Hana no Breath tomes 1&2

de Caly


femme en robe à fleurs multicolores lisant Hana No Breath tome 1 de Caly, au milieu de plein de peluches

Mx Cordélia avait conseillé ce manga dans la catégorie « œuvre avec des lesbiennes ». Comme on pouvait lire quelques pages en ligne, je suis allée voir et… c’était trop chou ! Les personnages passent leur temps à rougir... Et c’était aussi très drôle, avec la narratrice, Azami, qui s’insurge exagérément des relations homosexuelles, car pour elle, la personne idéale c’est « le beau Gwen » ! Sauf qu’en réalité, Gwen est une fille…

La narratrice se rend alors compte que le genre de Gwen ne change rien à ses sentiments, et elles sortent ensemble. Tout ça occupe à peu près les dix premières pages, ce que je trouve bien : le ressort scénaristique du « elle tombe amoureuse d’un garçon qui en fait est une fille » aurait pu être lourd. Là, c’est juste traité comme une introduction, pour qu’après on les voie se faire des bisous tout mignons et se tenir la main en rougissant. Moi qui ai tendance à grimacer devant des « je t’aime » lâchés au bout d’un chapitre, j’ai trouvé ça adorable ici. Sans doute parce que j’ai l’impression qu’elles ont douze ans – alors qu’en réalité, elles sont lycéennes, mais bon.

Je suis allée lire la suite en magasin, je souriais tout du long. Voir la toute douce Azami s’énerver pour défendre Gwen est juste génial ! J’ai acheté le manga et je me suis rendue à un rendez-vous que j’ai passé à faire l’éloge de ce manga, m’empressant de le continuer dès que je suis rentrée chez moi.


Si la première moitié me faisait fondre tout du long, la deuxième m’a laissée plus… mitigée. En effet, c’est là qu’une rivale arrive, elle aussi intéressée par Gwen. Je me suis alors rendue compte qu’en dehors de Gwen, la narratrice n’avait pas vraiment d’ami·es développé·es dans le manga. Et Gwen non plus… à part la rivale qui m’horripile. Elle est intéressante, mais justement, j’aurais préféré qu’il n’y ait aucune rivalité.


  personne en chemise rose lisant Hana no breath tome 2 de Caly devant un massif de fleurs roses

Je gardais néanmoins l’espoir que ça s’améliore dans le 2e – et dernier – tome. Je suis donc retournée en librairie pour donner une chance à la suite. La jalousie qui s’installe au début m'a fait grincer des dents, mais ça s’améliore et les deux rivales travaillent ensemble, justement. J’étais juste un peu déçue que ce soit pour affronter une autre de leurs camarades – même si cette fois, le sujet du conflit n’est pas la romance, mais l’ambition, ce qui est moins réducteur. J’aurais préféré qu’elles s’unissent toutes pour affronter un personnage extérieur, la directrice peut-être…


Avec un tel scénario, comment ne pas s’interroger sur l’identité de genre de Gwen ? Elle se définit comme une fille, cependant, au début, elle est indifférente par rapport au fait d’être prise pour un garçon, n’aime pas porter de jupe – bon, il y a plein de filles qui n’aiment pas porter de jupe, hein, mais je tenais à le relever – et met sa santé en danger pour qu’on continue de la voir comme un garçon. J’ai été étonnée qu’elle réaffirme finalement être une fille, et s’exerce à être plus conventionnellement féminine…


Cette série est un énorme coup de cœur, ou plutôt, plein de petits battements de cœur effrénés. Elle n’est pas là pour militer ou pour poser des questions, elle est adorable, drôle, de quoi vous recharger en bonne humeur.


TW : évanouissement

 

Pumpkin Autumn Challenge 2019 – Bilan – Partie 2

La suite de mon bilan du Pumpkin Autumn Challenge ! J'avais commenté mes lectures des deux premiers menus en partie 1, et c'est parti pour les ouvrages restants.

Menu Automne Douceur de Vivre

Jack-O-Lantern : Emma, sa Cousine et Moi de Lizzy Brynn

femme en débardeur rayé lisant Emma, sa Cousine et Moi de Lizzy Brynn dans l'herbe

J’ai eu envie de lire ce roman dès que j’ai vu qu’il était approuvé par le Lobby LGBT – et les commentaires m’ont bien encouragée !

Je ne vais pas en dire beaucoup sur car il est très court, mais j’ai passé un super moment en le lisant. La narratrice, Chloé, est attachante, et je me suis vite impliquée dans sa relation avec sa meilleure amie Emma, qui lui reproche de privilégier l’équitation. Puis la cousine arrive…

L’histoire est très douce. La romance est simple, sans exagération, les sentiments sont sincères. J’ai trouvé la discussion autour du consentement très bien faite !

L’autre mère : Dysfonctionnelle d’Axl Cendres

femme lisant Dysfonctionnelle d’Axl Cendres dans une bibliothèque vieillotte

J’ai aimé le livre dès que j’ai commencé ma lecture. Fifi nous présente sa famille dysfonctionnelle, la narration est drôle et prenante. Je me suis sentie chez moi dans cette maison vivante et chaleureuse. Chaque chapitre présente un nouveau personnage, les anecdotes à son sujet, dans un fouillis temporel difficile à expliquer.

Puis l'histoire devient plus linéaire, et Fifi raconte sa jeunesse puis son adolescence, et sa rencontre avec Sarah, dont elle tombe amoureuse. Et c'est là que ça a dérapé : Sarah fait pression sur Fifi pour qu'elles couchent ensemble, et c'est quelque chose qui m’horripile. Cette relation n’est pas présentée comme particulièrement saine, elle est tout aussi dysfonctionnelle que les autres, mais j’aurais préféré que l’histoire se concentre sur la famille.

Ça reste une bonne lecture, avec des personnages très attachants !

Un Cinnamon Roll et un Chaï Latte, à emporter s’il vous plaît ! Love is Love d’un collectif de créateurices

Femme en noir lisant la BD Love is Love

Je pensais que ce serait une « lecture vite fait », comme c’est souvent le cas pour les BD. Mais pas ici… Chaque page a été écrite par un·e artiste différent·e, alors avant d’en lire une autre, il faut faire une pause, engranger l’histoire, laisser toutes les émotions se poser. Et des émotions, il y en a ! Le thème est en effet l’attentat d’Orlando, et si les premières pages m’ont laissée indifférente, j’ai commencé à pleurer en lisant l’histoire illustrée sur une petite fille passionnée d’astronomie, ses parents, et leur réaction à l’attentat.

Comme chaque page a été écrite par une personne différente, mon ressenti ne faisait que changer. Beaucoup de références aux comics m’échappaient, je n’ai pas compris certains des dessins, et politiquement, je trouvais les idées exprimées parfois très plates.

Mais certaines pages ont été comme un coup de poing. La page où un couple de femmes appellent désespérément toustes leurs ami·es, où les bulles s’enchevêtrent dans leur panique. Le texte décrivant la " porte ouverte " par les personnes LGBTI+. L’image grandiose d’un jeune homme et de sa mère dansant ensemble.

Certaines étaient plus douces, l’une m’a remplie d’amusement jubilatoire : les présupposés sur des onomatopées s’échappant d’une chambre.

A la fin de cette BD, j’étais épuisée. Vidée, émotionnellement. Avec du recul, elle n’est pas excellente, les pages qui m’ont touchée ne sont qu’une minorité, et j’aurais aimé plus de représentation trans, inter... Mais sa lecture a été incroyable. Et pour la clore sur une note émotionnelle, je vous conseille d’écouter I know a Place de MUNA. C’est ce que j’ai fait juste après.

Menu Automne Astral

You’re just as sane as I am : Saga tomes 1 à 9 de Brian K. Vaughan et Fiona Staples

femme lisant la BD Saga de Brian K. Vaughan et Fiona Staples devant un buisson de roses

J’ai commencé à lire cette BD en librairie. Quoique n’étant pas mon style, les dessins sont beaux et correspondent parfaitement à l’ambiance. Alors qu’une guerre intergalactique fait rage, deux soldat·es de camps ennemis tombent amoureuxses et ont une fille, qui raconte leur histoire.

J’ai repris ma lecture en retrouvant le tome 1 dans ma bibliothèque, et malgré cette relecture, j’ai eu beaucoup de mal à identifier les différents camps, j’oubliais sans cesse les différentes allégeances.

Les personnages sont complexes, et de race, genre et sexualités variés. Je me suis beaucoup attachée aux chasseurses de prime qui veulent tuer les parents et leur fille et je trouve ça génial de ne pas savoir qui je veux voir gagner ! Les morts – nombreuses – sont également très bien faites, j’étais triste même pour les personnages que je connaissais à peine. Cependant, il y a aussi plusieurs fausses morts qui réduisent le suspense.

Les romances aussi sont assez inégales : autant j’ai aimée celle entre la grand-mère et l’écrivain, autant j’étais perplexe face à d’autres.

Cette série n’est malheureusement pas terminée, et j’attends la sortie du tome 10…

Rêverons-nous de moutons électriques : On est tous faits de Molécules de Susin Nielsen

femme lisant On est tous faits de Molécules de Susin Nielsen

Le résumé ne m’avait pas particulièrement motivée : il promet une histoire prévisible de famille recomposée où la « peste » (Ashley) apprend à être gentille et le « nerd » (Stewart) à se faire des ami·es... et c'était exactement ça.

J'ai toutefois passé un bon moment. Il n'y a pas beaucoup de suspense, et j'ai eu du mal avec le personnage d'Ashley au début. Mais Stewart est cool, et on entre peu à peu dans l'histoire. J'ai trouvé les pensées d'Ashley par rapport à son copain Jared bien écrites, on sent la pression sociale et la présence de la culture du viol.

Songe d’une Nuit d’Automne : Et ils Meurent tous les deux à la Fin d’Adam Silvera

femme en noir et blanc lisant Et ils Meurent tous les deux à la Fin d’Adam Silvera, le roman est en couleurs

Je n’aime pas les histoires qui finissent mal. Je n’avais donc pas particulièrement prévu de lire ce roman, mais je l’ai vu à ma bibliothèque et l’univers m’intéressait : dans notre futur, l’agence Death-Cast est capable de prédire la mort des gens et les prévient à minuit pour qu’ils puissent profiter de leur dernière journée.

Je m’attendais à ce que Et Ils Meurent tous les Deux à la Fin explore les implications morales de Death-Cast : est-ce que savoir qu’elles vont mourir provoque la mort des personnes, puisqu’elles agissent différemment ? Et si les futurs morts en profitaient pour commettre des crimes ?

Ces thèmes sont à peine abordés : on se concentre sur la dernière journée de Rufus et Matéo, deux jeunes qui se rencontrent grâce à une appli.

L’histoire est mélancolique sans tomber dans le drame. J’avais un peu peur que la romance paraisse forcée, puisqu’elle a lieu en vingt-quatre heures, mais j’avais aimé le réalisme de la romance dans Pourquoi Pas Nous ? , et j’ai eu raison de faire confiance à l’auteur : la relation de Rufus et Matéo est avant tout une nouvelle amitié, et la potentialité de plus. J’ai compris leurs sentiments et l’impact de leur mort imminente dessus, et, même si j’aurais pu m’en passer, ça ne m’a pas paru forcé. L’amitié et la famille est au cœur du récit, ce qui m’a beaucoup plu aussi.

En revanche, le roman manque de tension, et je pouvais le reposer sans difficulté. Le seul suspense concerne la manière dont ils vont mourir, mais on ne s’en préoccupe pas avant le dernier quart. La fin est d’ailleurs brillante, tout était là pour qu’on devine – mais je ne l’avais pas vu venir – et c’est plutôt subtil.

Je m’attendais à être dévastée, mais il y a beaucoup d’espoir dans le ton, et l’histoire se concentre sur le positif. Les personnages ont surmonté leur peur de la mort, et moi celles des fins tristes !


Et voilà pour le Pumpkin Autumn Challenge ! Je suis contente de l’avoir réussi, et il me motivait bien pour lire : je me forçais à quitter mon ordi et à avancer dans mes lectures. Je pense que je préfère quand même les week-ends à 1000, qui sont plus courts et plus libres.


TW Emma, sa Cousine et moi : dans le livre se trouve une adresse mail pour demander des TW détaillés, ce que je trouve génial !

TW Dysfonctionnelle : traumatisme, internement en hôpital spécialisé, drogue, grossophobie, mégenrage, pression sexuelle

TW Love is Love : meurtres homophobes et transphobes

TW Saga : morts

TW On est tous faits de Molécules : tentative de viol

TW Et ils meurent tous les deux à la fin : agression


Pumpkin Autumn Challenge 2019 – Bilan – Partie 1

Mon tout premier challenge à thème se termine ! Il s’agit du Pumpkin Autumn Challenge, créé par Guimause, durant lequel 4 menus comptant plusieurs catégories sont proposés.

J’avais peur de ne pas le réussir, puisque je n’arrive pas à me forcer à lire des romans. J’ai donc lu les livres que je voulais, en espérant qu’ils entrent dans les thèmes, et je vais vous présenter une lecture pour chaque catégorie.

Menu Automne Frissonnant

Tu n’en reviendras pas ! Révolution avec une Vampire de Lizzie Crowdagger

femme lisant sa liseuse en contrejour devant une fenêtre

J’ai eu du mal à remplir cette catégorie, n’étant fan ni d’horreur ni de vampires… mais comme j’aime la fantasy, j’ai bien fini par tomber sur des vampires, et parmi tous ces romans-là, mon préféré est Révolution avec une Vampire de Lizzie Crowdagger, que j’ai commencé dans le métro. Ce n’étaient pas les meilleures conditions de lecture, surtout que je ne suis pas très portée sur les nouvelles : elles ne font que gratter la surface des personnages et ne me transmettent aucune émotion.

Celle-ci m’a souvent évoqué un résumé : on découvre la vie de la révolutionnaire vampire et trans Léna à travers son interview avec un journaliste, qui pose les bases de cet univers futuriste où vampires et humains se déchirent. C’est un univers très prometteur, avec de nombreux points évoqués sans être éclaircis, propice à une longue série plus qu’à une histoire de 26 pages.

La chute est bien trouvée et j’ai passé un bon moment… mais c’est trop court !

Les Os/Eaux de Davy Jones : La Sirène et la Licorne d’Erin Mosta

Entre des rochers, dans la brume, femme en sarouel coloré lisant La Sirène & La Licorne d'Erin Mosta

J’ai eu envie de lire ce roman dès que j’ai vu sa couverture. Je ne savais même pas de quoi ça parlait ! Le temps que je le trouve, j’ai eu de plus en plus d’échos qui m’ont motivée à le lire.

Dès le début, le mystère plane sur l’intrigue. La narratrice, Lili, a un style très direct, voir brusque, elle nous dévide toutes les informations à son sujet en un paragraphe… mais elle garde sous silence la raison pour laquelle elle doit quitter sa maison.

Lorsqu’elle arrive chez sa tante, l’ambiance mystérieuse s’épaissit. Elle habite dans une vieille maison en ruines, et la nuit, Lili entend d’étranges bruits… A cela s’ajoute l’atmosphère mystique de la côte océanique, avec ses îles abandonnées et ses légendes de fantômes. Pour être allée dans cette région, je peux dire que les descriptions sont réussies !

Le roman a aussi un côté très joyeux et mignon : j’adore le fait que Lili soit fan de maquillage sans pour autant être décrite comme superficielle. Sa relation avec Cris est douce, et, alors qu’elles s’attachent très vite l’une à l’autre, je n’ai étrangement pas trouvé que c’était trop rapide. Sans doute parce que leur romance est basée avant tout sur l’amitié.

C’est toutefois le côté mystérieux de toute l’histoire qui m’a le plus charmée : le secret de Lili, le secret de Cris, le secret de la tante… ma curiosité était titillée tout au long du roman !

Les Freaks, c’est chic : Wonder de R.J. Palacio

Dans un lit avec une couverture orange, femme lisant Auggie & moi de RJ Palacio

La première fois que j’ai commencé à lire ce roman, je me suis arrêtée au bout d’une page, car ça commençait par " Je ne suis pas un garçon de dix ans ordinaire, c’est certain ", et que je trouve ce genre d’accroches trop… accrocheuses, justement.

Puis j’ai emprunté un livre spin-off de Wonder et j’ai songé que peut-être, il serait utile de lire l’original avant de me lancer dans celui-là.

On suit le jeune Auggie, défiguré, qui entre pour la première fois à l’école. Il se fait des amis tant bien que mal… c’est lui qui raconte l’histoire, et son style narratif est très attachant. Puis… on change de narration : on a le point de vue de sa grande sœur.

J’ai eu peur durant les premiers chapitres : je ne voulais pas que les deux situations soient comparées. Mais ce n’est pas du tout la direction prise par le roman. D’autres personnages prennent aussi la parole – même si c’est Auggie qui a le plus de narration – et on nous montre leurs problèmes, pour les comprendre et non pour les plaindre.

C’était une lecture agréable, avec un personnage principal prenant et drôle, et d’autres qui ont gagné mon affection.

Menu Automne Enchanteur

Down By the Sally Garden : Will et Will de John Green et David Levithan

femme en robe tricotée à rayures bleues lisant Will et Will de John Green et David Levithan devant un mur de crépit

Même si l’édition tente de nous le faire croire – la 4e de couverture n’évoque que John Green et sa biographie est bien plus longue – ce roman n’a pas été écrit que par John Green : c’est une collaboration avec David Levithan. Il y a deux personnages qui narrent chacun leur tour, et ils portent le même nom : Will Grayson et will grayson.

Malheureusement, ce n’était pas du tout mon style d’histoire. Certes, la romance est peu présente – quoi qu’il y en ait deux – ce qui n’est pas pour me déplaire, mais l’ambiance était trop mélancolique à mon goût. De plus, ça alternait trop entre des passages que je trouvais géniaux et d’autres qui m’agaçaient.

Le meilleur ami de Will, Tiny, « très très gros et très très gay », réalise la comédie musicale de sa vie. J’ai adoré le spectacle final, et Tiny est mon personnage préféré – même si j’aurais aimé qu’il ne force pas Will à être en couple.

J’ai aimé la relation entre sa mère et will, et les passages avec son « amie » maura, quoique douloureux, étaient bien faits. En parallèle, je lisais un autre roman avec des remarques telles que « t’es trop stressé, tu devrais tirer un coup », alors j’ai particulièrement apprécié que will dénonce la stupidité de ce genre de commentaires.

Mais la romance entre Will et Jane m’a déplu. Je sais qu’il y a des ados qui s’identifieront à l’hésitation de Will et se réjouiront de le voir la surmonter, mais moi, je me suis plus identifiée au message de « quand ton ami se met en couple, il va t’abandonner alors il faut que tu sois en couple aussi » et je n’ai pas trouvé ça franchement réjouissant…

Mon voisin le Kodama : Lumberjanes tome 1 de Shannon Watters, Grace Ellis, Brooklyn A. Allen et Noelle Stevenson

femme en débardeur, chemise et casquette lisant la BD Lumberjanes

J'ai eu du mal à rentrer dans cette BD, je trouvais les personnages caricaturaux – la survoltée, la sérieuse, la sportive, la féminine, etc – et les dessins très différents de ceux de la couverture, ce qui m'a prise au dépourvu.

Mais c'est une histoire fun, qui repose surtout sur l'amitié, ce qui me change agréablement des romances omniprésentes. J’ai hâte de lire les tomes suivants !

Misty Day : The Wicked + The Divine de Kieron Gillen et Jamie McKelvie

personne en chemise rose lisant The Wicked + The divine de Kieron Gillen et Jamie McKelvie devant un tag coloré

On m’avait beaucoup recommandé cette BD, et comme la couverture en jette, j’étais motivée en commençant ma lecture. J’ai toutefois eu du mal à rentrer dedans : j’aime les histoires claires, et celle-ci, avec tout son mysticisme et son mystère, était à la limite de ce que je peux apprécier. Ça se passe dans notre univers, avec des chanteurses considéré·es comme des divinités, et qui ont des pouvoirs magiques. On suit l’histoire d’une fan qui rencontre la génialissime Luci. Et heureusement que Luci était là pour m’enthousiasmer ! C’est d’ailleurs pour ça que j’ai moins accroché à la suite, où elle est moins présente, et que j’ai arrêté au tome 2… L’histoire est cool mais un peu trop floue pour moi !

Prenez Garde aux Souliers Pointus : Fleur du désert de Waris Dirie et Cathleen Miller

femme en robe à fleurs lisant Fleur Du Désert devant une route

Enfin, j’ai lu un des romans laissés chez mes parents – c’est la malédiction des bouquins que je laisse là-bas : comme je n’y vais qu’occasionnellement, je n’ai pas le temps de les lire. Une autobiographie, ce qui me remplit rarement d’excitation à l’idée de commencer ma lecture, ayant toujours eu une préférence pour la fiction.

Le début ressemblait plus à une liste d’évènements. Puis je me suis attachée à la narratrice, Waris Dirie, une jeune Somalienne fuyant sa famille nomade pour échapper à son mariage. J’aimais beaucoup sa force placide, sa manière de se lancer et d’aborder un problème après l’autre, sans s’inquiéter de l’avenir.

On suit son parcours de domestique à mannequin, la présentation de son travail est bien loin des clichés glamour et superficiels. La chronologie fait des allers-retours qui, une fois n’est pas coutume, ne m’ont pas perdue. J’avais cependant souvent envie de lire la suite, et étais frustrée de repartir en arrière.

La dernière partie rejoint le présent et la lutte de Waris Dirie contre la FGM (Female Genital Mutilation). Plusieurs chapitres, au cours du roman, étaient consacrés au récit de son excision et de ses conséquences. C’est très graphique et je comprends l’intention d’horrifier, mais j’ai lu en diagonale le passage de la mutilation.

J’ai été très surprise, à la fin, de me rendre compte que ce roman date de 1998 : la narration, les sujets abordés et les revendications féministes me paraissent très modernes ! Et hélas toujours d’actualité…

 

J'ai l'impression que certaines de ces lectures remontent à une éternité ! En même temps, le challenge dure trois mois... La suite de mes lectures dans la partie 2 !

 

TW Wonder : harcèlement, agression

TW Will et Will : Dépression, pensées suicidaires

The Wicked + The Divine : violence

TW Fleur du Désert : tentatives de viol, mutilation génitale graphique

 

Le Chœur des Femmes

de Martin Winckler


TW : mention de violences gynécologiques


femme en manteau multicolore lisant Le chœur des Femmes devant un mur rose

On m’avait beaucoup conseillé ce roman, mais je n’avais pas particulièrement envie de le lire : quand on me disait que ça dénonçait les pratiques médicales françaises, j’imaginais un texte froid, avec des phrases compliquées, le genre de bouquins qu’on qualifie d’intéressant mais qu’on n’éprouve aucun plaisir à lire. Une personne de plus m’a encouragée et j’ai franchi le pas : je l’ai mis sur ma liseuse et je l’ai commencé.


J'ai découvert le docteur Atwood, interne qui ne s'intéresse qu’à la chirurgie, mais se retrouve dans un service proche des patientes et apprend à les respecter. Heureusement, je connaissais le concept, parce que le roman est tout sauf froid ! Le premier chapitre est révoltant, Jean Atwood a des pensées odieuses, et si je n’avais pas su que ça allait changer, j’aurais arrêté ma lecture.

Le style m’a aidée à continuer, il est rempli d’émotions, toute la complexité du personnage de Jean Atwood est mise en valeur, les phrases s’enchainent, s’enfilent, fluides comme des pensées, et avant que je ne m’en rende compte, j’avais dépassé la page 100. D’habitude, je restreins l’utilisation de ma liseuse aux transports, mais là, j’avais trop envie de lire la suite, et j’ai continué à l’intercours, puis chez moi…

Il y a quelques longueurs, notamment le chapitre où on lit les questions du site web d’aide gynécologique : je me suis lassée au bout de la dixième et il y en a bien plus. La romance était sans intérêt, mais occupe peu d’espace, tout comme la relation entre Jean et son père que j’ai trouvée maladroite. L’incident avec la patiente X m’a paru superflu. Mais le reste était tellement bien… j’ai terminé ce pavé en deux jours.


L’histoire et les personnages sont prenants, et, au passage, on en apprend beaucoup. Alors bien sûr, j’étais déjà informée des violences gynécologiques en France, mes ami·es m’avaient résumé leurs rendez-vous, j’étais allée à une conférence, et je savais qu’un·e gyneco correcte envers une femme hétéro et blanche peut être raciste ou homophobe, ce qui rend les visites plus violentes encore pour de nombreuses personnes.

Mais il y a une différence entre savoir et vivre, et Le Chœur des Femmes nous fait ressentir toute cette violence, toute cette oppression exercée par le corps médical – notamment sur les personnes intersexes. C’est une chose de savoir que les gynécos ne nous informent pas et manipulent notre corps sans prévenir, c’en est une autre de ressentir la peur et la douleur d’un personnage.


Le roman n’est pas pour autant un condensé d’horreur propre à alimenter les cauchemars, puisque l’empathie prévaut : Jean travaille dans un cabinet qui condamne les pratiques répandues et propose des consultations respectueuses. Les pensées des différents personnages s’entremêlent pour former un groupe solidaire et uni. Loin de l’exposé clinique que je redoutais, ou d’un portrait horrifiant, c’est un roman chaleureux rempli d’émotions, dénonçant la barbarie des pratiques gynécologiques ayant encore cours aujourd’hui en France.


TW : violences médicales, mutilation et mort d’une personne intersexe, mention de viol, IVG

 

Non, c’est Non

Petit guide d'autodéfense à l'usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire


d'Irene Zeilinger


femme en chemisier bordeau aux épaules découvertes lisant Non c'est Non d'Irene Zeilinger dans sa cuisine

Hier, j’ai publié un article à l’occasion de la journée contre les violences faites aux femmes. Les romans que j’y chronique dénoncent la culture du viol et proposent des solutions collectives, militantes, mais je voudrais aussi proposer un ouvrage donnant des solutions individuelles.


Alors que j’étais en Allemagne, on m’avait envoyé le site où cet ouvrage est disponible en ligne et j’avais lu le début. Mais dans l’impossibilité de mettre un marque-page, j’ai abandonné très vite...

Neuf mois plus tard, j’étais en France, alors la même personne a pu me prêter la version papier. J’ai commencé à lire alors que j’allais à un repas entre ami-es, dans le RER C. Qui, comme tous les vendredis soirs où je le prends, a eu des problèmes de circulation : j’ai donc eu le temps de bien avancer.


J’avais peur que cette lecture soit morne ou sèche. C’était mon préjugé sur le militantisme : c’est sérieux, alors on n’a pas droit à l’humour et la fantaisie. Quand on combine ça à un ouvrage non-fictif sur l’autodéfense féminine, on peut s’attendre à une lecture difficile, certes intéressante, mais passionnante ? Pas vraiment.

Sauf que c’était passionnant. Le style est facile à lire, je me reconnaissais dans les descriptions des « femmes » en générales, de l’éducation qu’ont reçue les assignées femme… d’ailleurs, c’est un de mes seuls regrets par rapport à cet ouvrage : je pense qu’il pourrait aussi beaucoup aider les mecs trans et les personnes non-binaires, pas juste les femmes.

Peut-être est-ce l’écrivaine en moi, mais j’adorais voir décortiquée l’éducation genrée et ses conséquences sur nos réflexions et actions.


L’ouvrage est séparé en différentes parties, chacune abordant une forme d’auto-défense différente. Lorsque je suis descendue à mon arrêt, j’avais dépassé le tiers, et, entre autres, les exercices conseillés pour entrainer son mental. J’en ai parlé toute la soirée à l’amie qui m’accueillait pour la nuit, et ai poursuivi ma lecture sur le trajet du retour.

C’est là que je me suis rendue compte d’un problème : c’était trop bien ! Je le dévorais, or, il fallait que je fasse des pauses pour pratiquer les exercices, et aussi pour que le texte rentre, que je m’en imprègne. Je me suis donc forcée à arrêter, à prendre un autre livre.

Pour être honnête, je n’ai pas trop fait mes exercices. Mais au moins, quand je me promenais seule la nuit, je me rappelais la distinction entre peur et angoisse, et ça m’a permis de supprimer cette dernière.

Un mois plus tard, il fallait quand même que je le rende, et j’ai lu la suite d’une traite. Elle est tout aussi passionnante, tout aussi utile. Je sais que je relirai cet ouvrage…

 

Une Fille Facile et Nous les Filles de Nulle Part

de Louise O'Neill et Amy Reed respectivement

femme en nuisette lisant une fille facile allongée sur du goudron

J’ai lu Une Fille Facile d’après les conseils de Sita Tout Court. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça ne fait pas rêver... J’ai commencé dans le métro, alors que je revenais d’un club de lecture. J’ai eu tout juste le temps de découvrir que la narratrice, Emma, était une peste superficielle, puis ma liseuse a freezé. Impossible de tourner la page. Ce n’était pas dramatique, j’ai réfléchi à mes propres histoires, mais j’étais un peu contrariée.

Ce que j’aime dans les romans, ce sont les personnages. Là, Emma est égoïste, méchante, arrogante… et c’est ce qui rend toute l’histoire intéressante. D’avoir de la compassion pour elle, même si on la déteste. Le titre anglais, Asking for It, représente parfaitement le roman : Emma est violée par quatre de ses camarades de classes, et tout le monde va considérer qu’elle est fautive. La fin est vraiment intéressante, à l’image du roman, et l’autrice explique ses choix en conclusion. C’est loin d’être une lecture agréable, surtout quand on sait que c’est la réalité. Bien que fictive, Emma existe, et la société dans laquelle elle vit, c’est la nôtre…


femme en tenue colorée lisant NOus les Filles de Nulle Part devant des affiches militantes

Nous les Filles de Nulle Part, sur un thème semblable, est beaucoup plus plaisant à lire. La première comparaison qui me vient à l’esprit, c’est La Lune est à Nous : un sujet dur, violent, mais les personnages s’unissent pour lutter et le courage et la solidarité sont au cœur du roman. Grace emménage dans la chambre d’une fille qui a déménagé suite à son viol – car c’est elle qui a été tourmentée, et il n’y a eu aucune conséquence pour le coupable. Grace et ses deux nouvelles amies vont fonder un groupe militant, les Filles de Nulle Part, rassemblant toutes les élèves du lycée pour lutter contre la culture du viol dans leur établissement.

Je l’ai lu en camping avec ma famille, avançant dès que j’avais une seconde de disponible, prise par l’histoire, par les personnages si nombreux et attachants, dont l’histoire personnelle est également explorée.

Cette quantité de personnages permet de présenter des points de vue très variés – là où Une Fille Facile se concentrait sur les filles blanches cishétéro de classe moyenne, on a ici des filles grosse, racisée, lesbienne, autiste asperger dans les personnages principaux. Ça amène de nombreuses confrontations d’opinions. Il n’y a que le débat sur la nature masculine qui m’a déçue : alors que d’habitude j’aime quand les arguments sont présentés par des éléments scénaristiques et non par des discours – c’est plus subtil – dans ce cas-là, j’aurais aimé plus de dialogues. Certaines filles lâchent que « ce sont des hommes, c’est dans leur nature », et pas mal d’hommes affirment la même chose. Il y a peu de contre-arguments, le seul dont je me souvienne est « si tu ne crois pas que les gens puissent changer, pourquoi tu te bats ? ». Le scénario met en évidence que ce n’est pas l’opinion du livre, mais j’aurais aimé que ce soit plus explicite.

Je regrette aussi que la fille trans n’ait que deux paragraphes de présence – les retirer ne change rien à l’intrigue. Il était nécessaire de l’inclure pour rappeler que les filles ne se réduisent pas aux filles cis, mais j’aurais aimé qu’elle ait plus de rôle.

La fin m’a paru irréaliste, mais j’étais surtout contente que ça se termine bien !


J’ai adoré ce roman, bien plus agréable à lire qu’Une Fille Facile, même s’il y a des descriptions de viol. C’est une histoire encourageante, et qui ne se résume pas à ses arguments ! Le mot de la fin m’a rapprochée de l’autrice, qui parle de ses relecteurices, de ses recherches, et liste ses sources. C’est la démarche que je souhaite avoir, et je suis heureuse qu’elle donne un aussi bon résultat.


TW : viol

 

Ciel tomes 1&2

de Sophie Labelle

Personne avec un t-shirt proton to electron says be positive ! lisant Ciel tome 2 sur un agrès d'aire de jeu

Etant une grande fan des comics de Sophie Labelle, lorsque j’ai vu que Ciel tome 2 : Dans toutes les Directions sortait bientôt, j’ai cherché à me procurer le tome 1, Ciel : Comment Survivre aux Deux Prochaines Minutes. Mais il semblait être en rupture de stock partout… alors j’ai acheté le tome 2.

J’ai eu un choc en voyant ce roman. Justement pour ça : c’est un roman. Ayant lu toutes les pages de BD publiées sur le tumblr de Sophie Labelle, ainsi que 4 de ses BDs que j’avais commandées, je pensais que Ciel tomes 1&2 seraient des bandes dessinées aussi… et je me suis retrouvée avec un roman entre les mains.

J’ai commencé à le lire et j’ai été d’abord perturbée par l’utilisation du pronom elle et par les accords au féminin pour le personnage principal, Ciel. Ciel explique que le pronom iel – un pronom ni féminin, ni masculin – n’est pas assez répandu, et que ce serait trop de travail de le faire accepter par l’école. Ce qui est, hélas, très crédible. Mais dans la BD, iel utilise l’écriture inclusive pour parler d’ellui… J’imagine que le roman avait une visée plus réaliste.

De plus, alors que la BD utilise l’écriture inclusive pour les pluriels de groupe, ce n’est pas le cas ici. On a cependant un personnage non-binaire, Maël-le, utilisant le pronom iel et l’écriture inclusive pour ses accords.

En commençant avec le tome 2, j’avais peur d’être un peu perdue, mais comme je lis aussi l’histoire en BDs, je n’ai pas eu le moindre problème de compréhension. Stéphie et Ciel sont incroyablement chouettes, les quelques personnages que je ne connaissais pas étaient super cool aussi. C’est une histoire toute choupi, Ciel réalise un projet pour l’école tout en se rapprochant de son crush et en participant à une campagne pour présider l’association LGBT de son école. Même si c’est un roman pour enfants, les idées sont nuancées – par exemple, le président actuel de l’association est problématique et hélas très réaliste.

Et la fin… pas de spoil, mais ça m’a parlé côté romance. Je me suis reconnue dans les paroles de Liam, et ça, c’est rare…


Sitôt le livre refermé, je suis partie à la recherche du tome 1 !

La situation n’avait cependant pas changé : il était introuvable dans les commerces. Mais, six mois plus tard, j’ai déménagé, et dans la bibliothèque du centre LGBTI, je l’ai aperçu dans les rayonnages…

Les premières phrases sont accrocheuses, et je me suis plongée dans l'histoire. Bien sûr, je connaissais déjà certains développements, mais c’était intéressant de voir les évènements qui avaient amené la situation telle qu’elle était au début du tome 2. J’adore quand Ciel parle de ses relations sociales : je m’y reconnais beaucoup. Et son amitié avec Stéphie est géniale.

J’ai cependant eu l’impression qu’il ne se passait pas grand-chose, peut-être parce que je connaissais déjà l’histoire. Le roman est très court et il n’y a pas de place pour beaucoup d’action. Je trouve donc que les deux tomes se complètent bien, car sans le deuxième, il manque quelque chose au premier.


L’histoire est facile à lire et très sympathique, nuancée, et avec des personnages attachants. Un moment de bonne humeur !

 

Week-End à 1000 – Bilan Novembre

Ma deuxième participation au Week-end à 1000 – challenge créé par Lili Bouquine qui consiste à lire 1000 pages en un week-end – était plus organisée que ma première, et pourtant, elle est vite partie en vrille.

J’avais choisi trois romans à lire, qui me faisaient les 1000 pages de justesse – 1026 en comptant les remerciements des autrices ! – et vendredi soir, j’ai commencé Un si Petit Oiseau de Marie Pavlenko (395 pages).


femme en gilet bleu lisant Un si Petit Oiseau dans l'herbe

J’avais lu Tu es Mon Soleil il y a deux ans, et j’avais adoré l’écriture, raison pour laquelle j’ai emprunté Un Si Petit Oiseau. Vu le titre et la couverture, très semblables, je pensais que l’histoire serait similaire et se servirait du succès du roman précédent, sans chercher à innover. Je me suis bien trompée : la seule ressemblance est que le style d’écriture est magnifique, doux et poétique.

Lorsque je prends un livre au hasard, le personnage principal est toujours blanc, cis, hétéro et valide. C’était donc une surprise agréable que de découvrir que l’héroïne, Abi, est handicapée. Elle a perdu son bras droit dans un accident de voiture, et se révolte de sa perte d’autonomie, du regard des gens. Jusqu’à ce qu’elle reçoive La Main Coupée de Blaise Cendrars, écrivain amputé de sa main droite durant la première guerre mondiale.

C’est cet évènement qui m’a plongée dans le roman, car je sais ce que c’est que d’avoir l’impression de sortir du lot, et, soudain, de lire un livre écrit par une personne comme soi. Abi va peu à peu renouer avec sa vie, ses rêves, sa famille et des ami·es. C’est doux, calme sans être ennuyeux, et on se sent totalement dans la peau du personnage.

Je suis valide et je ne sais donc pas si c’est une bonne représentation – il y a un point qui m’a laissée dubitative – mais c’est une belle histoire qui ne tombe pas dans le pathos.


femme avec un t-shirt asymétrique lisant l'Estrange Malaventure de Mirella devant des sapins

J’étais tellement passionnée que j’ai terminé Un Si Petit Oiseau le soir même, et j’étais convaincue d’être bien partie dans le challenge. Que nenni !

Samedi matin, j’ai commencé L’estrange Malaventure de Mirella de Flore Vesco, une réécriture du conte Le Joueur de Flûte de Hamelin. J’adore les réécritures de conte, et les jeux de mots des premiers chapitres étaient prometteurs. Le maire de Hamelin a mis en place l’eau courante dans son village moyenâgeux, et il s’agit donc… d’orphelin·es portant l’eau en courant ! Mirella en fait partie. Peu à peu, on remarque des évènements étranges : les rats sont plus nombreux, Mirella invente des chansons, discute avec des lépreuxses… Mais c’était lent à se mettre en place, et le style exagérément désuet, quoique très rigolo – à grand coups de moult et iceux – m’empêchait de rentrer dans l’histoire. J’ai abandonné à la page 94.


femme en débardeur noir lisant La fille qui n'existait pas

Déçue et ne sachant pas ce que j’allais lire à la place, j’ai enchaîné avec La Fille qui n’Existait pas de Natalie C. Anderson (415 pages). La jeune Tina mène avec son meilleur ami et son gang le cambriolage de la propriété la plus protégée de la ville. Son but est de se venger de l’homme qui a tué sa mère…

J’ai lu en pointillés tout l’après-midi – je le passais avec des ami·es, mais je voulais vraiment savoir la suite – et le soir, je ne l’ai plus lâché. Tina est attachante et j’étais de tout cœur avec elle, les autres personnages sont cool aussi, le scénario est tendu et rempli de suspense. Le contexte politique autour est intéressant, j’ai beaucoup appris sans m’en rendre compte, prise par l’histoire. Tellement prise que je n’ai même pas essayé de deviner la suite, et que j’ai été étonnée par les révélations et retournements de situation !

Je me suis couchée bien plus tard que prévu pour terminer, je ne pouvais tout simplement pas m’arrêter avant de connaître la fin.


femme en chemise lisant Paranoïa

Dimanche, pour combler le manque laissé par L’Estrange Malaventure de Mirella, j’ai choisi Paranoïa tome 1 de Melissa Bellevigne (313 pages), un roman que j’empruntais pour la troisième fois – je n’avais pas eu le temps de le lire les fois précédentes. J’étais intéressée par l’aspect psychiatrique de l’histoire : on a le point de vue d’une psy et de sa patiente, supposée paranoïaque et schizophrène. Mais… et si ses hallucinations n’en étaient pas ?

J’ai eu des doutes dès les premiers chapitres : on commence par le point de vue de Lisa, la psy, qui m’a paru incompétente. Je ne connais rien à la psychiatrie, mais quand une patiente enceinte veut mourir pour ne pas accoucher, il me parait peu judicieux de la saluer d’un « ne vous êtes-vous pas attachée à votre enfant ? ». Et lorsqu’on découvre que l’enfant est issu d’un viol, on se rend compte que Lisa ne s’était même pas demandé pourquoi Judy n'en voulait pas. Pour elle, c’est inconcevable, et elle ne se remettra pas en question.

A cause de ce début suspect, je n'ai pas vraiment donné sa chance au roman et je me suis mise à traquer les incohérences. Judy est diagnostiquée paranoïaque mais fait confiance à Lisa au bout de leur troisième conversation. Elle déteste son ami imaginaire, Alwyn, et l’aime le lendemain.

Moi, j’ai continué de le détester. Il est toujours énervé et cherche à contrôler Judy, ce qui ralentissait pas mal l’intrigue, et j’ai fini par sauter tous les paragraphes de débats de type « non, ne fait pas ça » « si, je vais le faire », débats qui constituent plus de la moitié de leurs conversations.

Les révélations étant prévisibles, je n’en pouvais plus d’attendre que les personnages comprennent ce que j’avais deviné et je survolais de plus en plus. Disons que sauter des passages ne m’a pas aidée à rentrer dans l’histoire, et je ne faisais presque plus que lister ce qui n’allait pas.

Le slogan inscrit sur la couverture « L’une est la seule à le voir, l’autre est la seule à la croire » est faux, mais c’est la partie que j’ai aimé du roman. Lisa ne croit pas du tout Judy, et, jusqu’au bout, on ne saura pas laquelle des deux a raison. Cette ambiguïté était très intéressante, et c’est dommage que le reste n’ait pas soutenu cette bonne idée…


Ce fut donc un week-end à 1000 en grand huit, avec des romans géniaux, un qui ne m’a pas assez intéressée, et un dernier qui m’a énervée… au moins, j’ai lu plus de mille pages, combien exactement, difficile à dire vu que j’en ai sautées dans ma dernière lecture !


TW L’Estrange Malaventure de Mirella : tentatives de viol

TW La Fille qui n’Existait pas : viols, tentative de viol

TW Paranoïa : viol, psychophobie, grossesse et accouchement


Aux Petites Heures de la Nuit et Marathon Men

de Flo Renard

femme en tailleur démodé lisant Aux Petites Heures de la nuit dans une cave mal éclairée, une loupe à la main

La première fois que je me suis inscrite sur Twitter, j’ai découvert Flo Renard, qui illuminait mon fil avec ses salutations matinales. Je n’avais jamais lu de roman auto-édité avant, et j’ai commencé par Aux Petites Heures de la Nuit : le titre m’avait séduite. Je n’avais pas encore de liseuse à l’époque, alors c’était sur ordi, dans les transports. Malgré ce support peu optimal, j’ai vite accroché à l’histoire, aux personnages surtout.

On suit Benjamin, un jeune paraplégique qui fait d’étranges rêves dans son centre de réadaptation fonctionnelle. Il y rencontre Léo et Elise – elle donne beaucoup de dynamisme aux dialogues, je l’adore ! C’est une enquête policière avec des éléments paranormaux, un soupçon de romance et pas mal de scènes de vie. Quand ça concerne la fantasy, j’ai toujours du mal avec les romans qui se contentent d’un tout petit peu de magie : on m’a mis l’eau à la bouche, je veux plus ! Du coup, même si j’ai aimé Aux Petites Heures de la Nuit, j’ai préféré Marathon Men que j’ai lu juste après. Une fois n’est pas coutume, j’ai adoré les titres de chapitre, à la fois leur format régulier, mais aussi leur légère ironie, comme dans « de l’art de faire un coming out », car le coming out du chapitre en question, n’est… pas vraiment réussi.

Le scénario de Marathon Men ne comporte pas d’éléments paranormaux : on suit la vie de Vic et Gwen à Marseille, tandis qu’ils s’entrainent pour le Marathon, et affrontent leur terrible malchance. Cette malchance était un excellent ressort comique : des situations qui m’auraient frustrée me paraissaient drôles du fait de leur répétition. Et ça n’empêche pas de voir les aspects problématiques des obstacles auxquels font face les personnes handicapées ! Je me suis vraiment attachée aux personnages, on les comprend, on a l’impression de les connaître. La fin m’a paru sortie de nulle part, mais j’étais tellement contente pour eux que ça m’était un peu égal.


femme en t-shirt Le Château Ambulant lisant Marathon Men allongée dans l'herbe

Un an plus tard, j’ai acheté les livres en version papier pour les relire – à cette occasion, j’ai découvert que la marque d’auto-édition inventée par Flo, MM&I, ne signifie pas M/M et Imaginaire comme je l’avais imaginé, mais Me, Myself and I, ce que je trouve absolument génial. J’ai aussi remarqué que toutes les références culturelles étaient expliquées dans les notes de bas de page. Eh oui, il n’y a pas de honte à ne pas connaître tel ou telle artiste, n’est-ce pas merveilleux ?

J’ai commencé par Marathon Men. Comme la dernière fois, je n’ai pas accroché à l’aspect sexuel de leur relation – sans surprise : toutes les rhétoriques de type « aller jusqu’au bout » ou de « passion sexuelle débordante » me laissent perplexe. Je me suis également imaginé une échelle de temps plus étendue pour que leur relation progresse moins vite : les « je t’aime » arrivent tôt, tout comme les plans d’emménagement.

Même si j’aime les coming out qui se déroulent dans la joie et la bonne humeur, j’ai apprécié la demi-teinte, très réaliste, présente dans ce roman, notamment à travers les personnages « homophobes mais pas trop », qui sont en mode « moi ça ne dérange pas du tout que tu sois gay, t’es mon ami, mais si ç’avait été mon frère, là j’aurais été furieux ». Je n’ai pas trouvé ça frustrant, juste réaliste…

 

J’ai ensuite relu Aux Petites Heures de la Nuit, et, surprise, surprise… cette fois-ci, je l’ai préféré à Marathon Men. Je pense que c’est parce que je me souvenais de l’histoire de Marathon Men, alors que les détails de l’enquête policière dans Aux Petites Heures de la Nuit sont plus compliqués à retenir. Et pour être honnête, je ne me souvenais même plus que Ben jouait du violon ! J’ai donc vraiment redécouvert l’histoire, Ben qui arrive aux Épicéas, sa rencontre avec Elise et Léo, les cauchemars qui commencent, le mystère qui s’épaissit au compte-goutte. On est sur tous les fronts : on veut comprendre l’origine des cauchemars, on veut que Ben retrouve son autonomie, on veut assister à la progression de sa relation avec Léo…

J’ai seulement trouvé dérangeant le vocabulaire utilisé à plusieurs reprises par les personnages : « quel connard, faut qu’il se fasse soigner » ou encore « non mais il est cinglé » alors que Ben s’interroge justement sur sa santé mentale… c’est logique : les personnages ne sont pas handicapés de naissance et découvrent tout juste le validisme de la société. Mais ça me faisait grincer des dents…


Les deux romans sont agréables à lire, et tout autant à relire, avec des personnages attachants, des scénarios différents et prenants ! Des situations difficiles sont présentées mais l’humour est aussi au rendez-vous.


TW : phrases psychophobes, violences homophobes

 

Mes Vrais Enfants

de Jo Walton

 

En arrivant dans ma nouvelle ville de résidence, une de mes premières visites a été pour la bibliothèque. J'ai emprunté plein de livres, si bien que j'ai fini par me rendre compte que je n'avais que quatre jours avant de devoir les rendre… Et qu'il me restait quatre romans à lire…

J'ai donc commencé Mes Vrais Enfants avec l'objectif de le terminer dans la journée. L'histoire est facile à lire, et, comme je connaissais le concept, je n'ai pas été perdue au début. Patricia est une vieille femme avec des troubles de la mémoire... mais surtout, elle a le souvenir de deux vies parallèles. Lorsque Mark lui a proposé de l'épouser, dans une version, elle a accepté, prenant le surnom de Tricia. Dans une autre réalité, elle a refusé et est restée Patty.

Les chapitres alternent entre chaque réalité, le jeu sur les surnoms permet de les distinguer facilement. Je me suis identifiée aux deux vies de Patricia, et surtout, au parallèle entre les deux, à l'illusion de ses sentiments pour Mark, à sa passion pour Bee...

 

Les deux réalités sont complexes, l’une d’entre elles paraît plus malheureuse au début, mais d’autres éléments viennent altérer ce ressenti. Les personnages sont géniaux, qu’on les aime ou pas, très réalistes et complets. Mes émotions étaient toujours en phase avec celles de Patty ou Tricia, accompagnant ses hauts, ses bas…

Même si c’était passionnant, ce n’est pas un roman qui se dévore, on a envie de prendre son temps, de le savourer : il s’étale sur toute une vie, ce serait bizarre de le lire en une journée ! Je ne l’ai donc pas terminé le jour-même…

On suit la vie de Patricia de son enfance à sa vieillesse, et, surtout pour la réalité de Patty, ça fait du bien de voir un couple de femmes aller au-delà du premier baiser, et d’observer leur vie jusqu’à leur soixante-dix ans. Ça me rappelle qu'on a un avenir, et pas juste des débuts.

 

J'ai été prise au dépourvu par les différences historiques entre les deux réalités : par exemple, il y a plusieurs bombardements nucléaires dans celle de Patty. Un autre aspect qui m’a déconcertée est la progression du temps. C’est logique, mais ma perception de l’époque est restée bloquée à la seconde guerre mondiale, alors j’étais choquée à chaque fois qu’un ordinateur était évoqué.

Et la fin… elle est triste, frustrante, et géniale. Ça n’aurait pas pu être une meilleure fin, elle conclut ce livre à l’ambiance de vie. Les personnages restent complexes jusqu’au bout. A part Patty et Bee, aucun n’est totalement gentil, totalement méchant, ils ont des qualités et les défauts, et ce sont les défauts qui ressortent plus lorsque Patricia vieillit et qu’elle est traitée avec de moins en moins de respect. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ma grand-mère…

 

C’est un roman prenant avec tellement de petits moments qui brisent le cœur, d'autres qui remplissent de joie. C'est la vie, quoi !

 

TW : mention de viol, relation toxique