Diversité En Litté

2019 - Partie 1

C’est avec plaisir que j’ai découvert ce challenge organisé par Planète Diversité, qui consiste à lire des ouvrages dont les personnages principaux correspondent aux cases de la grille bingo suivante :


grille bingo avec les cases : Lecture Graphique, personnage principal avec un handicap, romance M/M, intersectionnalité, personnage principal trans, asexualité/aromantisme, lecture commune, personnage principal gros, livre avec un personnage racisé sur la couverture, romance F/F, roman #ownvoice, roman SFFF, livre publié il y a plus de deux ans, Au Choix, personnage principal racisé, livre avec moins de 10k notes sur Goodreads

En me lançant dans le challenge, je l’ai pris à la légère, considérant que je lisais déjà des romans avec des personnes LGBTI+, handi, grosses, racisées… J’ai décidé de ne pas changer mes habitudes de lecture – à part pour la lecture commune – et de voir ce que ça donnerait.


Du début à la fin de ce challenge – c’est-à-dire du 1er octobre au 31 décembre – j’ai lu 90 romans 1, et je me suis amusée à faire une petite statistique dessus. J’ai eu des surprises…


personne lisant Qualia
Qualia under the Snow de Kii Kanna

J’ai commencé le challenge avec Qualia Under the Snow. Je l’ai entamé alors que j’imprimais mon CV, puis quand je photocopiais ma carte d’étudiante. Je n’étais donc pas tout à fait dans l’histoire, et en même temps, être interrompue me donnait envie de lire la suite.

On suit le quotidien d’Aki et de son voisin Umi – oui, il n’y a que peu d’histoire et ce n’est pas trop mon genre de lecture, mais c’est un manga en un seul tome. J’ai eu un peu de mal avec la froideur d’Aki, et n’ai commencé à l’apprécier que lorsqu’il s’attache à Umi. Pareil, son attitude par rapport aux coups d’un soir d’Umi m’a agacée au début. Certes, je savais qu’il était ace, et que lui-même l’ignorait, et c’est cohérent qu’il rejette les personnes ayant de multiples relations sexuelles.


Au Japon, on ne distingue pas attirance romantique et sexuelle, et je trouve ça très intéressant de voir cette manière d’aborder l’asexualité. Bien qu’étant moi-même aroace, je ne m’y reconnais cependant pas beaucoup…


J’étais assez mitigée en première lecture. Il y a des flashbacks et j’avais du mal à suivre les transitions entre passé et présent, et même les ellipses. De plus, la relation des personnages est très ambiguë, et elle ne sera jamais explicitée. Alors que j’aime ce qui est net, clair et précis !

Mais je lis vite, et c’est après avoir refermé le manga que j’ai laissé mes pensées vagabonder, que je me suis imprégnée de l’atmosphère très douce de cette œuvre. J’ai repensé à certains passages qui m’ont vraiment plu. Et en fait, je suis très contente du flou qui entoure leur relation. Parce que certaines de mes relations sont comme ça aussi, c’est juste la vie. Difficile de savoir ce qu’est la romance, quand on n’est pas dans la tête des autres. Et la seule autre option claire que la société nous offre est l’amitié. Alors tout ce qui n’est ni l’un ni l’autre est forcément trouble, et ce trouble est très bien retransmis par le manga.


Cases cochées : Aro/ace, couple m/m, lecture graphique


TW : tentative de viol, victim-blaming


Autres romans aro/ace lus – 4/90 seulement ! :

  • Comment se Comporter comme une Personne Normale de T.J. Klune (chronique ici)
  • Nous qui n’Existons pas de Mélanie Fazi (chronique à venir car j’ai adoré)
  • Boo de Neil Smith, dont la représentation tombe dans le stéréotype « Sherlock » du personnage qui ne comprend pas les relations humaines

Autres romans m/m lus :

  • Le Chant d'Achille de Madeline Miller (Chronique à venir, un des plus beaux romans lus cette année)
  • Comment se Comporter comme une Personne Normale de T.J. Klune (ma chronique ici)
  • Swift et le chien Noir de Ginn Hale (Chronique à venir !)
  • Will et Will de John Green et David Levithan (ma chronique ici)
  • Rock d’Anyta Sunday
  • Dear de Jae Akahone
  • Nimona de Noëlle Stevenson (ma chronique ici)
  • Et ils meurent tous les deux à la Fin d’Adam Silvera (ma chronique ici)
  • Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson
  • Breizh of the Dead de Julien Morgan
  • Cinder de Marie Sexton (ma chronique ici)

  • femme en débardeur rouge lisant A l'abordage devant des rochers
    A l’abordage ! de Kadyan

    J’ai rapporté Qualia Under the Snow à la bibli, et j’ai parcouru les rayonnages… Ça fait sept ans que je travaille le manuscrit d’une histoire de pirates, on pourrait croire que j’ai lu beaucoup de romans sur le sujet ! Mais pas du tout, alors en voyant celui-ci dans les étagères de ma bibliothèque LGBTI+, je n’ai pas hésité avant de l’emprunter, et me suis élancée à l’abordage de ses pages.

    J’ai tout de suite adoré le capitaine Théo, personnage principal du roman. Son meilleur ami, Maluk, est génial aussi, sa présence avait le don de m’apaiser et me faire sourire. L’histoire commence vite : Théo découvre des papiers confidentiels et décide de les vendre aux Français, même si les Anglais feront tout pour les récupérer… et tuer celleux qui les ont interceptés.


    Dans les premiers chapitres, on nous présente un personnage qui a attiré mon attention : l’otage Elisabeth, dame de compagnie courageuse et observatrice. Sa présence trouble beaucoup Théo, et j’ai été perplexe lorsqu’elle a été débarquée. Ne reverrait-on plus le personnage, alors qu’un début de romance se dessinait ?

    Je sais, c’est mal : j’ai lu la fin. Du coup, non, on ne reverra jamais Elisabeth, et je me suis spoilé l’identité de l’intérêt amoureux de Théo. J’étais d’autant plus impatiente d’assister à leur rencontre !

    Et au début, elle était parfaite : les deux personnages discutent, on voit que leurs personnalités s’assemblent bien. Et puis pouf ! C’est la passion dévorante, irrépressible, et les personnages échangent plus de sourires que de paroles durant le reste du roman.

    A part ça, l’histoire est géniale, remplie d’action, d’aventure, exactement ce qu’on attend d’un roman de pirates. Abordages, courses-poursuites, trahisons… Le suspense est toujours présent.


    J’ai dit que j’aimais ce qui était clair, net et précis. Eh bien, le genre de Théo est pour le moins trouble, et je suis mal placée pour le décortiquer. La transphobie intériorisée se mêle à la lesbophobie, Théo enchaine une affirmation et son contraire. Lorsque ses matelots couchent ensemble, aucun problème, lorsqu’une de ses amies lui dit avoir couché avec une femme, pas de soucis… sauf quand elle-même est concernée. Théo pense qu’aimer une femme la rend homme, l’instant d’après, elle se sent homme, se veut homme… La lesbophobie intériorisée est très bien faite, j’espère qu’il en est de même pour le reste. Le seul point que j’ai trouvé dérangeant est que les personnages sont souvent ramenés à leurs parties génitales.


    Cases cochées : Théo pirate les cases ! Alors je le compte pour la case « Au choix », pratique, hein ?


    TW : mentions de viol, description de mammectomie artisanale, transphobie et lesbophobie intériorisées


    Autres romans avec des personnes trans : En tout, j’en ai lu neuf ! Mais il y a ceux où c’est pas très clair (A l’abordage ! ), ceux où c’est très court (Le Fleuve, Culottées, Love is Love, Révolution avec une Vampire, 3 œuvres de Sophie Labelle), et finalement, les chiffres sont peu représentatifs de la quantité réelle de personnages trans que j’ai croisés.


    femme en gilet bleu lisant sauveur et fils devant un fleuve
    Sauveur & Fils tome 5 de Marie-Aude Murail

    J’étais en plein suspense de la lecture participe queer d’Halloween de Meredith Katz, mais quand ma bibliothécaire m’a annoncé qu’elle avait Sauveur & Fils tome 5… je devais le lire, maintenant, tout de suite ! Comment dire ? Cette série est la première que j’ai lue à aborder des thèmes LGBTI+ de front. Alors que je ne m’intéressais qu’à la fantasy, j’ai tout de suite accroché aux personnages, le psychologue Sauveur et son fils Lazare, mais surtout toustes les patient·es qui gravitent autour d’eux. L’ambiance est douce, on passe d’un personnage à l’autre, suivant leurs vies semaine par semaine.


    Du coup, deux ans plus tard, c’est dur d’être objective sur ce tome 5... j’étais tellement heureuse de retrouver l’ambiance douce et les personnages que j’aimais. Mon préféré, Eliott l’écrivain en herbe, a transitionné, ce qui m’a fait très plaisir. Mais justement : pourquoi la narration l’appelle-t-elle Ella-Elliott ? A la limite, il s’agit du point de vue biaisé de Sauveur…

    Au fil de ma lecture, je notais plein de petits détails contrariants. Samuel est entrainé dans un groupe masculiniste, et la problématique est réglée en deux lignes : le père intervient et le sépare de l’influence néfaste. Ça m’a paru artificiel, et caricatural dans l’ensemble...


    Mais le vrai problème, c’est l’histoire de Louise. Elle écrit une œuvre à destination des jeunes ados, pour leur donner les outils dont elle a manqué : informations sur les poils, les règles, les amourettes avec les garçons… Sur les réseaux sociaux, les critiques se déchainent : c’est une œuvre stéréotypée, et surtout, qui présente uniquement la perspective des filles blanches cishétéros.

    C’était intéressant de montrer le point de vue de Louise, qui n’avait pas voulu mal faire, et s’était simplement inspirée de sa vie et de ses deux meilleures amies, espérant aider d’autres jeunes filles.

    En revanche, les critiques n’ont pas bénéficié d’un portrait aussi nuancé. Celles qui critiquent le sexisme de l’œuvre de Louise la traitent de « salope », montrant bien là qu’elles sont elles-mêmes sexistes. L’éditrice fait remarquer que si Louise avait mis des personnages racisés, on lui aurait reproché de prendre une voix qui n’est pas la sienne, et la conclusion, c’est qu’elle ne doit rien changer, et écrire un tome 2.

    Les critiques adressées à Louise sont fondées. La représentation n’est pas une exigence, une lesbienne peut s’identifier à une hétéro, mais on a besoin de personnages qui nous ressemblent, parce qu’à force de se voir nulle part, on finit par se dire qu’on est anormal·e. Si Louise avait écrit un témoignage, il n’y aurait rien eu à reprocher, mais elle adresse son œuvre « à toutes les filles », alors comment doivent se sentir celles qui n’y sont pas représentées ? Inexistantes ?

    Comme Marie-Aude Murail inclut des personnes noires, gay, trans, j’étais convaincue que Louise se remettrait en question dans le tome 6… Espoir brisé lorsque j’ai lu sa tribune : Murail semble convaincue de n’avoir aucun biais et de proposer une représentation parfaite, quoi que les personnes concernées lui disent. Symphonie l’explique mieux que moi dans cet article qui présente l’utilité des Sensivity Readers : une autrice hétéro a le droit de représenter une lesbienne, mais c’est normal de demander à ce qu’elle le fasse bien.


    Plus le temps passe, plus je suis déçue. Est-ce que toute la série était comme ça, et je ne l’ai pas vu ? Ou est-ce juste le tome 5 qui est à côté de la plaque ?


    Cases : personnage racisé, moins de 10k vues sur Goodreads


    Autres lectures avec des personnages racisés :

    • Notre-Dame du nil de Scholastique Mukasonga
    • Sweet Sixteen d’Annelise Heurtier
    • La Tête dans les Étoiles de Jen Wang (ma chronique ici)
    • Le carnet rouge d’Annelise Heurtier (ma chronique ici)
    • Talitha Running Horse d’Antje Babendererde (ma chronique ici)
    • Dysfonctionnelle d’Axl Cendres (ma chronique ici)
    • Fleur du Désert de Waris Dirie (ma chronique ici)
    • La Fille qui n'Existait pas de Natalie C. Anderson (ma chronique ici)
    • Pas tout à fait des hommes de Lizzie Crowdagger : techniquement, il n’y a pas de personnages asiatiques ou noirs, c’est un roman avec des elfes, des nain-es, des démon-es… et c’est une métaphore du racisme en France, qui questionne notamment les pratiques de la police. Bref, je le compte dans cette catégorie.
    • Et ils meurent tous les deux à la fin d’Adam Silvera (ma chronique ici)
    • Citrus de Saburo Uta (ma chronique ici)
    • La Terre Fracturée de N.K. Jemisin
    • Sauvages de Nathalie Bernard
    • Le Secret de l’Amitié de Kawahara Kazune (ma chronique ici)
    • Les Belles de Dhonielle Clayton(ma chronique ici)

      • personne en chemise rose lisant La Belle Eprise devant une haie d'automne
        La Belle Éprise de Karin Kallmaker

        Alors que la salle allait bientôt fermer, j’ai pris ce roman à la va-vite en voyant qu’il contenait un couple lesbien. Mais la couverture et le résumé ne m’inspiraient pas plus que ça, et il a traîné dans ma chambre jusqu’à ce qu’arrive l’heure de le rendre. Je me suis donc empressée de le commencer.


        On était fin novembre, et alors que je m’étais promis d’attendre pour calculer mes stats – histoire de ne pas les influencer – et j’ai été choquée de constater que la catégorie la moins remplie était « perso principal gros », avec 3 livres sur 45. On nous parle si peu de grossophobie que je n’avais pas envisagé que cette catégorie finisse dernière… c’est justement ça, l’invisibilisation.

        J’étais donc très agréablement surprise de découvrir que Marissa, la narratrice, était grosse.


        Cependant, je n’ai pas accroché au style d’écriture. On sent que le roman essaie d’être drôle et léger, et certains passages ont réussi à me faire sourire – les lettres mentales écrites par Marissa – mais le reste est répétitif et plat. Et comme c’est une pure romance, sans le style pour la soutenir, c’est assez dur pour moi…

        J’hésitais à abandonner – ç’aurait été la 3e fois en deux semaines, et ça m’aurait déçue – et là, le roman a changé de point de vue. Jusqu’alors on avait eu celui de Marissa, informaticienne mal dans sa peau, qui survit à un naufrage en compagnie de la belle et drôle Linda.

        En deuxième partie, on alterne entre le point de vue de Linda et Marissa, et comme Linda a un secret, mon envie de lire la suite s’est réveillée. Linda est beaucoup plus intéressante que Marissa, mais tout aussi répétitive…

        J’ai jeté un coup d’œil à la fin pour me remotiver, et si une partie m’a donné envie d’arrêter le roman immédiatement – il semblait que Marissa ait maigri et que ça lui ait permis de trouver l’amour – une autre a réveillé ma curiosité : la relation entre Marissa et sa mère semblait changer drastiquement.

        J’ai donc repris ma lecture… le régime de Marissa occupe la quasi-totalité de ses narrations, mais comme celle de Linda est une critique de l’injonction sociale à la minceur et la beauté, j’avais de l’espoir.

        Espoir déçu. L’histoire de Linda accuse finalement la « folie » de sa mère, Marissa apprend à s’aimer… mais l’épilogue nous la montre quand même enfin mince. C’est parce qu’elle veut s’améliorer en sport, et c’est tout à fait légitime, mais il n’y a aucun contre-exemple – tous les personnages de ce livre sont soit minces sans effort, soit font attention à leur ligne – on a l’impression que le roman est un guide du parfait régime !


        Cases cochées : perso gros, couple f/f


        TW : mutilation non-consentie, grossophobie, psychophobie


        Autres lectures avec des personnages gros :

        • La tête dans les étoiles de Jen Wang (ma chronique ici)
        • Dysfonctionnelle d’Axl Cendres : seulement dans l’enfance de la narratrice (ma chronique ici)
        • Will et Will de John Green et David Levithan (ma chronique ici)
        • Nimona de Noëlle Stevenson (ma chronique ici)

         

        Ce challenge s’étale sur trois mois et c’est à la fois bien pour avoir le temps de beaucoup lire, mais aussi long, car au bout d’un moment, j’ai oublié de partagé mes lectures, de chercher des conseils auprès des autres participant·es… je me suis ressaisie au dernier moment, comme vous le verrez dans la deuxième partie du bilan !

        En avant-première, voici le graphique de la représentation. Je n’ai pas mis toutes les catégories pour qu’il reste lisible, et je vous donnerai plus de détails demain.


        f/f:25; racisé:22; handi:20; m/m:18; rien:18; trans/inter:9; gros:6; aro/ace:4  

        1 En comptant BD, mangas, albums, romans, même ceux que je n’ai pas terminés, et sans compter les fanfictions

         

    Nimona

    de Noëlle Stevenson


    femme en manteau et t-shirt à flammes lisant la BD Nimona devant un mur de ronces

    J’avais passé l’après-midi à chercher des romans avec des personnages gros pour le challenge Diversité en Litté, et j’étais déprimée d’en trouver si peu… Alors quand j’ai vu cette BD sur un piédestal de ma bibli, et les formes rondes de Nimona sur la couverture, je l’ai pris sans hésiter.

    Comme j’avais déjà atteint la limite des livres que je pouvais emprunter, j’ai commencé à le lire sur place. Dans un univers de fantasy de type « contes du moyen-âge », la métamorphe Nimona devient l’acolyte du méchant Lord Blackheart, et l’aide à combattre l’Institut pour le Maintien de l’Ordre Héroïque et son champion, Sire Goldenloin.

    C’était rigolo, mais j’avais du mal avec les dessins et avec le caractère incontrôlable de Nimona, qui détruit tout sur son passage. J’ai continué parce que j’aime les histoires dont les « méchant·es » sont les personnages principaux, pour montrer que les « gentil·les » ne sont pas si bienveillant·es…

    Je me suis vite investie dans la « rivalité » entre Blackheart et Goldenloin – oui, il y aura beaucoup de guillemets dans cette chronique. Dès la page 9, mon instinct gay s’est réveillé, et j’ai eu peur d’être queerbaitée – le queerbaiting, c’est lorsqu’une œuvre cherche à attirer un public LGBTI+ en faisant croire qu’elle a du contenu queer, alors qu’en fait ce n’est pas le cas. J’ai jeté un coup d’œil à la fin : pas de queerbaiting en vue, mes instincts étaient bons, et j’ai repris ma lecture avec une motivation redoublée – si j’avais vu que l’autrice était celle de Lumberjanes, je n’aurais pas eu de doutes, mais j’avais pris cette BD sans y faire attention…


    Cette lecture était finalement excellente, une aventure fun qui parle d’altérité et de monstruosité, avec une romance complexe, et surtout, en arrière-plan ! Le cœur de la BD est la relation père-fille entre Blackheart et Nimona, qui m’a beaucoup touchée. Lord Blackheart est adorable, Nimona à la fois énervante et attachante, et ensemble, iels nous offrent un bon cocktail d’émotions. Du début à la fin, c’est à ces deux personnages qu’on s’intéresse en priorité. Bien que l’épilogue ait aussi pour but d’éclaircir la situation entre Blackheart et Goldenloin, Nimona reste au cœur de l’histoire, et on souhaite surtout savoir ce qu’elle est devenue.

    J’ai relu la BD dès le lendemain matin. Puis le lendemain après-midi. Puis j’ai cherché des dessins bonus sur internet. Elle a un gros défaut, en fait : malgré ses 272 pages, elle est trop courte !


    J’avais désespérément envie de partager cette lecture, de voir si d’autres avaient, comme moi, perçu la romance dès la page 9, et si on pouvait m’expliquer ce qui m’avait donné cette sensation. J’avais beau relire, je ne voyais vraiment pas sur quels indices se basait ma certitude que Blackheart et Goldenloin n’étaient pas exactement amis…

    Finalement, une personne de mon entourage l’a lue lors d’un week-end chez moi – j’avais gardé la BD exprès – et a partagé mon opinion et mon instinct. Notre analyse : il y a contact physique entre les deux hommes sur trois cases de suite. Ce que je trouve assez triste : ça veut dire qu’hors couple, on ne voit jamais des hommes se toucher…

    Il va bien falloir que je rende cette BD un jour, mais en attendant, je ne peux résister à la tentation de la relire encore une fois…


    TW : mort, expérimentations sur personne non-consentante


     

    Pumpkin Autumn Challenge 2019 – Bilan – Partie 1

    Mon tout premier challenge à thème se termine ! Il s’agit du Pumpkin Autumn Challenge, créé par Guimause, durant lequel 4 menus comptant plusieurs catégories sont proposés.

    J’avais peur de ne pas le réussir, puisque je n’arrive pas à me forcer à lire des romans. J’ai donc lu les livres que je voulais, en espérant qu’ils entrent dans les thèmes, et je vais vous présenter une lecture pour chaque catégorie.

    Menu Automne Frissonnant

    Tu n’en reviendras pas ! Révolution avec une Vampire de Lizzie Crowdagger

    femme lisant sa liseuse en contrejour devant une fenêtre

    J’ai eu du mal à remplir cette catégorie, n’étant fan ni d’horreur ni de vampires… mais comme j’aime la fantasy, j’ai bien fini par tomber sur des vampires, et parmi tous ces romans-là, mon préféré est Révolution avec une Vampire de Lizzie Crowdagger, que j’ai commencé dans le métro. Ce n’étaient pas les meilleures conditions de lecture, surtout que je ne suis pas très portée sur les nouvelles : elles ne font que gratter la surface des personnages et ne me transmettent aucune émotion.

    Celle-ci m’a souvent évoqué un résumé : on découvre la vie de la révolutionnaire vampire et trans Léna à travers son interview avec un journaliste, qui pose les bases de cet univers futuriste où vampires et humains se déchirent. C’est un univers très prometteur, avec de nombreux points évoqués sans être éclaircis, propice à une longue série plus qu’à une histoire de 26 pages.

    La chute est bien trouvée et j’ai passé un bon moment… mais c’est trop court !

    Les Os/Eaux de Davy Jones : La Sirène et la Licorne d’Erin Mosta

    Entre des rochers, dans la brume, femme en sarouel coloré lisant La Sirène & La Licorne d'Erin Mosta

    J’ai eu envie de lire ce roman dès que j’ai vu sa couverture. Je ne savais même pas de quoi ça parlait ! Le temps que je le trouve, j’ai eu de plus en plus d’échos qui m’ont motivée à le lire.

    Dès le début, le mystère plane sur l’intrigue. La narratrice, Lili, a un style très direct, voir brusque, elle nous dévide toutes les informations à son sujet en un paragraphe… mais elle garde sous silence la raison pour laquelle elle doit quitter sa maison.

    Lorsqu’elle arrive chez sa tante, l’ambiance mystérieuse s’épaissit. Elle habite dans une vieille maison en ruines, et la nuit, Lili entend d’étranges bruits… A cela s’ajoute l’atmosphère mystique de la côte océanique, avec ses îles abandonnées et ses légendes de fantômes. Pour être allée dans cette région, je peux dire que les descriptions sont réussies !

    Le roman a aussi un côté très joyeux et mignon : j’adore le fait que Lili soit fan de maquillage sans pour autant être décrite comme superficielle. Sa relation avec Cris est douce, et, alors qu’elles s’attachent très vite l’une à l’autre, je n’ai étrangement pas trouvé que c’était trop rapide. Sans doute parce que leur romance est basée avant tout sur l’amitié.

    C’est toutefois le côté mystérieux de toute l’histoire qui m’a le plus charmée : le secret de Lili, le secret de Cris, le secret de la tante… ma curiosité était titillée tout au long du roman !

    Les Freaks, c’est chic : Wonder de R.J. Palacio

    Dans un lit avec une couverture orange, femme lisant Auggie & moi de RJ Palacio

    La première fois que j’ai commencé à lire ce roman, je me suis arrêtée au bout d’une page, car ça commençait par " Je ne suis pas un garçon de dix ans ordinaire, c’est certain ", et que je trouve ce genre d’accroches trop… accrocheuses, justement.

    Puis j’ai emprunté un livre spin-off de Wonder et j’ai songé que peut-être, il serait utile de lire l’original avant de me lancer dans celui-là.

    On suit le jeune Auggie, défiguré, qui entre pour la première fois à l’école. Il se fait des amis tant bien que mal… c’est lui qui raconte l’histoire, et son style narratif est très attachant. Puis… on change de narration : on a le point de vue de sa grande sœur.

    J’ai eu peur durant les premiers chapitres : je ne voulais pas que les deux situations soient comparées. Mais ce n’est pas du tout la direction prise par le roman. D’autres personnages prennent aussi la parole – même si c’est Auggie qui a le plus de narration – et on nous montre leurs problèmes, pour les comprendre et non pour les plaindre.

    C’était une lecture agréable, avec un personnage principal prenant et drôle, et d’autres qui ont gagné mon affection.

    Menu Automne Enchanteur

    Down By the Sally Garden : Will et Will de John Green et David Levithan

    femme en robe tricotée à rayures bleues lisant Will et Will de John Green et David Levithan devant un mur de crépit

    Même si l’édition tente de nous le faire croire – la 4e de couverture n’évoque que John Green et sa biographie est bien plus longue – ce roman n’a pas été écrit que par John Green : c’est une collaboration avec David Levithan. Il y a deux personnages qui narrent chacun leur tour, et ils portent le même nom : Will Grayson et will grayson.

    Malheureusement, ce n’était pas du tout mon style d’histoire. Certes, la romance est peu présente – quoi qu’il y en ait deux – ce qui n’est pas pour me déplaire, mais l’ambiance était trop mélancolique à mon goût. De plus, ça alternait trop entre des passages que je trouvais géniaux et d’autres qui m’agaçaient.

    Le meilleur ami de Will, Tiny, « très très gros et très très gay », réalise la comédie musicale de sa vie. J’ai adoré le spectacle final, et Tiny est mon personnage préféré – même si j’aurais aimé qu’il ne force pas Will à être en couple.

    J’ai aimé la relation entre sa mère et will, et les passages avec son « amie » maura, quoique douloureux, étaient bien faits. En parallèle, je lisais un autre roman avec des remarques telles que « t’es trop stressé, tu devrais tirer un coup », alors j’ai particulièrement apprécié que will dénonce la stupidité de ce genre de commentaires.

    Mais la romance entre Will et Jane m’a déplu. Je sais qu’il y a des ados qui s’identifieront à l’hésitation de Will et se réjouiront de le voir la surmonter, mais moi, je me suis plus identifiée au message de « quand ton ami se met en couple, il va t’abandonner alors il faut que tu sois en couple aussi » et je n’ai pas trouvé ça franchement réjouissant…

    Mon voisin le Kodama : Lumberjanes tome 1 de Shannon Watters, Grace Ellis, Brooklyn A. Allen et Noelle Stevenson

    femme en débardeur, chemise et casquette lisant la BD Lumberjanes

    J'ai eu du mal à rentrer dans cette BD, je trouvais les personnages caricaturaux – la survoltée, la sérieuse, la sportive, la féminine, etc – et les dessins très différents de ceux de la couverture, ce qui m'a prise au dépourvu.

    Mais c'est une histoire fun, qui repose surtout sur l'amitié, ce qui me change agréablement des romances omniprésentes. J’ai hâte de lire les tomes suivants !

    Misty Day : The Wicked + The Divine de Kieron Gillen et Jamie McKelvie

    personne en chemise rose lisant The Wicked + The divine de Kieron Gillen et Jamie McKelvie devant un tag coloré

    On m’avait beaucoup recommandé cette BD, et comme la couverture en jette, j’étais motivée en commençant ma lecture. J’ai toutefois eu du mal à rentrer dedans : j’aime les histoires claires, et celle-ci, avec tout son mysticisme et son mystère, était à la limite de ce que je peux apprécier. Ça se passe dans notre univers, avec des chanteurses considéré·es comme des divinités, et qui ont des pouvoirs magiques. On suit l’histoire d’une fan qui rencontre la génialissime Luci. Et heureusement que Luci était là pour m’enthousiasmer ! C’est d’ailleurs pour ça que j’ai moins accroché à la suite, où elle est moins présente, et que j’ai arrêté au tome 2… L’histoire est cool mais un peu trop floue pour moi !

    Prenez Garde aux Souliers Pointus : Fleur du désert de Waris Dirie et Cathleen Miller

    femme en robe à fleurs lisant Fleur Du Désert devant une route

    Enfin, j’ai lu un des romans laissés chez mes parents – c’est la malédiction des bouquins que je laisse là-bas : comme je n’y vais qu’occasionnellement, je n’ai pas le temps de les lire. Une autobiographie, ce qui me remplit rarement d’excitation à l’idée de commencer ma lecture, ayant toujours eu une préférence pour la fiction.

    Le début ressemblait plus à une liste d’évènements. Puis je me suis attachée à la narratrice, Waris Dirie, une jeune Somalienne fuyant sa famille nomade pour échapper à son mariage. J’aimais beaucoup sa force placide, sa manière de se lancer et d’aborder un problème après l’autre, sans s’inquiéter de l’avenir.

    On suit son parcours de domestique à mannequin, la présentation de son travail est bien loin des clichés glamour et superficiels. La chronologie fait des allers-retours qui, une fois n’est pas coutume, ne m’ont pas perdue. J’avais cependant souvent envie de lire la suite, et étais frustrée de repartir en arrière.

    La dernière partie rejoint le présent et la lutte de Waris Dirie contre la FGM (Female Genital Mutilation). Plusieurs chapitres, au cours du roman, étaient consacrés au récit de son excision et de ses conséquences. C’est très graphique et je comprends l’intention d’horrifier, mais j’ai lu en diagonale le passage de la mutilation.

    J’ai été très surprise, à la fin, de me rendre compte que ce roman date de 1998 : la narration, les sujets abordés et les revendications féministes me paraissent très modernes ! Et hélas toujours d’actualité…

     

    J'ai l'impression que certaines de ces lectures remontent à une éternité ! En même temps, le challenge dure trois mois... La suite de mes lectures dans la partie 2 !

     

    TW Wonder : harcèlement, agression

    TW Will et Will : Dépression, pensées suicidaires

    The Wicked + The Divine : violence

    TW Fleur du Désert : tentatives de viol, mutilation génitale graphique

     

    Une Fille Facile et Nous les Filles de Nulle Part

    de Louise O'Neill et Amy Reed respectivement

    femme en nuisette lisant une fille facile allongée sur du goudron

    J’ai lu Une Fille Facile d’après les conseils de Sita Tout Court. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça ne fait pas rêver... J’ai commencé dans le métro, alors que je revenais d’un club de lecture. J’ai eu tout juste le temps de découvrir que la narratrice, Emma, était une peste superficielle, puis ma liseuse a freezé. Impossible de tourner la page. Ce n’était pas dramatique, j’ai réfléchi à mes propres histoires, mais j’étais un peu contrariée.

    Ce que j’aime dans les romans, ce sont les personnages. Là, Emma est égoïste, méchante, arrogante… et c’est ce qui rend toute l’histoire intéressante. D’avoir de la compassion pour elle, même si on la déteste. Le titre anglais, Asking for It, représente parfaitement le roman : Emma est violée par quatre de ses camarades de classes, et tout le monde va considérer qu’elle est fautive. La fin est vraiment intéressante, à l’image du roman, et l’autrice explique ses choix en conclusion. C’est loin d’être une lecture agréable, surtout quand on sait que c’est la réalité. Bien que fictive, Emma existe, et la société dans laquelle elle vit, c’est la nôtre…


    femme en tenue colorée lisant NOus les Filles de Nulle Part devant des affiches militantes

    Nous les Filles de Nulle Part, sur un thème semblable, est beaucoup plus plaisant à lire. La première comparaison qui me vient à l’esprit, c’est La Lune est à Nous : un sujet dur, violent, mais les personnages s’unissent pour lutter et le courage et la solidarité sont au cœur du roman. Grace emménage dans la chambre d’une fille qui a déménagé suite à son viol – car c’est elle qui a été tourmentée, et il n’y a eu aucune conséquence pour le coupable. Grace et ses deux nouvelles amies vont fonder un groupe militant, les Filles de Nulle Part, rassemblant toutes les élèves du lycée pour lutter contre la culture du viol dans leur établissement.

    Je l’ai lu en camping avec ma famille, avançant dès que j’avais une seconde de disponible, prise par l’histoire, par les personnages si nombreux et attachants, dont l’histoire personnelle est également explorée.

    Cette quantité de personnages permet de présenter des points de vue très variés – là où Une Fille Facile se concentrait sur les filles blanches cishétéro de classe moyenne, on a ici des filles grosse, racisée, lesbienne, autiste asperger dans les personnages principaux. Ça amène de nombreuses confrontations d’opinions. Il n’y a que le débat sur la nature masculine qui m’a déçue : alors que d’habitude j’aime quand les arguments sont présentés par des éléments scénaristiques et non par des discours – c’est plus subtil – dans ce cas-là, j’aurais aimé plus de dialogues. Certaines filles lâchent que « ce sont des hommes, c’est dans leur nature », et pas mal d’hommes affirment la même chose. Il y a peu de contre-arguments, le seul dont je me souvienne est « si tu ne crois pas que les gens puissent changer, pourquoi tu te bats ? ». Le scénario met en évidence que ce n’est pas l’opinion du livre, mais j’aurais aimé que ce soit plus explicite.

    Je regrette aussi que la fille trans n’ait que deux paragraphes de présence – les retirer ne change rien à l’intrigue. Il était nécessaire de l’inclure pour rappeler que les filles ne se réduisent pas aux filles cis, mais j’aurais aimé qu’elle ait plus de rôle.

    La fin m’a paru irréaliste, mais j’étais surtout contente que ça se termine bien !


    J’ai adoré ce roman, bien plus agréable à lire qu’Une Fille Facile, même s’il y a des descriptions de viol. C’est une histoire encourageante, et qui ne se résume pas à ses arguments ! Le mot de la fin m’a rapprochée de l’autrice, qui parle de ses relecteurices, de ses recherches, et liste ses sources. C’est la démarche que je souhaite avoir, et je suis heureuse qu’elle donne un aussi bon résultat.


    TW : viol

     

    Week-End à 1000 – Bilan

    Pour la première fois, j’ai participé au week-end à mille ! Pour celleux qui ne connaissent pas, c’est un challenge créé par Lili Bouquine, dont le principe est de lire 1000 pages en un week end, du vendredi soir au dimanche soir.

    Je n’avais aucune idée de ce que ça représentait, mille pages… dans le doute, j’ai choisi dans mon étagère les romans avec la police d’écriture la plus grosse. Je ne voulais pas que ma première participation se solde par un échec !

     

    Vendredi soir, j’ai commencé par Le Carnet Rouge d’Annelise Heurtier (192 pages). On suit l’histoire de Marie, une ado à la recherche de ses origines népalaises, qui va découvrir le journal intime de sa grand-mère. Le récit alterne entre le passé et le présent, et parfois, j’avais juste envie de rester dans le passé, d’avoir la suite de l’histoire de la grand-mère !

    J’étais agréablement surprise que ce roman jeunesse aborde le sujet du travail du sexe, je ne suis cependant pas assez renseignée pour savoir s’il était bien traité.

    Comme j’étais très fatiguée par ma semaine, je n’ai fini Le Carnet Rouge que samedi matin, et, pour garder le rythme, j’ai enchainé avec Talitha Running Horse d’Antje Babendererde (397 pages).

     

    L’histoire est racontée par Tally, une jeune métisse amérindienne passionnée d’équitation. Je ne suis pas une spécialiste de littérature amérindienne, donc je ne peux pas affirmer que la représentation était bien faite. Cependant, je n’ai pas retrouvé les éléments critiqués dans d’autres représentations… Les horreurs de la colonisation sont dénoncées, tout comme la stigmatisation et la discrimination qui perdurent de nos jours.

    J’ai beaucoup accroché à la relation entre Tally et Stormy, la jument qu’elle voit grandir.

    Cependant, la romance a tout gâché. Les clichés du coup de foudre et du triangle amoureux ne m’ont pas dérangée plus que ça, le problème vient de Neil, l’intérêt amoureux. Alors qu’il sort avec une autre fille, il se montre jaloux d’un des amis de Tally. Puis, lorsqu’elle se blesse, il l’accuse et l’accable de reproches – cette attitude est dénoncée dans un premier temps… puis excusée, parce qu’il « l’aime » !

    Et à la fin, alors qu’il veut coucher avec elle, Tally se montre réticente car elle ne veut pas tomber enceinte – je précise que Tally a seize ans, et lui a plus de deux ans de plus qu’elle. Neil précise qu’il ne veut pas d’enfants, puis insiste avec une petite dose de chantage émotionnel. Et donc ils couchent ensemble sans se protéger, c’est le bonheur absolu, et fin de l’histoire.

     

    Alors que je lisais Talitha Running Horse, je suis entrée dans une librairie, et je n’ai pas résisté : j’ai acheté la nouvelle BD de Jen Wang, La tête dans les Étoiles (216 pages). Je l’ai lue dans un petit parc, parfait pour cette histoire douce, avec peu de dialogues et de très jolis dessins, qui raconte l’amitié entre Moon et Christine, deux filles de la communauté chinoise aux États-Unis.

        Je le relirai pour savourer tous les dessins, particulièrement ceux de musique et de danse que j’ai trouvés magnifiques.


    Après cette petite incartade à ma pile-à-lire, j’ai saisi un roman jeunesse relatant « l’histoire vraie derrière La Belle et la Bête » : Ma Vie de Monstre d’Anne Pouget (199 pages).

    Durant le règne de Catherine de Médicis, plusieurs personnes à la pilosité très forte – une maladie nommée hypertrichose – étaient exhibées à la cour comme des objets de curiosités. C’est le récit de l’une d’entre eux, Tognina.

    L’autrice a trouvé un bon équilibre entre l’horreur de la situation de Tognina et une narration plus douce. Un petit glossaire à la fin permet d’en savoir plus sur la réalité historique de chaque personnage, et l’histoire s’arrête juste à temps pour qu’on puisse croire qu’elle finit bien...

     

    J’ai lu Ma vie de Monstre bien plus rapidement que prévu et j’ai donc commencé le livre suivant dès samedi soir : Signé Sixtine (321 pages) de Roxane Dambre. Ma bibliothécaire me l’avait recommandé, et j’avais des doutes : ça parle de sciences, et je m’en farcis assez tous les jours pour ne pas vouloir en retrouver dans mes lectures.

    Mais Sixtine m’a charmée dès la première page : elle déborde d’énergie et de bonne humeur, elle est gentille et ouverte, et elle adore les couleurs ! Elle ne pouvait que me plaire. De plus, loin d’être une passionnée de mathématiques, elle n’imagine pas plus barbant, et, lorsque durant son premier jour comme journaliste chez ActuParis, elle est chargée de couvrir une conférence de cosmologie, elle est tout simplement horrifiée. Mais elle ne se laisse pas abattre et cherche un angle pour passionner son lectorat…

    Le roman vire à l’enquête policière avec des soupçons de surnaturel, et le peps de Sixtine m’a propulsée à travers les pages sans la moindre difficulté. J’ai terminé le challenge à 10h30 le dimanche matin sur une note réjouissante, et j’ai hâte de me lancer dans le suivant !


    TW Le Carnet rouge : mention de viol

    TW Talitha Running Horse : tentative de viol


    La Lune est à nous de Cindy van Wilder

    Un énorme coup de cœur pour ce roman ! Eh oui, je vous donne mon opinion dès la première ligne, comme ça vous pouvez arrêter de lire mon article pour vous ruer sur ce livre.

    Il était sur ma liseuse depuis un bon moment. Puis j’ai entendu qu’un des personnages était aromantique et ma motivation pour le lire a redoublé. Mais je n’avais pas de temps, et j’ai oublié…

    Il était mal barré : depuis quelques semaines, ma mission était de lire tous mes livres papier pour les ramener chez mes parents. Je ne touchais donc pas à ma liseuse. Puis, un samedi, pour aller à Paris, j’ai emporté un livre papier à lire dans les transports. J’ai eu beau m’acharner, je n’ai pas accroché, et je me suis retrouvée dans une situation dramatique : il me restait une heure de trajet, ainsi que le retour, et je n’avais aucun livre papier à lire !

    Heureusement, il y avait ma liseuse, et en top priorité : La Lune est à Nous de Cindy van Wilder, que j’ai donc commencé à lire. Je n’avais pas lu le résumé avant, j’ai donc découvert les personnages avec les premiers chapitres.

     

    Max vient de déménager en Belgique avec sa mère suite au divorce de ses parents, Olivia est instagrammeuse beauté et se lance sur Youtube. Iels se croisent près du Dépôt, un centre culturel et artistique inclusif, Olivia en est membre et Max a envie de participer. Les deux se partagent la narration, au début iels se voient peu, puis leurs histoires s’entremêlent de plus en plus.

    C’était tellement génial que je l’ai terminé le soir même. Il y a des moments durs qui m’ont noué l’estomac : Olivia se fait harceler car elle est grosse, racisée et qu’elle fait du body-positivisme en ligne. Les coming out de Max ne se déroulent pas au mieux. Mais dans l’adversité, la solidarité entre les personnages m’a d’autant plus réconfortée. La créatrice du Dépôt et toustes ses membres, les deux youtubeuses qui entourent Olivia, et les deux narrateurices qui s’entraident malgré leurs propres difficultés. C’est un roman très humain, et, s’il montre les horreurs de notre société, montre aussi que grâce au soutien de ses ami·es, on peut s’en sortir. Ça fait chaud au cœur… et la fin est tellement enthousiasmante ! La présence d’un personnage aro n’est qu’une petite cerise sur ce magnifique gâteau.

     

    Alors qu’avec cette lecture je pensais réduire ma pile à lire, elle s’est au contraire rallongée puisque j’y ai rajouté les autres romans de Cindy van Wilder…

     

    TW: harcèlement (grossophopie, racisme, homophobie)