Confession : Je lis la fin des livres en avance

personne lisant Nimona de Noelle Stevenson à l’envers

J’entends souvent dire que c’est une chose horrible que de lire la fin d’un livre alors qu’on en est qu’au début ou qu’au milieu. Mais c’est quelque chose que je fais, et depuis longtemps ! Et croyez-moi, ça ne gâche pas la lecture, elle est juste différente.

Mais quoi ? J’ai écrit un article entier pour expliquer que je ne lisais pas les résumés pour ne pas être spoilée, et maintenant, j’affirme lire la fin des romans ? Oui, ça parait paradoxal au premier abord… mais je ne lis jamais la fin avant d’avoir découvert les premiers chapitres. Ce sont ces premiers instants, la découverte des personnages, de l’univers, de l’ambiance, qui me sont précieux.

D’ailleurs, il y a plusieurs œuvres que j’ai découvertes parce qu’on me les a spoilées. Je n’avais aucune intention de regarder Game of Thrones, mais, après qu’on m’ait spoilé tous les retournements de situation des cinq premières saisons, je me suis dit que tout compte fait, ça avait l’air intéressant. De même, j’avais prévu d’attendre la sortie des cinq tomes des Travaux d’Apollon pour les lire – je savais que je ne supporterais pas d’attendre entre les publications – mais lorsque je me suis spoilé un élément clef du tome 3, ça m’a trop donné envie de le lire… et je ne regrette pas. Quand je sais ce qui va se passer, je redoute ce moment, je me demande comment il va avoir lieu… c’était génial !

Il y a différentes circonstances dans lesquelles je lis la fin. La première, c’est quand un livre ne me plait pas et que je veux arrêter. En lisant la fin, j’obtiens la réponse à mes questions et je ne suis pas frustrée d’abandonner ma lecture. De plus, lire la fin est pour moi l’occasion de lui donner une dernière chance : si c’est un point spécifique qui ne me plait pas, comme par exemple, l’absence apparente de plan de l’héroïne, lire la fin me permet de vérifier. Et si j’avais tort, je reprends ma lecture, pas de soucis ! C’est comme ça que j’ai abandonné Captive de Renée Ahdieh, mais aussi comme ça que j’ai continué à lire A Proper Young Lady de Lianne Simon.

Une variante, c’est quand je veux vérifier quelle est la morale de l’histoire. Quand on me présente un personnage super psychophobe, je vais direct vérifier qu’à la fin, le scénario montre qu’il a tort. Sinon, je sais que la lecture sera désagréable.

Je lis aussi régulièrement la fin pour vérifier une théorie. Est-ce que j’ai deviné qui était læ coupable ? Est-ce que j’ai deviné qui était l’intérêt amoureux ?

personne lisant Le chant d’Achille et Percy Jackson en même temps

Parfois, il m’arrive aussi de lire la fin car je frémis trop de suspense. Je veux savoir, je veux savoir ce qui va se passer, et toutes ces pages qui me séparent de la résolution, c’est quand même vraiment trop pénible. Je l’ai fait pour Percy Jackson, je l’ai fait pour Fablehaven, et pour La Parabole des Talents, et pour Prodigy, et pour Red, White & Royal Blue… je crois que je n’ai aucune patience, en fait. J’ai même lu le tome 5 d’Artémis Fowl avant le 4 car c’était insoutenable d’attendre qu’il soit disponible à la bibliothèque. Ma seule déception, lorsque je découvre la solution aux mystères de l’histoire, c’est que je ne saurais jamais si j’aurais deviné toute seule…

Une autre technique est d’aller me spoiler la fin en lisant des avis sur Goodreads ! Je l’ai fait avec If it Makes You Happy et Ship It, mais c’est moins pratique car on risque d’être influencé par l’opinion exprimée.

Et, de temps en temps, je fais une erreur. Ça a été le cas pour Vénéneuses d’Anna Godbersen : comme les trois premiers tomes se terminaient mal, la tension du quatrième était insoutenable et j’ai jeté un coup d’œil à la fin. Et… ça se terminait mal aussi. Souhaitant éviter ces émotions négatives à mon pauvre petit cœur, j’ai abandonné ma lecture. Rétrospectivement, et en ayant discuté avec d’autres, je me demande si cette fin n’était pas heureuse. Si on apprend qu’un personnage qu’on aime meurt, on va partir du principe que l’histoire est triste. Mais peut-être qu’entre-temps, le livre révélait que c’était un traître ?

Souvent, c’est une combinaison de ces éléments. Lorsque j’ai commencé Nimona, j’avais l’impression qu’il y avait de la romance entre Goldenloin et Blackheart. L’histoire me plaisait, je n’ai donc pas vérifié en mode « dernière chance », mais d’un autre côté, si ma théorie avait été inexacte, j’aurais été très déçue. Au point d’abandonner ? Je ne le saurais jamais puisque J’AVAIS RAISON !

J’ai bien conscience que c’est contre-intuitif comme façon de penser – quelques exceptions mises à part, comme Le Chant d’Achille, les livres ne sont pas faits pour être lus en connaissant la fin. Alcatraz contre les Infâmes Bibliothécaires joue avec ça, puisque la dernière page est destinée aux personnes lisant les fins en avance, et affirme que tout le monde meurt dans d’atroces souffrances.

Mais voilà, c’est comme ça. Je ne veux pas qu’on me résume le début, je préfère qu’on me parle de la fin. Plutôt que de me vanter un livre en m’expliquant « au début, il découvre qu’il y a de la magie », dites-moi plutôt « et à la fin, son ami le trahit ! »

Et vous, quelle est votre approche ?

 

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