Chroniquer des livres que je n’ai pas aimés ?

Mon frère m’a récemment fait remarquer qu’à force de ne chroniquer que les livres que j’aime, on a l’impression que j’aime tout ce que je lis. C’est vrai que je sépare mes chroniques en 2 catégories : les chroniques dédiées pour mes coups de cœur, les chroniques dans le cadre de challenges pour les livres que j’ai aimés, ou dont je trouve les qualités importantes. Et je ne chronique jamais ceux que je n’aime pas…

personne en chemise à carreaux lisant un livre noir dans la brume

Déjà, c’est assez rare que je lise jusqu’au bout un roman que je n’aime pas : lire est un plaisir et si le début me déplait, j’abandonne − j’en ai abandonné 11 depuis le début de l’année ! Il est rare que je m’acharne sans raison – c’est arrivé pour Paranoïa de Melissa Bellevigne, que j’ai d’ailleurs chroniqué le lendemain – ce que je regrette. Mais le plus souvent, je ne continue que parce que quelqu’un que j’aime beaucoup me l’a conseillé et que je veux lui faire plaisir…

Mais même dans les cas où je finis ces livres, je n’ai pas envie de les chroniquer. Ou plutôt si : j’ai envie de cracher ma haine pendant des heures, mais je me retiens. Pourquoi ?

En fait, je ne vois pas l’intérêt. Ça défoule, mais ce n’est pas agréable, et je considère ça la plupart du temps comme de la méchanceté gratuite. En plus, je lis beaucoup de livres avec de la représentation, et je trouve ça délicat d’en dire du mal. On a déjà critiqué devant moi un roman dont j’avais apprécié la représentation ace, et les personnes – aces elles aussi – ont descendu le livre en expliquant que la représentation était mauvaise. Ce n’était pas faux, mais c’était le 2e roman avec un personnage ace que je lisais, je m’étais beaucoup identifiée. Lorsque j’ai entendu ces critiques, je me suis remise en question, en me disant que si j’aimais une mauvaise représentation, je n’étais peut-être pas vraiment ace… je ne veux pas faire ça à quelqu’un d’autre. Vraiment pas.

Surtout que, souvent, la représentation, c’est subjectif. Mon attirance envers les femmes est très différente de celle que je vois dans la plupart des représentations, et ça ne signifie pas qu’elles sont mauvaises…

Il y a cependant des livres que je considère comme nocifs. Et c’est très tentant de les dénoncer. De lister tous les romans qui romantisent les relations toxiques ou pire… mais j’aurais l’impression de leur faire de la pub. D’éveiller la curiosité, de donner envie aux gens de vérifier si c’est vraiment aussi grave que ce que je dis – car ça m’est arrivé à plusieurs reprises de vouloir vérifier. Ces livres, je veux juste que le monde les oublie. Et le meilleur moyen pour ça, c’est de me taire, même si j’ai envie de râler.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est très peu probable que j’accepte des services presses : parce que je ne voudrai pas me forcer ni à finir le livre si je ne l’aime pas, ni à le chroniquer.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà lu un roman après une chronique négative ? En écrivez-vous ?

 

Une réflexion sur « Chroniquer des livres que je n’ai pas aimés ? »

  1. Article intéressant quant à savoir comment tu travailles.
    Il est vrai que chroniquer négativement un livre que l’on a pas aimé n’est pas gratifiant (sauf si on a un réel plaisir de le faire) du coup, que tu ne sois pas comme ça, c’est tout à ton honneur.
    Cependant, il y a mille et une manières de chroniquer un bouquin et personnellement, j’essaie de le faire plus de façon objective que dans le  » bien (super bien) ou mal (super mauvais) « , car j’estime que dans tout oeuvre il y a à prendre et à laisser. L’auteur y a mit toute son âme, y a passé énormement de temps et d’énergie… À cela, le livre mérite du respect et puis, comme on dit : on ne peut pas plaire à tout le monde. Il faut de tout. Alors pour éviter d’être déçue, je ne lis pas de genre qu’à la base je déteste. Néanmoins, il faut sortir des sentiers battus (j’aime à m’y risquer, c’est là qu’on est surpris), ce qui fait qu’en bêta-lecture, il m’arrive de lire quelque chose qui n’est pas mon domaine de base, déjà pour aider, mais aussi par curiosité (selon le résumé). Certains me surprenent, d’autres confirment.

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