pu m’en passer, ça ne m’a pas paru forcé. L’amitié et la famille est au cœur du récit, ce qui m’a beaucoup plu aussi.

En revanche, le roman manque de tension, et je pouvais le reposer sans difficulté. Le seul suspense concerne la manière dont ils vont mourir, mais on ne s’en préoccupe pas avant le dernier quart. La fin est d’ailleurs brillante, tout était là pour qu’on devine – mais je ne l’avais pas vu venir – et c’est plutôt subtil.

Je m’attendais à être dévastée, mais il y a beaucoup d’espoir dans le ton, et l’histoire se concentre sur le positif. Les personnages ont surmonté leur peur de la mort, et moi celles des fins tristes !


Et voilà pour le Pumpkin Autumn Challenge ! Je suis contente de l’avoir réussi, et il me motivait bien pour lire : je me forçais à quitter mon ordi et à avancer dans mes lectures. Je pense que je préfère quand même les week-ends à 1000, qui sont plus courts et plus libres.


TW Emma, sa Cousine et moi : dans le livre se trouve une adresse mail pour demander des TW détaillés, ce que je trouve génial !

TW Dysfonctionnelle : traumatisme, internement en hôpital spécialisé, drogue, grossophobie, mégenrage, pression sexuelle

TW Love is Love : meurtres homophobes et transphobes

TW Saga : morts

TW On est tous faits de Molécules : tentative de viol

TW Et ils meurent tous les deux à la fin : agression


Pumpkin Autumn Challenge 2019 – Bilan – Partie 1

Mon tout premier challenge à thème se termine ! Il s’agit du Pumpkin Autumn Challenge, créé par Guimause, durant lequel 4 menus comptant plusieurs catégories sont proposés.

J’avais peur de ne pas le réussir, puisque je n’arrive pas à me forcer à lire des romans. J’ai donc lu les livres que je voulais, en espérant qu’ils entrent dans les thèmes, et je vais vous présenter une lecture pour chaque catégorie.

Menu Automne Frissonnant

Tu n’en reviendras pas ! Révolution avec une Vampire de Lizzie Crowdagger

femme lisant sa liseuse en contrejour devant une fenêtre

J’ai eu du mal à remplir cette catégorie, n’étant fan ni d’horreur ni de vampires… mais comme j’aime la fantasy, j’ai bien fini par tomber sur des vampires, et parmi tous ces romans-là, mon préféré est Révolution avec une Vampire de Lizzie Crowdagger, que j’ai commencé dans le métro. Ce n’étaient pas les meilleures conditions de lecture, surtout que je ne suis pas très portée sur les nouvelles : elles ne font que gratter la surface des personnages et ne me transmettent aucune émotion.

Celle-ci m’a souvent évoqué un résumé : on découvre la vie de la révolutionnaire vampire et trans Léna à travers son interview avec un journaliste, qui pose les bases de cet univers futuriste où vampires et humains se déchirent. C’est un univers très prometteur, avec de nombreux points évoqués sans être éclaircis, propice à une longue série plus qu’à une histoire de 26 pages.

La chute est bien trouvée et j’ai passé un bon moment… mais c’est trop court !

Les Os/Eaux de Davy Jones : La Sirène et la Licorne d’Erin Mosta

Entre des rochers, dans la brume, femme en sarouel coloré lisant La Sirène & La Licorne d'Erin Mosta

J’ai eu envie de lire ce roman dès que j’ai vu sa couverture. Je ne savais même pas de quoi ça parlait ! Le temps que je le trouve, j’ai eu de plus en plus d’échos qui m’ont motivée à le lire.

Dès le début, le mystère plane sur l’intrigue. La narratrice, Lili, a un style très direct, voir brusque, elle nous dévide toutes les informations à son sujet en un paragraphe… mais elle garde sous silence la raison pour laquelle elle doit quitter sa maison.

Lorsqu’elle arrive chez sa tante, l’ambiance mystérieuse s’épaissit. Elle habite dans une vieille maison en ruines, et la nuit, Lili entend d’étranges bruits… A cela s’ajoute l’atmosphère mystique de la côte océanique, avec ses îles abandonnées et ses légendes de fantômes. Pour être allée dans cette région, je peux dire que les descriptions sont réussies !

Le roman a aussi un côté très joyeux et mignon : j’adore le fait que Lili soit fan de maquillage sans pour autant être décrite comme superficielle. Sa relation avec Cris est douce, et, alors qu’elles s’attachent très vite l’une à l’autre, je n’ai étrangement pas trouvé que c’était trop rapide. Sans doute parce que leur romance est basée avant tout sur l’amitié.

C’est toutefois le côté mystérieux de toute l’histoire qui m’a le plus charmée : le secret de Lili, le secret de Cris, le secret de la tante… ma curiosité était titillée tout au long du roman !

Les Freaks, c’est chic : Wonder de R.J. Palacio

Dans un lit avec une couverture orange, femme lisant Auggie & moi de RJ Palacio

La première fois que j’ai commencé à lire ce roman, je me suis arrêtée au bout d’une page, car ça commençait par " Je ne suis pas un garçon de dix ans ordinaire, c’est certain ", et que je trouve ce genre d’accroches trop… accrocheuses, justement.

Puis j’ai emprunté un livre spin-off de Wonder et j’ai songé que peut-être, il serait utile de lire l’original avant de me lancer dans celui-là.

On suit le jeune Auggie, défiguré, qui entre pour la première fois à l’école. Il se fait des amis tant bien que mal… c’est lui qui raconte l’histoire, et son style narratif est très attachant. Puis… on change de narration : on a le point de vue de sa grande sœur.

J’ai eu peur durant les premiers chapitres : je ne voulais pas que les deux situations soient comparées. Mais ce n’est pas du tout la direction prise par le roman. D’autres personnages prennent aussi la parole – même si c’est Auggie qui a le plus de narration – et on nous montre leurs problèmes, pour les comprendre et non pour les plaindre.

C’était une lecture agréable, avec un personnage principal prenant et drôle, et d’autres qui ont gagné mon affection.

Menu Automne Enchanteur

Down By the Sally Garden : Will et Will de John Green et David Levithan

femme en robe tricotée à rayures bleues lisant Will et Will de John Green et David Levithan devant un mur de crépit

Même si l’édition tente de nous le faire croire – la 4e de couverture n’évoque que John Green et sa biographie est bien plus longue – ce roman n’a pas été écrit que par John Green : c’est une collaboration avec David Levithan. Il y a deux personnages qui narrent chacun leur tour, et ils portent le même nom : Will Grayson et will grayson.

Malheureusement, ce n’était pas du tout mon style d’histoire. Certes, la romance est peu présente – quoi qu’il y en ait deux – ce qui n’est pas pour me déplaire, mais l’ambiance était trop mélancolique à mon goût. De plus, ça alternait trop entre des passages que je trouvais géniaux et d’autres qui m’agaçaient.

Le meilleur ami de Will, Tiny, « très très gros et très très gay », réalise la comédie musicale de sa vie. J’ai adoré le spectacle final, et Tiny est mon personnage préféré – même si j’aurais aimé qu’il ne force pas Will à être en couple.

J’ai aimé la relation entre sa mère et will, et les passages avec son « amie » maura, quoique douloureux, étaient bien faits. En parallèle, je lisais un autre roman avec des remarques telles que « t’es trop stressé, tu devrais tirer un coup », alors j’ai particulièrement apprécié que will dénonce la stupidité de ce genre de commentaires.

Mais la romance entre Will et Jane m’a déplu. Je sais qu’il y a des ados qui s’identifieront à l’hésitation de Will et se réjouiront de le voir la surmonter, mais moi, je me suis plus identifiée au message de « quand ton ami se met en couple, il va t’abandonner alors il faut que tu sois en couple aussi » et je n’ai pas trouvé ça franchement réjouissant…

Mon voisin le Kodama : Lumberjanes tome 1 de Shannon Watters, Grace Ellis, Brooklyn A. Allen et Noelle Stevenson

femme en débardeur, chemise et casquette lisant la BD Lumberjanes

J'ai eu du mal à rentrer dans cette BD, je trouvais les personnages caricaturaux – la survoltée, la sérieuse, la sportive, la féminine, etc – et les dessins très différents de ceux de la couverture, ce qui m'a prise au dépourvu.

Mais c'est une histoire fun, qui repose surtout sur l'amitié, ce qui me change agréablement des romances omniprésentes. J’ai hâte de lire les tomes suivants !

Misty Day : The Wicked + The Divine de Kieron Gillen et Jamie McKelvie

personne en chemise rose lisant The Wicked + The divine de Kieron Gillen et Jamie McKelvie devant un tag coloré

On m’avait beaucoup recommandé cette BD, et comme la couverture en jette, j’étais motivée en commençant ma lecture. J’ai toutefois eu du mal à rentrer dedans : j’aime les histoires claires, et celle-ci, avec tout son mysticisme et son mystère, était à la limite de ce que je peux apprécier. Ça se passe dans notre univers, avec des chanteurses considéré·es comme des divinités, et qui ont des pouvoirs magiques. On suit l’histoire d’une fan qui rencontre la génialissime Luci. Et heureusement que Luci était là pour m’enthousiasmer ! C’est d’ailleurs pour ça que j’ai moins accroché à la suite, où elle est moins présente, et que j’ai arrêté au tome 2… L’histoire est cool mais un peu trop floue pour moi !

Prenez Garde aux Souliers Pointus : Fleur du désert de Waris Dirie et Cathleen Miller

femme en robe à fleurs lisant Fleur Du Désert devant une route

Enfin, j’ai lu un des romans laissés chez mes parents – c’est la malédiction des bouquins que je laisse là-bas : comme je n’y vais qu’occasionnellement, je n’ai pas le temps de les lire. Une autobiographie, ce qui me remplit rarement d’excitation à l’idée de commencer ma lecture, ayant toujours eu une préférence pour la fiction.

Le début ressemblait plus à une liste d’évènements. Puis je me suis attachée à la narratrice, Waris Dirie, une jeune Somalienne fuyant sa famille nomade pour échapper à son mariage. J’aimais beaucoup sa force placide, sa manière de se lancer et d’aborder un problème après l’autre, sans s’inquiéter de l’avenir.

On suit son parcours de domestique à mannequin, la présentation de son travail est bien loin des clichés glamour et superficiels. La chronologie fait des allers-retours qui, une fois n’est pas coutume, ne m’ont pas perdue. J’avais cependant souvent envie de lire la suite, et étais frustrée de repartir en arrière.

La dernière partie rejoint le présent et la lutte de Waris Dirie contre la FGM (Female Genital Mutilation). Plusieurs chapitres, au cours du roman, étaient consacrés au récit de son excision et de ses conséquences. C’est très graphique et je comprends l’intention d’horrifier, mais j’ai lu en diagonale le passage de la mutilation.

J’ai été très surprise, à la fin, de me rendre compte que ce roman date de 1998 : la narration, les sujets abordés et les revendications féministes me paraissent très modernes ! Et hélas toujours d’actualité…

 

J'ai l'impression que certaines de ces lectures remontent à une éternité ! En même temps, le challenge dure trois mois... La suite de mes lectures dans la partie 2 !

 

TW Wonder : harcèlement, agression

TW Will et Will : Dépression, pensées suicidaires

The Wicked + The Divine : violence

TW Fleur du Désert : tentatives de viol, mutilation génitale graphique

 

Une Fille Facile et Nous les Filles de Nulle Part

de Louise O'Neill et Amy Reed respectivement

femme en nuisette lisant une fille facile allongée sur du goudron

J’ai lu Une Fille Facile d’après les conseils de Sita Tout Court. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça ne fait pas rêver... J’ai commencé dans le métro, alors que je revenais d’un club de lecture. J’ai eu tout juste le temps de découvrir que la narratrice, Emma, était une peste superficielle, puis ma liseuse a freezé. Impossible de tourner la page. Ce n’était pas dramatique, j’ai réfléchi à mes propres histoires, mais j’étais un peu contrariée.

Ce que j’aime dans les romans, ce sont les personnages. Là, Emma est égoïste, méchante, arrogante… et c’est ce qui rend toute l’histoire intéressante. D’avoir de la compassion pour elle, même si on la déteste. Le titre anglais, Asking for It, représente parfaitement le roman : Emma est violée par quatre de ses camarades de classes, et tout le monde va considérer qu’elle est fautive. La fin est vraiment intéressante, à l’image du roman, et l’autrice explique ses choix en conclusion. C’est loin d’être une lecture agréable, surtout quand on sait que c’est la réalité. Bien que fictive, Emma existe, et la société dans laquelle elle vit, c’est la nôtre…


femme en tenue colorée lisant NOus les Filles de Nulle Part devant des affiches militantes

Nous les Filles de Nulle Part, sur un thème semblable, est beaucoup plus plaisant à lire. La première comparaison qui me vient à l’esprit, c’est La Lune est à Nous : un sujet dur, violent, mais les personnages s’unissent pour lutter et le courage et la solidarité sont au cœur du roman. Grace emménage dans la chambre d’une fille qui a déménagé suite à son viol – car c’est elle qui a été tourmentée, et il n’y a eu aucune conséquence pour le coupable. Grace et ses deux nouvelles amies vont fonder un groupe militant, les Filles de Nulle Part, rassemblant toutes les élèves du lycée pour lutter contre la culture du viol dans leur établissement.

Je l’ai lu en camping avec ma famille, avançant dès que j’avais une seconde de disponible, prise par l’histoire, par les personnages si nombreux et attachants, dont l’histoire personnelle est également explorée.

Cette quantité de personnages permet de présenter des points de vue très variés – là où Une Fille Facile se concentrait sur les filles blanches cishétéro de classe moyenne, on a ici des filles grosse, racisée, lesbienne, autiste asperger dans les personnages principaux. Ça amène de nombreuses confrontations d’opinions. Il n’y a que le débat sur la nature masculine qui m’a déçue : alors que d’habitude j’aime quand les arguments sont présentés par des éléments scénaristiques et non par des discours – c’est plus subtil – dans ce cas-là, j’aurais aimé plus de dialogues. Certaines filles lâchent que « ce sont des hommes, c’est dans leur nature », et pas mal d’hommes affirment la même chose. Il y a peu de contre-arguments, le seul dont je me souvienne est « si tu ne crois pas que les gens puissent changer, pourquoi tu te bats ? ». Le scénario met en évidence que ce n’est pas l’opinion du livre, mais j’aurais aimé que ce soit plus explicite.

Je regrette aussi que la fille trans n’ait que deux paragraphes de présence – les retirer ne change rien à l’intrigue. Il était nécessaire de l’inclure pour rappeler que les filles ne se réduisent pas aux filles cis, mais j’aurais aimé qu’elle ait plus de rôle.

La fin m’a paru irréaliste, mais j’étais surtout contente que ça se termine bien !


J’ai adoré ce roman, bien plus agréable à lire qu’Une Fille Facile, même s’il y a des descriptions de viol. C’est une histoire encourageante, et qui ne se résume pas à ses arguments ! Le mot de la fin m’a rapprochée de l’autrice, qui parle de ses relecteurices, de ses recherches, et liste ses sources. C’est la démarche que je souhaite avoir, et je suis heureuse qu’elle donne un aussi bon résultat.


TW : viol

 

Week-End à 1000 – Bilan Novembre

Ma deuxième participation au Week-end à 1000 – challenge créé par Lili Bouquine qui consiste à lire 1000 pages en un week-end – était plus organisée que ma première, et pourtant, elle est vite partie en vrille.

J’avais choisi trois romans à lire, qui me faisaient les 1000 pages de justesse – 1026 en comptant les remerciements des autrices ! – et vendredi soir, j’ai commencé Un si Petit Oiseau de Marie Pavlenko (395 pages).


femme en gilet bleu lisant Un si Petit Oiseau dans l'herbe

J’avais lu Tu es Mon Soleil il y a deux ans, et j’avais adoré l’écriture, raison pour laquelle j’ai emprunté Un Si Petit Oiseau. Vu le titre et la couverture, très semblables, je pensais que l’histoire serait similaire et se servirait du succès du roman précédent, sans chercher à innover. Je me suis bien trompée : la seule ressemblance est que le style d’écriture est magnifique, doux et poétique.

Lorsque je prends un livre au hasard, le personnage principal est toujours blanc, cis, hétéro et valide. C’était donc une surprise agréable que de découvrir que l’héroïne, Abi, est handicapée. Elle a perdu son bras droit dans un accident de voiture, et se révolte de sa perte d’autonomie, du regard des gens. Jusqu’à ce qu’elle reçoive La Main Coupée de Blaise Cendrars, écrivain amputé de sa main droite durant la première guerre mondiale.

C’est cet évènement qui m’a plongée dans le roman, car je sais ce que c’est que d’avoir l’impression de sortir du lot, et, soudain, de lire un livre écrit par une personne comme soi. Abi va peu à peu renouer avec sa vie, ses rêves, sa famille et des ami·es. C’est doux, calme sans être ennuyeux, et on se sent totalement dans la peau du personnage.

Je suis valide et je ne sais donc pas si c’est une bonne représentation – il y a un point qui m’a laissée dubitative – mais c’est une belle histoire qui ne tombe pas dans le pathos.


femme avec un t-shirt asymétrique lisant l'Estrange Malaventure de Mirella devant des sapins

J’étais tellement passionnée que j’ai terminé Un Si Petit Oiseau le soir même, et j’étais convaincue d’être bien partie dans le challenge. Que nenni !

Samedi matin, j’ai commencé L’estrange Malaventure de Mirella de Flore Vesco, une réécriture du conte Le Joueur de Flûte de Hamelin. J’adore les réécritures de conte, et les jeux de mots des premiers chapitres étaient prometteurs. Le maire de Hamelin a mis en place l’eau courante dans son village moyenâgeux, et il s’agit donc… d’orphelin·es portant l’eau en courant ! Mirella en fait partie. Peu à peu, on remarque des évènements étranges : les rats sont plus nombreux, Mirella invente des chansons, discute avec des lépreuxses… Mais c’était lent à se mettre en place, et le style exagérément désuet, quoique très rigolo – à grand coups de moult et iceux – m’empêchait de rentrer dans l’histoire. J’ai abandonné à la page 94.


femme en débardeur noir lisant La fille qui n'existait pas

Déçue et ne sachant pas ce que j’allais lire à la place, j’ai enchaîné avec La Fille qui n’Existait pas de Natalie C. Anderson (415 pages). La jeune Tina mène avec son meilleur ami et son gang le cambriolage de la propriété la plus protégée de la ville. Son but est de se venger de l’homme qui a tué sa mère…

J’ai lu en pointillés tout l’après-midi – je le passais avec des ami·es, mais je voulais vraiment savoir la suite – et le soir, je ne l’ai plus lâché. Tina est attachante et j’étais de tout cœur avec elle, les autres personnages sont cool aussi, le scénario est tendu et rempli de suspense. Le contexte politique autour est intéressant, j’ai beaucoup appris sans m’en rendre compte, prise par l’histoire. Tellement prise que je n’ai même pas essayé de deviner la suite, et que j’ai été étonnée par les révélations et retournements de situation !

Je me suis couchée bien plus tard que prévu pour terminer, je ne pouvais tout simplement pas m’arrêter avant de connaître la fin.


femme en chemise lisant Paranoïa

Dimanche, pour combler le manque laissé par L’Estrange Malaventure de Mirella, j’ai choisi Paranoïa tome 1 de Melissa Bellevigne (313 pages), un roman que j’empruntais pour la troisième fois – je n’avais pas eu le temps de le lire les fois précédentes. J’étais intéressée par l’aspect psychiatrique de l’histoire : on a le point de vue d’une psy et de sa patiente, supposée paranoïaque et schizophrène. Mais… et si ses hallucinations n’en étaient pas ?

J’ai eu des doutes dès les premiers chapitres : on commence par le point de vue de Lisa, la psy, qui m’a paru incompétente. Je ne connais rien à la psychiatrie, mais quand une patiente enceinte veut mourir pour ne pas accoucher, il me parait peu judicieux de la saluer d’un « ne vous êtes-vous pas attachée à votre enfant ? ». Et lorsqu’on découvre que l’enfant est issu d’un viol, on se rend compte que Lisa ne s’était même pas demandé pourquoi Judy n'en voulait pas. Pour elle, c’est inconcevable, et elle ne se remettra pas en question.

A cause de ce début suspect, je n'ai pas vraiment donné sa chance au roman et je me suis mise à traquer les incohérences. Judy est diagnostiquée paranoïaque mais fait confiance à Lisa au bout de leur troisième conversation. Elle déteste son ami imaginaire, Alwyn, et l’aime le lendemain.

Moi, j’ai continué de le détester. Il est toujours énervé et cherche à contrôler Judy, ce qui ralentissait pas mal l’intrigue, et j’ai fini par sauter tous les paragraphes de débats de type « non, ne fait pas ça » « si, je vais le faire », débats qui constituent plus de la moitié de leurs conversations.

Les révélations étant prévisibles, je n’en pouvais plus d’attendre que les personnages comprennent ce que j’avais deviné et je survolais de plus en plus. Disons que sauter des passages ne m’a pas aidée à rentrer dans l’histoire, et je ne faisais presque plus que lister ce qui n’allait pas.

Le slogan inscrit sur la couverture « L’une est la seule à le voir, l’autre est la seule à la croire » est faux, mais c’est la partie que j’ai aimé du roman. Lisa ne croit pas du tout Judy, et, jusqu’au bout, on ne saura pas laquelle des deux a raison. Cette ambiguïté était très intéressante, et c’est dommage que le reste n’ait pas soutenu cette bonne idée…


Ce fut donc un week-end à 1000 en grand huit, avec des romans géniaux, un qui ne m’a pas assez intéressée, et un dernier qui m’a énervée… au moins, j’ai lu plus de mille pages, combien exactement, difficile à dire vu que j’en ai sautées dans ma dernière lecture !


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Aux Petites Heures de la Nuit et Marathon Men

de Flo Renard

femme en tailleur démodé lisant Aux Petites Heures de la nuit dans une cave mal éclairée, une loupe à la main

La première fois que je me suis inscrite sur Twitter, j’ai découvert Flo Renard, qui illuminait mon fil avec ses salutations matinales. Je n’avais jamais lu de roman auto-édité avant, et j’ai commencé par Aux Petites Heures de la Nuit : le titre m’avait séduite. Je n’avais pas encore de liseuse à l’époque, alors c’était sur ordi, dans les transports. Malgré ce support peu optimal, j’ai vite accroché à l’histoire, aux personnages surtout.

On suit Benjamin, un jeune paraplégique qui fait d’étranges rêves dans son centre de réadaptation fonctionnelle. Il y rencontre Léo et Elise – elle donne beaucoup de dynamisme aux dialogues, je l’adore ! C’est une enquête policière avec des éléments paranormaux, un soupçon de romance et pas mal de scènes de vie. Quand ça concerne la fantasy, j’ai toujours du mal avec les romans qui se contentent d’un tout petit peu de magie : on m’a mis l’eau à la bouche, je veux plus ! Du coup, même si j’ai aimé Aux Petites Heures de la Nuit, j’ai préféré Marathon Men que j’ai lu juste après. Une fois n’est pas coutume, j’ai adoré les titres de chapitre, à la fois leur format régulier, mais aussi leur légère ironie, comme dans « de l’art de faire un coming out », car le coming out du chapitre en question, n’est… pas vraiment réussi.

Le scénario de Marathon Men ne comporte pas d’éléments paranormaux : on suit la vie de Vic et Gwen à Marseille, tandis qu’ils s’entrainent pour le Marathon, et affrontent leur terrible malchance. Cette malchance était un excellent ressort comique : des situations qui m’auraient frustrée me paraissaient drôles du fait de leur répétition. Et ça n’empêche pas de voir les aspects problématiques des obstacles auxquels font face les personnes handicapées ! Je me suis vraiment attachée aux personnages, on les comprend, on a l’impression de les connaître. La fin m’a paru sortie de nulle part, mais j’étais tellement contente pour eux que ça m’était un peu égal.


femme en t-shirt Le Château Ambulant lisant Marathon Men allongée dans l'herbe

Un an plus tard, j’ai acheté les livres en version papier pour les relire – à cette occasion, j’ai découvert que la marque d’auto-édition inventée par Flo, MM&I, ne signifie pas M/M et Imaginaire comme je l’avais imaginé, mais Me, Myself and I, ce que je trouve absolument génial. J’ai aussi remarqué que toutes les références culturelles étaient expliquées dans les notes de bas de page. Eh oui, il n’y a pas de honte à ne pas connaître tel ou telle artiste, n’est-ce pas merveilleux ?

J’ai commencé par Marathon Men. Comme la dernière fois, je n’ai pas accroché à l’aspect sexuel de leur relation – sans surprise : toutes les rhétoriques de type « aller jusqu’au bout » ou de « passion sexuelle débordante » me laissent perplexe. Je me suis également imaginé une échelle de temps plus étendue pour que leur relation progresse moins vite : les « je t’aime » arrivent tôt, tout comme les plans d’emménagement.

Même si j’aime les coming out qui se déroulent dans la joie et la bonne humeur, j’ai apprécié la demi-teinte, très réaliste, présente dans ce roman, notamment à travers les personnages « homophobes mais pas trop », qui sont en mode « moi ça ne dérange pas du tout que tu sois gay, t’es mon ami, mais si ç’avait été mon frère, là j’aurais été furieux ». Je n’ai pas trouvé ça frustrant, juste réaliste…

 

J’ai ensuite relu Aux Petites Heures de la Nuit, et, surprise, surprise… cette fois-ci, je l’ai préféré à Marathon Men. Je pense que c’est parce que je me souvenais de l’histoire de Marathon Men, alors que les détails de l’enquête policière dans Aux Petites Heures de la Nuit sont plus compliqués à retenir. Et pour être honnête, je ne me souvenais même plus que Ben jouait du violon ! J’ai donc vraiment redécouvert l’histoire, Ben qui arrive aux Épicéas, sa rencontre avec Elise et Léo, les cauchemars qui commencent, le mystère qui s’épaissit au compte-goutte. On est sur tous les fronts : on veut comprendre l’origine des cauchemars, on veut que Ben retrouve son autonomie, on veut assister à la progression de sa relation avec Léo…

J’ai seulement trouvé dérangeant le vocabulaire utilisé à plusieurs reprises par les personnages : « quel connard, faut qu’il se fasse soigner » ou encore « non mais il est cinglé » alors que Ben s’interroge justement sur sa santé mentale… c’est logique : les personnages ne sont pas handicapés de naissance et découvrent tout juste le validisme de la société. Mais ça me faisait grincer des dents…


Les deux romans sont agréables à lire, et tout autant à relire, avec des personnages attachants, des scénarios différents et prenants ! Des situations difficiles sont présentées mais l’humour est aussi au rendez-vous.


TW : phrases psychophobes, violences homophobes

 

Mes Vrais Enfants

de Jo Walton

 

En arrivant dans ma nouvelle ville de résidence, une de mes premières visites a été pour la bibliothèque. J'ai emprunté plein de livres, si bien que j'ai fini par me rendre compte que je n'avais que quatre jours avant de devoir les rendre… Et qu'il me restait quatre romans à lire…

J'ai donc commencé Mes Vrais Enfants avec l'objectif de le terminer dans la journée. L'histoire est facile à lire, et, comme je connaissais le concept, je n'ai pas été perdue au début. Patricia est une vieille femme avec des troubles de la mémoire... mais surtout, elle a le souvenir de deux vies parallèles. Lorsque Mark lui a proposé de l'épouser, dans une version, elle a accepté, prenant le surnom de Tricia. Dans une autre réalité, elle a refusé et est restée Patty.

Les chapitres alternent entre chaque réalité, le jeu sur les surnoms permet de les distinguer facilement. Je me suis identifiée aux deux vies de Patricia, et surtout, au parallèle entre les deux, à l'illusion de ses sentiments pour Mark, à sa passion pour Bee...

 

Les deux réalités sont complexes, l’une d’entre elles paraît plus malheureuse au début, mais d’autres éléments viennent altérer ce ressenti. Les personnages sont géniaux, qu’on les aime ou pas, très réalistes et complets. Mes émotions étaient toujours en phase avec celles de Patty ou Tricia, accompagnant ses hauts, ses bas…

Même si c’était passionnant, ce n’est pas un roman qui se dévore, on a envie de prendre son temps, de le savourer : il s’étale sur toute une vie, ce serait bizarre de le lire en une journée ! Je ne l’ai donc pas terminé le jour-même…

On suit la vie de Patricia de son enfance à sa vieillesse, et, surtout pour la réalité de Patty, ça fait du bien de voir un couple de femmes aller au-delà du premier baiser, et d’observer leur vie jusqu’à leur soixante-dix ans. Ça me rappelle qu'on a un avenir, et pas juste des débuts.

 

J'ai été prise au dépourvu par les différences historiques entre les deux réalités : par exemple, il y a plusieurs bombardements nucléaires dans celle de Patty. Un autre aspect qui m’a déconcertée est la progression du temps. C’est logique, mais ma perception de l’époque est restée bloquée à la seconde guerre mondiale, alors j’étais choquée à chaque fois qu’un ordinateur était évoqué.

Et la fin… elle est triste, frustrante, et géniale. Ça n’aurait pas pu être une meilleure fin, elle conclut ce livre à l’ambiance de vie. Les personnages restent complexes jusqu’au bout. A part Patty et Bee, aucun n’est totalement gentil, totalement méchant, ils ont des qualités et les défauts, et ce sont les défauts qui ressortent plus lorsque Patricia vieillit et qu’elle est traitée avec de moins en moins de respect. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ma grand-mère…

 

C’est un roman prenant avec tellement de petits moments qui brisent le cœur, d'autres qui remplissent de joie. C'est la vie, quoi !

 

TW : mention de viol, relation toxique

 

Six of Crows Tomes 1 & 2 de Leigh Bardugo

 

J’arrive après la guerre – le tome 1 est sorti il y a trois ans et je viens de découvrir qu’une série Netflix était en préparation – mais du coup, j’en profite pour faire une chronique de la duologie complète. Dans mon école, les élèves de deuxième année parrainent un élève de première année. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que j’ai bien choisi mon filleul : c’est lui qui m’a conseillé ce roman génial… Certes, il a commencé par me prêter le tome 1 de Grisha, que j’ai lu sans plus de passion et sans désir de continuer. Mais j’ai quand même ajouté les deux tomes de Six of Crows sur ma liseuse, et, six mois plus tard, bien au chaud sous ma couette, j’ai plongé dans le tome 1.

 

J’ai eu du mal avec les premiers chapitres, dans lesquels l’univers est présenté – même si le fait qu’il soit d’inspiration slave m’a séduite, étant un peu lasse des univers à la Tolkien. Le mystère est cependant présent dès le début, puis j’ai été entrainée dans une ambiance réaliste plus proche des casses que de celle d’un roman de fantasy : les six personnages forment un groupe d’élite pour s’introduire dans un palais ennemi et libérer un prisonnier dangereux. Chacun·e a une spécialité : mage, cartographe, acrobate, tireur, stratège, espion… Mais il ne faut pas croire que c’est la grande amitié au sein de ce groupe : l’un garde son passé secret, deux sont originaires de nations ennemies…

J’ai lu de plus en plus vite, captivée par les personnages, entre autres Kaz Brekker, dont les stratégies m’ont impressionnée. Les cinq autres, plus sympathiques, contrebalancent sa froideur, en particulier Wylan que je trouve adorablement gentil et Jesper dont j’ai adoré l’humour et le dynamisme. J’ai besoin d’aimer les personnages pour apprécier un livre, et avec les cinq narrateurices de ce roman, c’était mission accomplie. Cinq ? Alors que le titre c’est Six of Crows ? J’étais surprise aussi : le sixième membre du groupe n’a pas voix au chapitre dans le tome 1…

On pourrait croire qu’avec des personnages aussi géniaux, ils seraient le point fort du roman. Eh bien même pas : c’est le scénario. Même si parfois, les déplacements et la géographie des lieux sont un peu confus, les stratégies des personnages sont intelligentes et la narration sait les mettre en valeur : en les expliquant à l’avance, ou, au contraire, en les révélant au dernier moment… Comment est-ce possible, alors qu’on a le point de vue de tous les personnages ? Est-ce qu’on n’a pas l’impression que l’autrice triche en nous masquant une partie de leurs pensées, afin de garder leur plan secret ?

Pas du tout. Ça m’a surprise moi-même : dans la plupart des romans, je trouve artificielles les révélations de ce que les narrateurices savent depuis le début. Ce n’est pas le cas ici.

 

 

Dès que j’ai fini le tome 1, j’ai enchaîné avec le tome 2 : le cliffhanger est pour le moins insoutenable, et la suite reprend juste après. Difficile donc de les séparer dans mes souvenirs et mon opinion, surtout que le tome 2 s’est montré à la hauteur du tome 1. Le rythme est différent car il se découpe en deux parties, une première pour régler le problème de la fin du tome 1, et une deuxième pour vaincre le méchant. Je simplifie, mais je ne veux surtout pas spoiler le moindre bout de scénario. Le tome 2 conserve en effet les bonnes stratégies, et approfondit les personnages : on suit beaucoup Inej – que j’adore – j’ai beaucoup aimé voir Nina gérer son addiction, et la relation entre Jesper et Wylan qui se développe.

Mais leur romance est bien la seule dont je suis fan… oui, il y en a d’autres : avec six personnages, on a trois romances pour le prix d’une ! Au milieu d’une intrigue très tendue, c’est un peu trop à mon goût. Je suis restée indifférente à Nina et Matthias, alors que j’aime d’ordinaire les personnes originaires de deux camps ennemis qui s’aiment envers et contre tout. Kaz et Inej étaient déjà plus intéressant·e·s, mais à partir du moment où aucun·e des deux ne voulait se mettre ensemble, je me suis dit que c’était mort et je les ai vu·es comme des ami·es. Même si leur relation n’est pas forcée, j’ai été indifférente à son développement. Le couple auquel j’ai le plus accroché est celui de Jesper et Wylan, ils se complètent bien et leur relation est moins dramatique et tourmentée.

 

Malgré une certaine lassitude côté romance, j’ai adoré la complexité des personnages. L’univers est original et surtout, le scénario m’a passionnée.

Ayant développé une admiration sans bornes pour Leigh Bardugo suite à cette série, j’ai enchaîné avec Wonder Woman Warbriger dont je publierai certainement la chronique bientôt…

  TW: Torture