Poppy et les Métamorphoses

De Laurie Frankel

femme lisant Poppy et les métamorphoses devant une cheminée

J’ai pris un risque avec ce roman : sans l’avoir lu, je l’ai conseillé à une relation pour qu’elle le fasse lire à sa mère : c’est une histoire écrite du point de vue de parents élevant cinq enfants, dont une petite fille trans. On suit le chaos quotidien de leur vie, de sa naissance à ses 10 ans. Ça me paraissait un bon moyen d’aborder le sujet avec la fiction, et on m’en avait dit du bien, mais quand même, conseiller un livre inconnu ? Je n’étais pas tout à fait prête à assumer la responsabilité, alors je me le suis procuré pour le lire aussi.

Pendant les vacances d’été, lorsque je suis allée en camping avec ma famille – sans internet, le drame ! – j’ai eu l’occasion de me lancer, tranquillement posée sur un banc au soleil.

La narration originale m’a tout de suite captivée. Les pensées des personnages sont décrites en toute sincérité, avec une brutalité comique « Penn s’était fixé une règle à l’époque : ne jamais se détourner de quoi que ce soit d’un peu nouveau et potentiellement original, au cas où cela puisse lui servir pour ses écrits futurs. Le fait de sortir avec un docteur qui avait un faible pour les poètes, sous prétexte qu’une parfaite inconnue s’était mis dans la tête qu’entre elle et lui, ça pourrait coller, tout ça cadrait plutôt pas mal avec sa règle. » – soit dit en passant, en tant qu’écrivaine, j’ai une règle semblable, ce qui m’a fait sourire. Et je souriais à toutes les autres phrases aussi, c’était rythmé – je pense par exemple à la scène de l’accouchement tout au début, qui nous propulse dans la vie de cette famille.

La famille nombreuse donne beaucoup d’énergie au récit, les enfants grandissent, ont des soucis tour à tour, et parfois en même temps, même si c’est un récit de quotidien le rythme est toujours présent. Chaque personnage est développé, on a l’impression de vraiment les connaître.

La bienveillance des parents était agréable à lire, tout comme le portrait complexe de la transidentité. A l’époque, je n’avais pas lu tant de romans avec des personnages trans – et je n’en ai toujours pas lu énormément – mais c’est Poppy que j’avais trouvée la plus riche, on se concentre vraiment sur sa personne, ses émotions, et ce sont plutôt ses parents qui réfléchissent au sujet de la transidentité et de sa place dans la société. Il est d’ailleurs clairement montré que c’est la société et non la transidentité qui pose problème. Les parents considèrent les soucis de Poppy de la même manière qu’ils considèrent les difficultés de leurs autres enfants.

Ce récit paisible quoique mouvementé a été interrompu par le commentaire violent d’un passant. Plus tard – ça m’a d’ailleurs moins choquée mais je suis généralement insensible aux décès – la mort d’une femme trans inconnue est décrite.

A part ces deux passages, le roman est très optimiste. J’ai particulièrement aimé le voyage en Thaïlande, qui permet aux personnages de rencontrer d’autres personnes trans, ainsi qu’une culture différente. Sa bonne ambiance générale ne l’empêche pas, en passant, de débattre et de dénoncer – notamment « l’aide » des personnes mal informées, ou l’injonction au passing.

Le mot de l’autrice à la fin explique ses choix, ce que j’ai trouvé utile – et très intéressant de mon point de vue d’écrivaine !

C’est un roman drôle et doux, présentant une famille chouette, dynamique et sincère. J’ai passé un excellent moment, et maintenant je peux le conseiller en toute connaissance de cause !

TW : Transphobie

 

Diversité En Litté

2019 – Partie 1

C’est avec plaisir que j’ai découvert ce challenge organisé par Planète Diversité, qui consiste à lire des ouvrages dont les personnages principaux correspondent aux cases de la grille bingo suivante :

grille bingo avec les cases : Lecture Graphique, personnage principal avec un handicap, romance M/M, intersectionnalité, personnage principal trans, asexualité/aromantisme, lecture commune, personnage principal gros, livre avec un personnage racisé sur la couverture, romance F/F, roman #ownvoice, roman SFFF, livre publié il y a plus de deux ans, Au Choix, personnage principal racisé, livre avec moins de 10k notes sur Goodreads

En me lançant dans le challenge, je l’ai pris à la légère, considérant que je lisais déjà des romans avec des personnes LGBTI+, handi, grosses, racisées… J’ai décidé de ne pas changer mes habitudes de lecture – à part pour la lecture commune – et de voir ce que ça donnerait.

Du début à la fin de ce challenge – c’est-à-dire du 1er octobre au 31 décembre – j’ai lu 90 romans 1, et je me suis amusée à faire une petite statistique dessus. J’ai eu des surprises…

personne lisant Qualia
Qualia under the Snow de Kii Kanna

J’ai commencé le challenge avec Qualia Under the Snow. Je l’ai entamé alors que j’imprimais mon CV, puis quand je photocopiais ma carte d’étudiante. Je n’étais donc pas tout à fait dans l’histoire, et en même temps, être interrompue me donnait envie de lire la suite.

On suit le quotidien d’Aki et de son voisin Umi – oui, il n’y a que peu d’histoire et ce n’est pas trop mon genre de lecture, mais c’est un manga en un seul tome. J’ai eu un peu de mal avec la froideur d’Aki, et n’ai commencé à l’apprécier que lorsqu’il s’attache à Umi. Pareil, son attitude par rapport aux coups d’un soir d’Umi m’a agacée au début. Certes, je savais qu’il était ace, et que lui-même l’ignorait, et c’est cohérent qu’il rejette les personnes ayant de multiples relations sexuelles.

Au Japon, on ne distingue pas attirance romantique et sexuelle, et je trouve ça très intéressant de voir cette manière d’aborder l’asexualité. Bien qu’étant moi-même aroace, je ne m’y reconnais cependant pas beaucoup…

J’étais assez mitigée en première lecture. Il y a des flashbacks et j’avais du mal à suivre les transitions entre passé et présent, et même les ellipses. De plus, la relation des personnages est très ambiguë, et elle ne sera jamais explicitée. Alors que j’aime ce qui est net, clair et précis !

Mais je lis vite, et c’est après avoir refermé le manga que j’ai laissé mes pensées vagabonder, que je me suis imprégnée de l’atmosphère très douce de cette œuvre. J’ai repensé à certains passages qui m’ont vraiment plu. Et en fait, je suis très contente du flou qui entoure leur relation. Parce que certaines de mes relations sont comme ça aussi, c’est juste la vie. Difficile de savoir ce qu’est la romance, quand on n’est pas dans la tête des autres. Et la seule autre option claire que la société nous offre est l’amitié. Alors tout ce qui n’est ni l’un ni l’autre est forcément trouble, et ce trouble est très bien retransmis par le manga.

Cases cochées : Aro/ace, couple m/m, lecture graphique

TW : tentative de viol, victim-blaming

Autres romans aro/ace lus – 4/90 seulement ! :

  • Comment se Comporter comme une Personne Normale de T.J. Klune (chronique ici)
  • Nous qui n’Existons pas de Mélanie Fazi (chronique à venir car j’ai adoré)
  • Boo de Neil Smith, dont la représentation tombe dans le stéréotype « Sherlock » du personnage qui ne comprend pas les relations humaines

Autres romans m/m lus :

  • Le Chant d’Achille de Madeline Miller (Chronique à venir, un des plus beaux romans lus cette année)
  • Comment se Comporter comme une Personne Normale de T.J. Klune (ma chronique ici)
  • Swift et le chien Noir de Ginn Hale (Chronique à venir !)
  • Will et Will de John Green et David Levithan (ma chronique ici)
  • Rock d’Anyta Sunday
  • Dear de Jae Akahone
  • Nimona de Noëlle Stevenson (ma chronique ici)
  • Et ils meurent tous les deux à la Fin d’Adam Silvera (ma chronique ici)
  • Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson
  • Breizh of the Dead de Julien Morgan
  • Cinder de Marie Sexton (ma chronique ici)
  • femme en débardeur rouge lisant A l'abordage devant des rochers
    A l’abordage ! de Kadyan

    J’ai rapporté Qualia Under the Snow à la bibli, et j’ai parcouru les rayonnages… Ça fait sept ans que je travaille le manuscrit d’une histoire de pirates, on pourrait croire que j’ai lu beaucoup de romans sur le sujet ! Mais pas du tout, alors en voyant celui-ci dans les étagères de ma bibliothèque LGBTI+, je n’ai pas hésité avant de l’emprunter, et me suis élancée à l’abordage de ses pages.

    J’ai tout de suite adoré le capitaine Théo, personnage principal du roman. Son meilleur ami, Maluk, est génial aussi, sa présence avait le don de m’apaiser et me faire sourire. L’histoire commence vite : Théo découvre des papiers confidentiels et décide de les vendre aux Français, même si les Anglais feront tout pour les récupérer… et tuer celleux qui les ont interceptés.

    Dans les premiers chapitres, on nous présente un personnage qui a attiré mon attention : l’otage Elisabeth, dame de compagnie courageuse et observatrice. Sa présence trouble beaucoup Théo, et j’ai été perplexe lorsqu’elle a été débarquée. Ne reverrait-on plus le personnage, alors qu’un début de romance se dessinait ?

    Je sais, c’est mal : j’ai lu la fin. Du coup, non, on ne reverra jamais Elisabeth, et je me suis spoilé l’identité de l’intérêt amoureux de Théo. J’étais d’autant plus impatiente d’assister à leur rencontre !

    Et au début, elle était parfaite : les deux personnages discutent, on voit que leurs personnalités s’assemblent bien. Et puis pouf ! C’est la passion dévorante, irrépressible, et les personnages échangent plus de sourires que de paroles durant le reste du roman.

    A part ça, l’histoire est géniale, remplie d’action, d’aventure, exactement ce qu’on attend d’un roman de pirates. Abordages, courses-poursuites, trahisons… Le suspense est toujours présent.

    J’ai dit que j’aimais ce qui était clair, net et précis. Eh bien, le genre de Théo est pour le moins trouble, et je suis mal placée pour le décortiquer. La transphobie intériorisée se mêle à la lesbophobie, Théo enchaine une affirmation et son contraire. Lorsque ses matelots couchent ensemble, aucun problème, lorsqu’une de ses amies lui dit avoir couché avec une femme, pas de soucis… sauf quand elle-même est concernée. Théo pense qu’aimer une femme la rend homme, l’instant d’après, elle se sent homme, se veut homme… La lesbophobie intériorisée est très bien faite, j’espère qu’il en est de même pour le reste. Le seul point que j’ai trouvé dérangeant est que les personnages sont souvent ramenés à leurs parties génitales.

    Cases cochées : Théo pirate les cases ! Alors je le compte pour la case « Au choix », pratique, hein ?

    TW : mentions de viol, description de mammectomie artisanale, transphobie et lesbophobie intériorisées

    Autres romans avec des personnes trans : En tout, j’en ai lu neuf ! Mais il y a ceux où c’est pas très clair (A l’abordage ! ), ceux où c’est très court (Le Fleuve, Culottées, Love is Love, Révolution avec une Vampire, 3 œuvres de Sophie Labelle), et finalement, les chiffres sont peu représentatifs de la quantité réelle de personnages trans que j’ai croisés.

    femme en gilet bleu lisant sauveur et fils devant un fleuve
    Sauveur & Fils tome 5 de Marie-Aude Murail

    J’étais en plein suspense de la lecture participe queer d’Halloween de Meredith Katz, mais quand ma bibliothécaire m’a annoncé qu’elle avait Sauveur & Fils tome 5… je devais le lire, maintenant, tout de suite ! Comment dire ? Cette série est la première que j’ai lue à aborder des thèmes LGBTI+ de front. Alors que je ne m’intéressais qu’à la fantasy, j’ai tout de suite accroché aux personnages, le psychologue Sauveur et son fils Lazare, mais surtout toustes les patient·es qui gravitent autour d’eux. L’ambiance est douce, on passe d’un personnage à l’autre, suivant leurs vies semaine par semaine.

    Du coup, deux ans plus tard, c’est dur d’être objective sur ce tome 5… j’étais tellement heureuse de retrouver l’ambiance douce et les personnages que j’aimais. Mon préféré, Eliott l’écrivain en herbe, a transitionné, ce qui m’a fait très plaisir. Mais justement : pourquoi la narration l’appelle-t-elle Ella-Elliott ? A la limite, il s’agit du point de vue biaisé de Sauveur…

    Au fil de ma lecture, je notais plein de petits détails contrariants. Samuel est entrainé dans un groupe masculiniste, et la problématique est réglée en deux lignes : le père intervient et le sépare de l’influence néfaste. Ça m’a paru artificiel, et caricatural dans l’ensemble…

    Mais le vrai problème, c’est l’histoire de Louise. Elle écrit une œuvre à destination des jeunes ados, pour leur donner les outils dont elle a manqué : informations sur les poils, les règles, les amourettes avec les garçons… Sur les réseaux sociaux, les critiques se déchainent : c’est une œuvre stéréotypée, et surtout, qui présente uniquement la perspective des filles blanches cishétéros.

    C’était intéressant de montrer le point de vue de Louise, qui n’avait pas voulu mal faire, et s’était simplement inspirée de sa vie et de ses deux meilleures amies, espérant aider d’autres jeunes filles.

    En revanche, les critiques n’ont pas bénéficié d’un portrait aussi nuancé. Celles qui critiquent le sexisme de l’œuvre de Louise la traitent de « salope », montrant bien là qu’elles sont elles-mêmes sexistes. L’éditrice fait remarquer que si Louise avait mis des personnages racisés, on lui aurait reproché de prendre une voix qui n’est pas la sienne, et la conclusion, c’est qu’elle ne doit rien changer, et écrire un tome 2.

    Les critiques adressées à Louise sont fondées. La représentation n’est pas une exigence, une lesbienne peut s’identifier à une hétéro, mais on a besoin de personnages qui nous ressemblent, parce qu’à force de se voir nulle part, on finit par se dire qu’on est anormal·e. Si Louise avait écrit un témoignage, il n’y aurait rien eu à reprocher, mais elle adresse son œuvre « à toutes les filles », alors comment doivent se sentir celles qui n’y sont pas représentées ? Inexistantes ?

    Comme Marie-Aude Murail inclut des personnes noires, gay, trans, j’étais convaincue que Louise se remettrait en question dans le tome 6… Espoir brisé lorsque j’ai lu sa tribune : Murail semble convaincue de n’avoir aucun biais et de proposer une représentation parfaite, quoi que les personnes concernées lui disent. Symphonie l’explique mieux que moi dans cet article qui présente l’utilité des Sensivity Readers : une autrice hétéro a le droit de représenter une lesbienne, mais c’est normal de demander à ce qu’elle le fasse bien.

    Plus le temps passe, plus je suis déçue. Est-ce que toute la série était comme ça, et je ne l’ai pas vu ? Ou est-ce juste le tome 5 qui est à côté de la plaque ?

    Cases : personnage racisé, moins de 10k vues sur Goodreads

    Autres lectures avec des personnages racisés :

    • Notre-Dame du nil de Scholastique Mukasonga
    • Sweet Sixteen d’Annelise Heurtier
    • La Tête dans les Étoiles de Jen Wang (ma chronique ici)
    • Le carnet rouge d’Annelise Heurtier (ma chronique ici)
    • Talitha Running Horse d’Antje Babendererde (ma chronique ici)
    • Dysfonctionnelle d’Axl Cendres (ma chronique ici)
    • Fleur du Désert de Waris Dirie (ma chronique ici)
    • La Fille qui n’Existait pas de Natalie C. Anderson (ma chronique ici)
    • Pas tout à fait des hommes de Lizzie Crowdagger : techniquement, il n’y a pas de personnages asiatiques ou noirs, c’est un roman avec des elfes, des nain-es, des démon-es… et c’est une métaphore du racisme en France, qui questionne notamment les pratiques de la police. Bref, je le compte dans cette catégorie.
    • Et ils meurent tous les deux à la fin d’Adam Silvera (ma chronique ici)
    • Citrus de Saburo Uta (ma chronique ici)
    • La Terre Fracturée de N.K. Jemisin
    • Sauvages de Nathalie Bernard
    • Le Secret de l’Amitié de Kawahara Kazune (ma chronique ici)
    • Les Belles de Dhonielle Clayton(ma chronique ici)
      • personne en chemise rose lisant La Belle Eprise devant une haie d'automne
        La Belle Éprise de Karin Kallmaker

        Alors que la salle allait bientôt fermer, j’ai pris ce roman à la va-vite en voyant qu’il contenait un couple lesbien. Mais la couverture et le résumé ne m’inspiraient pas plus que ça, et il a traîné dans ma chambre jusqu’à ce qu’arrive l’heure de le rendre. Je me suis donc empressée de le commencer.

        On était fin novembre, et alors que je m’étais promis d’attendre pour calculer mes stats – histoire de ne pas les influencer – et j’ai été choquée de constater que la catégorie la moins remplie était « perso principal gros », avec 3 livres sur 45. On nous parle si peu de grossophobie que je n’avais pas envisagé que cette catégorie finisse dernière… c’est justement ça, l’invisibilisation.

        J’étais donc très agréablement surprise de découvrir que Marissa, la narratrice, était grosse.

        Cependant, je n’ai pas accroché au style d’écriture. On sent que le roman essaie d’être drôle et léger, et certains passages ont réussi à me faire sourire – les lettres mentales écrites par Marissa – mais le reste est répétitif et plat. Et comme c’est une pure romance, sans le style pour la soutenir, c’est assez dur pour moi…

        J’hésitais à abandonner – ç’aurait été la 3e fois en deux semaines, et ça m’aurait déçue – et là, le roman a changé de point de vue. Jusqu’alors on avait eu celui de Marissa, informaticienne mal dans sa peau, qui survit à un naufrage en compagnie de la belle et drôle Linda.

        En deuxième partie, on alterne entre le point de vue de Linda et Marissa, et comme Linda a un secret, mon envie de lire la suite s’est réveillée. Linda est beaucoup plus intéressante que Marissa, mais tout aussi répétitive…

        J’ai jeté un coup d’œil à la fin pour me remotiver, et si une partie m’a donné envie d’arrêter le roman immédiatement – il semblait que Marissa ait maigri et que ça lui ait permis de trouver l’amour – une autre a réveillé ma curiosité : la relation entre Marissa et sa mère semblait changer drastiquement.

        J’ai donc repris ma lecture… le régime de Marissa occupe la quasi-totalité de ses narrations, mais comme celle de Linda est une critique de l’injonction sociale à la minceur et la beauté, j’avais de l’espoir.

        Espoir déçu. L’histoire de Linda accuse finalement la « folie » de sa mère, Marissa apprend à s’aimer… mais l’épilogue nous la montre quand même enfin mince. C’est parce qu’elle veut s’améliorer en sport, et c’est tout à fait légitime, mais il n’y a aucun contre-exemple – tous les personnages de ce livre sont soit minces sans effort, soit font attention à leur ligne – on a l’impression que le roman est un guide du parfait régime !

        Cases cochées : perso gros, couple f/f

        TW : mutilation non-consentie, grossophobie, psychophobie

        Autres lectures avec des personnages gros :

        • La tête dans les étoiles de Jen Wang (ma chronique ici)
        • Dysfonctionnelle d’Axl Cendres : seulement dans l’enfance de la narratrice (ma chronique ici)
        • Will et Will de John Green et David Levithan (ma chronique ici)
        • Nimona de Noëlle Stevenson (ma chronique ici)

         

        Ce challenge s’étale sur trois mois et c’est à la fois bien pour avoir le temps de beaucoup lire, mais aussi long, car au bout d’un moment, j’ai oublié de partagé mes lectures, de chercher des conseils auprès des autres participant·es… je me suis ressaisie au dernier moment, comme vous le verrez dans la deuxième partie du bilan !

        En avant-première, voici le graphique de la représentation. Je n’ai pas mis toutes les catégories pour qu’il reste lisible, et je vous donnerai plus de détails demain.

        f/f:25; racisé:22; handi:20; m/m:18; rien:18; trans/inter:9; gros:6; aro/ace:4
         


        1 En comptant BD, mangas, albums, romans, même ceux que je n’ai pas terminés, et sans compter les fanfictions

         

    Semaine à Lire – bilan décembre 2019

    J’ai déjà participé à plusieurs Week-ends à 1000 – voici mes chroniques d’octobre et de novembre – et c’est un challenge que j’aime beaucoup. Durant la semaine de Noël avait lieu la semaine à lire, variante plus libre de ce challenge, où il s’agit simplement de lire.

    J’étais très confiante au début, le vendredi, refusant de considérer qu’avec les fêtes de Noël et la présence de ma grand-mère, j’aurais sans doute peu de temps pour lire. J’ai mis sept romans sur ma pile à lire, des romans que j’avais achetés puis laissés chez mes parents. Il y avait pas mal de biographies dans cette pile : j’avais commencé à lire des (auto)biographies en février 2019, avec En nous Beaucoup d’Hommes Respirent de Manie-Aude Murail. Comme je m’y attendais, c’était « intéressant » : j’avais appris beaucoup, j’avais passé un moment agréable, mais je n’étais pas passionnée et j’avais mis du temps à la finir. Toutefois, je me suis dit que je pouvais étendre mes lectures à ce genre, et sur une brocante, j’ai acheté six ou sept (auto)biographies.

    femme en costume beige lisant Manderley Forever devant une rivière et une forêt sauvages
    Manderley Forever de Tatiana de Rosnay

    J’ai commencé avec Une Soupe aux Herbes Sauvages, dont j’ai finalement décroché à cause du style qui ne m’attrayait pas du tout. Sans me décourager, j’ai enchaîné avec Manderley Forever de Tatiana de Rosney. La biographie d’une autrice, comme pour Marie-Aude Murail !

    J’avais aimé le film Rebecca d’Alfred Hitchcock : le début était certes lent, il fallait s’accrocher, mais la tension montait, montait, et la fin était bien trouvée. C’est Daphné du Maurier qui a écrit le roman à l’origine de ce film – ainsi que celui qui a inspiré le culte Les Oiseaux – et j’étais curieuse de découvrir la vie de l’autrice.

    Le style d’écriture n’a rien pour me plaire. C’est descriptif, on ne ressent jamais le point de vue de Daphné, ses émotions sont énoncées comme des faits. Je dis souvent que pour me plaire, une biographie ne doit pas perdre de son attrait quand on lui retire l’aspect « c’est réel ». Ici, ce n’est pas le cas : Si Daphné du Maurier n’avait pas existé, j’aurais trouvé cet ouvrage sans intérêt. Je n’étais pas prise par le récit, et pourtant… je m’asseyais régulièrement pour avancer, jour après jour, après le repas de fête, après la promenade en famille… Daphné est une personne fascinante, envoûtante, même.

    Bien sûr, son processus d’écriture me parle : son inspiration, sa frénésie, son absence dans les conversations lorsqu’elle songe à un nouveau roman, ses recherches… son besoin d’écrire, aussi, mal compris par son entourage. Virginia Woolf explique que pour créer, une femme a besoin d’une chambre à soi et de 500 livres de rente, et que c’est la raison pour laquelle il y a si peu d’autrices : les femmes sont censées s’occuper de leur mari et de leurs enfants, elles n’ont ni le temps ni l’indépendance financière. Daphné a de l’argent, mais le temps ? Personne ne sourcille lorsque son mari part travailler à l’étranger pendant six ans, mais lorsqu’elle veut se prendre deux mois pour écrire – elle a déjà écrit plusieurs romans à succès, Rebecca s’est vendu à un million d’exemplaires – on la traite d’égoïste, on l’accuse d’abandonner ses enfants.

    Daphné parait solitaire, elle néglige ses enfants, redoute le retour de son mari, qu’elle aime pourtant, se déclare amoureuse de sa maison, « Mena », qu’elle préfère aux personnes. D’un autre côté, elle entretien de longues amitiés, téléphone tous les jours à sa sœur… On entre peu dans ses pensées, elle reste distante, mystérieuse, garçonne peu sociable, joyeuse en surface mais qui rédige des nouvelles morbides, terrifiantes. Elle parait presque froide, mais lorsqu’elle s’éprend de Fernande ou d’Ellen, elle déborde de passion, elle en est malade lorsqu’elles sont séparées.

    Les deux sœurs de Daphné sont également attirées par les femmes, cependant, contrairement à elle, elles l’assument : Jeanne vit avec la poétesse Noël Welsch, Angela met en scène des couples de femmes dans ses romans – je suis d’ailleurs curieuse de les lire.

    Les écrits de Daphné sont personnels, mais elle s’identifie aux hommes dans ses récits. Elle a toujours voulu être un garçon, et elle a une part masculine qu’elle nomme Eric Avon. Elle ne s’identifie jamais comme lesbienne ou bi, a cette idée en horreur : pour elle, son attirance pour les femmes s’explique par sa masculinité. Au début, elle est déçue par ses filles, qui ne sont que des filles, et adule son fils. Cet entrecroisement entre identité de genre et identité sexuelle, nourri par les biais homophobes et sexistes de la société, est rendu avec justesse.

    Tout au long du récit écrit dans un style succinct, Daphné reste insaisissable et pourtant saisissante, fascinante et entourée de mystère. Sa personnalité fascine, les brefs résumés de ses œuvres font envie. Et même si elle a toujours voulu se détacher de Rebecca qui lui a accolé l’étiquette romantique et populaire dont elle ne voulait pas – elle qui écrivait des histoires si terrifiantes – c’est sans doute ce roman-là que je lirai en premier.

    femme en costume rouge tenant un parapluie à papillons multicolores, un totebag arc-en-ciel, lisant Contes et Histoires Arc-en-ciel devant une haie
    Contes et Histoires Arc-en-Ciel

    J’avais découvert ce recueil lorsque je m’étais renseignée sur toutes les maisons d’édition de Rennes et que j’avais trouvé Goater, résolument féministe. Il a été réalisé en partenariat avec le CLGBT de Rennes – et je me suis d’ailleurs rendue compte que j’avais déjà rencontré une des personnes qui y écrit. Bref, je l’ai acheté en soutien.

    Ce sont des nouvelles, et, de façon générale, je n’aime pas les nouvelles. J’ai commencé vendredi soir et j’en ai lu une ou deux par jour, avançant lentement… comme d’habitude, ça m’a manqué de ne pas avoir le temps de m’attacher aux personnages. Certaines idées sont sympa, d’autres m’ont laissée perplexe, voir m’ont rebutée. Le recueil se lit bien, mais quand les personnages ne sont pas là pour m’enthousiasmer, j’attends une idée philosophique marquante, une chute originale, et dans la plupart des nouvelles, ça n’a pas été le cas.

    L’univers de Soleil et Lune m’a plu, j’aurais aimé une histoire plus longue… Pareil pour Rétrolution, qui parle de voyages dans le temps. Embobinée propose une chute que j’ai eu du mal à apprécier car j’ai été perdue par la narration. Aydan, la plus courte, a la longueur parfaite et c’est celle qui porte le message le plus clair.

    L’ambiance est généralement douce, sauf dans Si Perrault était entré dans un Sex-Club, qui m’a choquée dans le mauvais sens du terme, et de même pour Conte de Fées sous Prozac 50mg, qui m’a laissée très perturbée…

    Comme la fin de Diversité en Litté arrive, je prête aussi plus attention à la répartition des représentations, aussi parmi les auteurices. J’ai trouvé les nouvelles bien partagées entre lesbiennes et gays, en revanche, peu de place pour les autres identités. J’étais heureuse de voir de la représentation poly dans la première nouvelle – et bi ! – mais sa mise en scène me laisse mitigée, puisque la relation commence sur un mensonge.

    Comme souvent avec les recueils, c’était une lecture mitigée. Elle m’a accompagnée tout au long de cette semaine.

    Finalement, en une semaine, j’aurais lu moins que dans un week-end à 1000. Mais les biographies me prennent toujours plus de temps, et Daphné du Maurier était fascinante. Et j’ai passé d’excellentes fêtes de Noël !

    TW Manderley Forever : lesbophobie intériorisée, suicide

    TW Contes et Histoires Arc-en-Ciel : viol, psychophobie, homophobie

     

    Challenge Winter Is Reading

    2019 – Partie 1

    personne en manteau lisant sur liseuse dans la neige

    Un nouveau type de challenge pour moi… cette fois-ci, ça fonctionne par équipes ! L’hiver vient, et, comme Littlefinger le disait : « La connaissance, c’est le pouvoir », alors les six grandes familles de Westeros lisent le plus possible pour s’emparer de la bibliothèque de fer. Chaque lecture rapporte des points, et il y a des bonus en accord avec l’ambiance à Westeros : mort violente, inceste… Ma famille, les Tyrell, l’emportera-t-elle ? Quelqu’un se rendra-t-il compte que je n’ai jamais réussi à terminer le Trône de Fer ? Passerai-je la soirée de Noël le nez dans un bouquin ?

    femme lisant Vernis à ongle entourée de sa couverture et d'un plaid
    Vernis A Ongles, Super Spécial Méga Poulet en caoutchouc & Mon Père me prend pour un garçon de Sophie Labelle

    Ma stratégie de départ était redoutable : j’avais invité des ami·es à passer le week-end chez moi, pour qu’on croie que je n’aurais pas le temps de lire. Mais ces personnes étant fan de lecture aussi, nous avons beaucoup lu côte à côte :

    Durant une après-midi jeu de société, je me suis isolée et j’ai lu trois courtes œuvres de Sophie Labelle − et quand je dis courtes, je veux dire 20 pages chacune. J’ai commencé par Vernis à Ongles, et j’ai eu la surprise de découvrir qu’il s’agit d’une des premières histoires avec Ciel ! (j’ai chroniqué deux romans avec ce personnage ici). C’était super mignon, j’adore l’amitié entre Ciel et Stephie, et ces scènes douces d’un après-midi ensemble m’ont réchauffé le cœur. Super Spécial Méga Poulet en Caoutchouc, lu juste après, n’a pas du tout la même ambiance, puisque c’est une longue blague bizarroïde qui m’a bien fait sourire. J’ai terminé cette séance de lecture avec Mon Père me prend pour un Garçon, un album sympathique quoiqu’un peu redondant si on a lu la quasi-intégralité de l’œuvre de Sophie Labelle – je plaide coupable…

    femme en manteau lisant Ask Me about polyamory devant un tag multicolore
    Ask Me About Polyamory de Tikva Wolf

    Le soir même, j’ai lu côte à côte avec mes invité·es une BD que j’avais emprunté pour elleux – quand je disais que leur présence était bonne pour mes lectures !
    Hélas, ce ne fut pas suffisant pour endormir la méfiance de mes adversaires : Un·e membre d’une autre famille a dû glisser un poison dans mon verre, car je me suis retrouvée avec de la fièvre et le nez bouché. Dur de dormir et de se concentrer ! La BD en question, Ask me about Polyamory, était intense : après chaque page, j’avais envie de faire une pause pour intégrer le message. Il s’agit de petites scènes autour du polyamour, c’est passionnant et utile, mais j’étais trop fatiguée pour l’apprécier à sa juste valeur et j’ai reporté sa lecture à plus tard.

    Il y a des conseils pour une relation saine, qu’elle soit mono, poly, romantique ou non, et des conseils spécifiques au polyamour… ça m’a vraiment parlé – je suis tout à fait d’accord pour déconstruire l’image de la romance, et veiller en priorité à ce que les personnes qu’on aime et nous-mêmes soient heureuses !

    J’ai mis deux semaines à la terminer, et, pour la première fois de ma vie, j’ai songé « je compte rendre ce livre ce soir et il me reste 8 pages à lire, vais-je réussir à le finir ? ». J’ai réussi, et maintenant, tout le Tumblr de Tikva Wolf me tend les bras !

    femme lisant Frangine devant une étagère, les épaules recouvertes d'un plaid multicolore
    Frangine de Marion Brunet

    Durant la première semaine, j’ai dû partir sur la côte ouest visiter un château fort en vue de l’hiver. Le trajet en calèche fut long, mais propice à la lecture. Le matin, il faisait trop sombre et j’ai lu sur ma liseuse, mais sur le retour, c’est à Frangine que je me suis attaquée. Le style m’a rebutée sur le premier chapitre – les phrases sont très courtes – mais je suis peu à peu rentrée dans l’histoire de cette famille de quatre, narrée par l’aîné, dont la sœur se fait harceler à son entrée en seconde parce qu’elle a deux mères.

    Avoir les vies entremêlées de cette famille est très agréable à lire, leurs liens sont bien représentés – et à Westeros, nous savons combien la famille est importante ! L’écriture était de plus en plus belle, vraiment poétique par moments.

    Si on me demandait quoi faire en cas de harcèlement, je ne saurais pas quoi répondre… c’est bien montré ici : le narrateur est totalement impuissant. Mais sa sœur ne lui demande pas de régler ses problèmes, au contraire. Elle veut juste qu’il la soutienne. Et c’est bien, de lui laisser ce contrôle…

    femme en haut dissymétrique lisant sur sa liseuse devant un mur couvert de mousse en forme de lierre

    Citrus Tome 1 de Saburo Uta

    En parallèle, je devais me confronter à un problème ardu : les romans avec inceste rapportent 20 points de bonus, mais, si je n’ai rien contre si les personnages le vivent bien, je n’ai encore rien lu de tel et les situations où l’aspect torturé et malsain est romancé me déplaisent. Toutefois, la victoire des Tyrell passe avant mon confort personnel, je le sais bien. J’ai donc cherché un compromis : récits historiques et témoignages, histoire que l’inceste ne soit pas idéalisé ou érotisé… sans grand succès. Je suis finalement tombée sur un manga avec une famille recomposée : les deux filles ont un lien familial de fait, mais aucun lien de parenté. Yuzu est une fille débordante de vie qui arrive dans le lycée de Mei, la présidente du conseil des élèves, froide et sévère, dont les règles strictes interdisent toute forme d’amusement.

    J’avais paré côté inceste, mais je ne m’attendais pas à tomber sur une autre trope qui ne me plait guère pour l’aspect abus de mineur·e : les relations prof-élève ! Mais cette relation est dénoncée par la suite, et elle prend fin. L’aspect qui m’a le plus gêné sont les agressions sexuelles constantes de Mei envers Yuzu – même si elles « ne vont pas loin ». Ça commence lorsque Yuzu interroge Mei à propos de sa relation avec le professeur, et pour « une démonstration », Mei l’embrasse de force. Chacune de leurs interactions se fait sur ce mode…

    Je n’étais pas enthousiasmée en terminant le tome 1, mais j’ai lu un article d’explications sur le comportement de Mei vis-à-vis du consentement, car elle-même est victime de viol. Je suis donc assez intriguée de lire la suite, et de voir comment ça sera traité…

    personne en chemise violette lisant Les Fiancés de l'Hiver devant un mur de roche rouge

    Les Fiancés de l’Hiver de Christelle Dabos

    Moment flash-back : ce livre est entré dans ma vie en août. Je discutais lectures avec une femme dans le bus, et elle m’a conseillé Les Fiancés de l’Hiver. Puis, début septembre, je parlais livres avec une voisine et elle m’a recommandé La Passe-Miroir. Je croyais qu’il s’agissait de deux romans différents ! Puis j’ai vu la couverture et je me suis rendue compte que je l’avais souvent vu en librairie et bibliothèque… Une bibliothécaire me l’a d’ailleurs conseillé dès ma première visite en septembre.

    Je me suis intégrée dans la sphère lecture sur internet, et là, la passion de La Passe-Miroir s’est déchainée : tout le monde ne semblait parler que de ça ! Devais-je le lire aussi ?

    Il ne sera pas dit que les Tyrell sont des moutons ! Si j’ai fini par céder, c’est uniquement car il est important d’en savoir autant que ses adversaires…

    En le commençant, j’avais peur d’être déçue, et j’ai passé les premiers chapitres à le sur-analyser, à me demander sans cesse si c’était bien ou pas… puis je me suis laissée emporter. Ophélie, jeune passe-miroir ayant la capacité de lire le passé des objets et de traverser les miroirs, est extrêmement attachante, avec son écharpe vivante, sa maladresse et ses lunettes. Elle doit épouser Thorn, membre d’une famille nordique que j’ai détesté dès son arrivée dans l’histoire. Arrachée à sa famille, elle se retrouve au cœur d’intrigues de cour…

    Sans être une stratège machiavélique, Ophélie est intelligente et raisonnable, ce qui la rend agréable à suivre. Le roman ne tombe pas non plus dans les clichés de la cour vénéneuse où l’héroïne se préoccupe surtout de ses robes et du prince : Ophélie s’y présente en tant que serviteur. Je redoutais qu’une romance se développe entre elle et l’odieux Thorn – vu qu’il est le seul personnage masculin développé et qu’il y a généralement une romance dans ce genre d’histoire – mais victoire, Ophélie ne s’éprend de personne et me laisse savourer son aventure.

    Mon seul regret est qu’elle manque un peu d’allié·es dans cet univers plein de traître·sses. Il y a des personnes gentilles, certes, mais Ophélie reste isolée… J’espère qu’elle se fera plus d’ami·es dans la suite !

    femme lisant Cinder dans son lit
    Cinder de Marie Sexton

    Au cours de ce challenge, j’ai demandé de nombreux conseils de romans à un ami, et nous en avons lu plusieurs ensemble, notamment Arrête avec tes Mensonges de Philippe Besson – un bon conseil pour les Lannister – Breizh of the Dead de Julian Morgan – publié par une édition juste à côté de chez moi – et finalement Cinder de Marie Sexton, qu’il m’a conseillé pour la catégorie contes.

    Il reprend – on s’en doute – Cendrillon, avec Eldon Cinder dans le rôle du serviteur exploité par sa famille. Il rencontre le prince durant une balade en forêt… J’ai eu un peu peur au début, car je suis arrivée au quart très rapidement, et j’avais l’impression de ne pas connaître les personnages. Mais c’est un conte, après tout, c’est normal que ça ne soit pas interminable !

    A partir du bal, ça devient vraiment mignon. C’est une histoire qui est là pour faire du bien et faire plaisir : même si le royaume et ses lois sont homophobes, les personnages ne s’en préoccupent pas et n’ont pas d’ennuis à ce sujet. On profite juste d’une romance douce !

    Au total, j’ai lu 17 livres, et avec les bonus je comptabilise 540 points !

    Pour les menus, je n’en ai validé aucun, mais j’ai bien progressé ! Voici toutes mes autres lectures (j’ai mis les liens pour mes avis sur Goodreads et je chroniquerai les autres bientôt) :

    Ce Challenge m’amuse énormément, ça me plait d’imaginer mes lectures comme des aventures épiques pour remporter la bibliothèque de fer !

    TW Frangine : Harcèlement, homophobie

    TW Citrus : non-consentement

     

    Pumpkin Autumn Challenge 2019 – Bilan – Partie 2

    La suite de mon bilan du Pumpkin Autumn Challenge ! J’avais commenté mes lectures des deux premiers menus en partie 1, et c’est parti pour les ouvrages restants.

    Menu Automne Douceur de Vivre

    Jack-O-Lantern : Emma, sa Cousine et Moi de Lizzy Brynn

    femme en débardeur rayé lisant Emma, sa Cousine et Moi de Lizzy Brynn dans l'herbe

    J’ai eu envie de lire ce roman dès que j’ai vu qu’il était approuvé par le Lobby LGBT – et les commentaires m’ont bien encouragée !

    Je ne vais pas en dire beaucoup sur car il est très court, mais j’ai passé un super moment en le lisant. La narratrice, Chloé, est attachante, et je me suis vite impliquée dans sa relation avec sa meilleure amie Emma, qui lui reproche de privilégier l’équitation. Puis la cousine arrive…

    L’histoire est très douce. La romance est simple, sans exagération, les sentiments sont sincères. J’ai trouvé la discussion autour du consentement très bien faite !

    L’autre mère : Dysfonctionnelle d’Axl Cendres

    femme lisant Dysfonctionnelle d’Axl Cendres dans une bibliothèque vieillotte

    J’ai aimé le livre dès que j’ai commencé ma lecture. Fifi nous présente sa famille dysfonctionnelle, la narration est drôle et prenante. Je me suis sentie chez moi dans cette maison vivante et chaleureuse. Chaque chapitre présente un nouveau personnage, les anecdotes à son sujet, dans un fouillis temporel difficile à expliquer.

    Puis l’histoire devient plus linéaire, et Fifi raconte sa jeunesse puis son adolescence, et sa rencontre avec Sarah, dont elle tombe amoureuse. Et c’est là que ça a dérapé : Sarah fait pression sur Fifi pour qu’elles couchent ensemble, et c’est quelque chose qui m’horripile. Cette relation n’est pas présentée comme particulièrement saine, elle est tout aussi dysfonctionnelle que les autres, mais j’aurais préféré que l’histoire se concentre sur la famille.

    Ça reste une bonne lecture, avec des personnages très attachants !

    Un Cinnamon Roll et un Chaï Latte, à emporter s’il vous plaît ! Love is Love d’un collectif de créateurices

    Femme en noir lisant la BD Love is Love

    Je pensais que ce serait une « lecture vite fait », comme c’est souvent le cas pour les BD. Mais pas ici… Chaque page a été écrite par un·e artiste différent·e, alors avant d’en lire une autre, il faut faire une pause, engranger l’histoire, laisser toutes les émotions se poser. Et des émotions, il y en a ! Le thème est en effet l’attentat d’Orlando, et si les premières pages m’ont laissée indifférente, j’ai commencé à pleurer en lisant l’histoire illustrée sur une petite fille passionnée d’astronomie, ses parents, et leur réaction à l’attentat.

    Comme chaque page a été écrite par une personne différente, mon ressenti ne faisait que changer. Beaucoup de références aux comics m’échappaient, je n’ai pas compris certains des dessins, et politiquement, je trouvais les idées exprimées parfois très plates.

    Mais certaines pages ont été comme un coup de poing. La page où un couple de femmes appellent désespérément toustes leurs ami·es, où les bulles s’enchevêtrent dans leur panique. Le texte décrivant la  » porte ouverte  » par les personnes LGBTI+. L’image grandiose d’un jeune homme et de sa mère dansant ensemble.

    Certaines étaient plus douces, l’une m’a remplie d’amusement jubilatoire : les présupposés sur des onomatopées s’échappant d’une chambre.

    A la fin de cette BD, j’étais épuisée. Vidée, émotionnellement. Avec du recul, elle n’est pas excellente, les pages qui m’ont touchée ne sont qu’une minorité, et j’aurais aimé plus de représentation trans, inter… Mais sa lecture a été incroyable. Et pour la clore sur une note émotionnelle, je vous conseille d’écouter I know a Place de MUNA. C’est ce que j’ai fait juste après.

    Menu Automne Astral

    You’re just as sane as I am : Saga tomes 1 à 9 de Brian K. Vaughan et Fiona Staples

    femme lisant la BD Saga de Brian K. Vaughan et Fiona Staples devant un buisson de roses

    J’ai commencé à lire cette BD en librairie. Quoique n’étant pas mon style, les dessins sont beaux et correspondent parfaitement à l’ambiance. Alors qu’une guerre intergalactique fait rage, deux soldat·es de camps ennemis tombent amoureuxses et ont une fille, qui raconte leur histoire.

    J’ai repris ma lecture en retrouvant le tome 1 dans ma bibliothèque, et malgré cette relecture, j’ai eu beaucoup de mal à identifier les différents camps, j’oubliais sans cesse les différentes allégeances.

    Les personnages sont complexes, et de race, genre et sexualités variés. Je me suis beaucoup attachée aux chasseurses de prime qui veulent tuer les parents et leur fille et je trouve ça génial de ne pas savoir qui je veux voir gagner ! Les morts – nombreuses – sont également très bien faites, j’étais triste même pour les personnages que je connaissais à peine. Cependant, il y a aussi plusieurs fausses morts qui réduisent le suspense.

    Les romances aussi sont assez inégales : autant j’ai aimée celle entre la grand-mère et l’écrivain, autant j’étais perplexe face à d’autres.

    Cette série n’est malheureusement pas terminée, et j’attends la sortie du tome 10…

    Rêverons-nous de moutons électriques : On est tous faits de Molécules de Susin Nielsen

    femme lisant On est tous faits de Molécules de Susin Nielsen

    Le résumé ne m’avait pas particulièrement motivée : il promet une histoire prévisible de famille recomposée où la « peste » (Ashley) apprend à être gentille et le « nerd » (Stewart) à se faire des ami·es… et c’était exactement ça.

    J’ai toutefois passé un bon moment. Il n’y a pas beaucoup de suspense, et j’ai eu du mal avec le personnage d’Ashley au début. Mais Stewart est cool, et on entre peu à peu dans l’histoire. J’ai trouvé les pensées d’Ashley par rapport à son copain Jared bien écrites, on sent la pression sociale et la présence de la culture du viol.

    Songe d’une Nuit d’Automne : Et ils Meurent tous les deux à la Fin d’Adam Silvera

    femme en noir et blanc lisant Et ils Meurent tous les deux à la Fin d’Adam Silvera, le roman est en couleurs

    Je n’aime pas les histoires qui finissent mal. Je n’avais donc pas particulièrement prévu de lire ce roman, mais je l’ai vu à ma bibliothèque et l’univers m’intéressait : dans notre futur, l’agence Death-Cast est capable de prédire la mort des gens et les prévient à minuit pour qu’ils puissent profiter de leur dernière journée.

    Je m’attendais à ce que Et Ils Meurent tous les Deux à la Fin explore les implications morales de Death-Cast : est-ce que savoir qu’elles vont mourir provoque la mort des personnes, puisqu’elles agissent différemment ? Et si les futurs morts en profitaient pour commettre des crimes ?

    Ces thèmes sont à peine abordés : on se concentre sur la dernière journée de Rufus et Matéo, deux jeunes qui se rencontrent grâce à une appli.

    L’histoire est mélancolique sans tomber dans le drame. J’avais un peu peur que la romance paraisse forcée, puisqu’elle a lieu en vingt-quatre heures, mais j’avais aimé le réalisme de la romance dans Pourquoi Pas Nous ? , et j’ai eu raison de faire confiance à l’auteur : la relation de Rufus et Matéo est avant tout une nouvelle amitié, et la potentialité de plus. J’ai compris leurs sentiments et l’impact de leur mort imminente dessus, et, même si j’aurais pu m’en passer, ça ne m’a pas paru forcé. L’amitié et la famille est au cœur du récit, ce qui m’a beaucoup plu aussi.

    En revanche, le roman manque de tension, et je pouvais le reposer sans difficulté. Le seul suspense concerne la manière dont ils vont mourir, mais on ne s’en préoccupe pas avant le dernier quart. La fin est d’ailleurs brillante, tout était là pour qu’on devine – mais je ne l’avais pas vu venir – et c’est plutôt subtil.

    Je m’attendais à être dévastée, mais il y a beaucoup d’espoir dans le ton, et l’histoire se concentre sur le positif. Les personnages ont surmonté leur peur de la mort, et moi celles des fins tristes !

    Et voilà pour le Pumpkin Autumn Challenge ! Je suis contente de l’avoir réussi, et il me motivait bien pour lire : je me forçais à quitter mon ordi et à avancer dans mes lectures. Je pense que je préfère quand même les week-ends à 1000, qui sont plus courts et plus libres.

    TW Emma, sa Cousine et moi : dans le livre se trouve une adresse mail pour demander des TW détaillés, ce que je trouve génial !

    TW Dysfonctionnelle : traumatisme, internement en hôpital spécialisé, drogue, grossophobie, mégenrage, pression sexuelle

    TW Love is Love : meurtres homophobes et transphobes

    TW Saga : morts

    TW On est tous faits de Molécules : tentative de viol

    TW Et ils meurent tous les deux à la fin : agression

    Pumpkin Autumn Challenge 2019 – Bilan – Partie 1

    Mon tout premier challenge à thème se termine ! Il s’agit du Pumpkin Autumn Challenge, créé par Guimause, durant lequel 4 menus comptant plusieurs catégories sont proposés.

    J’avais peur de ne pas le réussir, puisque je n’arrive pas à me forcer à lire des romans. J’ai donc lu les livres que je voulais, en espérant qu’ils entrent dans les thèmes, et je vais vous présenter une lecture pour chaque catégorie.

    Menu Automne Frissonnant

    Tu n’en reviendras pas ! Révolution avec une Vampire de Lizzie Crowdagger

    femme lisant sa liseuse en contrejour devant une fenêtre

    J’ai eu du mal à remplir cette catégorie, n’étant fan ni d’horreur ni de vampires… mais comme j’aime la fantasy, j’ai bien fini par tomber sur des vampires, et parmi tous ces romans-là, mon préféré est Révolution avec une Vampire de Lizzie Crowdagger, que j’ai commencé dans le métro. Ce n’étaient pas les meilleures conditions de lecture, surtout que je ne suis pas très portée sur les nouvelles : elles ne font que gratter la surface des personnages et ne me transmettent aucune émotion.

    Celle-ci m’a souvent évoqué un résumé : on découvre la vie de la révolutionnaire vampire et trans Léna à travers son interview avec un journaliste, qui pose les bases de cet univers futuriste où vampires et humains se déchirent. C’est un univers très prometteur, avec de nombreux points évoqués sans être éclaircis, propice à une longue série plus qu’à une histoire de 26 pages.

    La chute est bien trouvée et j’ai passé un bon moment… mais c’est trop court !

    Les Os/Eaux de Davy Jones : La Sirène et la Licorne d’Erin Mosta

    Entre des rochers, dans la brume, femme en sarouel coloré lisant La Sirène & La Licorne d'Erin Mosta

    J’ai eu envie de lire ce roman dès que j’ai vu sa couverture. Je ne savais même pas de quoi ça parlait ! Le temps que je le trouve, j’ai eu de plus en plus d’échos qui m’ont motivée à le lire.

    Dès le début, le mystère plane sur l’intrigue. La narratrice, Lili, a un style très direct, voir brusque, elle nous dévide toutes les informations à son sujet en un paragraphe… mais elle garde sous silence la raison pour laquelle elle doit quitter sa maison.

    Lorsqu’elle arrive chez sa tante, l’ambiance mystérieuse s’épaissit. Elle habite dans une vieille maison en ruines, et la nuit, Lili entend d’étranges bruits… A cela s’ajoute l’atmosphère mystique de la côte océanique, avec ses îles abandonnées et ses légendes de fantômes. Pour être allée dans cette région, je peux dire que les descriptions sont réussies !

    Le roman a aussi un côté très joyeux et mignon : j’adore le fait que Lili soit fan de maquillage sans pour autant être décrite comme superficielle. Sa relation avec Cris est douce, et, alors qu’elles s’attachent très vite l’une à l’autre, je n’ai étrangement pas trouvé que c’était trop rapide. Sans doute parce que leur romance est basée avant tout sur l’amitié.

    C’est toutefois le côté mystérieux de toute l’histoire qui m’a le plus charmée : le secret de Lili, le secret de Cris, le secret de la tante… ma curiosité était titillée tout au long du roman !

    Les Freaks, c’est chic : Wonder de R.J. Palacio

    Dans un lit avec une couverture orange, femme lisant Auggie & moi de RJ Palacio

    La première fois que j’ai commencé à lire ce roman, je me suis arrêtée au bout d’une page, car ça commençait par  » Je ne suis pas un garçon de dix ans ordinaire, c’est certain « , et que je trouve ce genre d’accroches trop… accrocheuses, justement.

    Puis j’ai emprunté un livre spin-off de Wonder et j’ai songé que peut-être, il serait utile de lire l’original avant de me lancer dans celui-là.

    On suit le jeune Auggie, défiguré, qui entre pour la première fois à l’école. Il se fait des amis tant bien que mal… c’est lui qui raconte l’histoire, et son style narratif est très attachant. Puis… on change de narration : on a le point de vue de sa grande sœur.

    J’ai eu peur durant les premiers chapitres : je ne voulais pas que les deux situations soient comparées. Mais ce n’est pas du tout la direction prise par le roman. D’autres personnages prennent aussi la parole – même si c’est Auggie qui a le plus de narration – et on nous montre leurs problèmes, pour les comprendre et non pour les plaindre.

    C’était une lecture agréable, avec un personnage principal prenant et drôle, et d’autres qui ont gagné mon affection.

    Menu Automne Enchanteur

    Down By the Sally Garden : Will et Will de John Green et David Levithan

    femme en robe tricotée à rayures bleues lisant Will et Will de John Green et David Levithan devant un mur de crépit

    Même si l’édition tente de nous le faire croire – la 4e de couverture n’évoque que John Green et sa biographie est bien plus longue – ce roman n’a pas été écrit que par John Green : c’est une collaboration avec David Levithan. Il y a deux personnages qui narrent chacun leur tour, et ils portent le même nom : Will Grayson et will grayson.

    Malheureusement, ce n’était pas du tout mon style d’histoire. Certes, la romance est peu présente – quoi qu’il y en ait deux – ce qui n’est pas pour me déplaire, mais l’ambiance était trop mélancolique à mon goût. De plus, ça alternait trop entre des passages que je trouvais géniaux et d’autres qui m’agaçaient.

    Le meilleur ami de Will, Tiny, « très très gros et très très gay », réalise la comédie musicale de sa vie. J’ai adoré le spectacle final, et Tiny est mon personnage préféré – même si j’aurais aimé qu’il ne force pas Will à être en couple.

    J’ai aimé la relation entre sa mère et will, et les passages avec son « amie » maura, quoique douloureux, étaient bien faits. En parallèle, je lisais un autre roman avec des remarques telles que « t’es trop stressé, tu devrais tirer un coup », alors j’ai particulièrement apprécié que will dénonce la stupidité de ce genre de commentaires.

    Mais la romance entre Will et Jane m’a déplu. Je sais qu’il y a des ados qui s’identifieront à l’hésitation de Will et se réjouiront de le voir la surmonter, mais moi, je me suis plus identifiée au message de « quand ton ami se met en couple, il va t’abandonner alors il faut que tu sois en couple aussi » et je n’ai pas trouvé ça franchement réjouissant…

    Mon voisin le Kodama : Lumberjanes tome 1 de Shannon Watters, Grace Ellis, Brooklyn A. Allen et Noelle Stevenson

    femme en débardeur, chemise et casquette lisant la BD Lumberjanes

    J’ai eu du mal à rentrer dans cette BD, je trouvais les personnages caricaturaux – la survoltée, la sérieuse, la sportive, la féminine, etc – et les dessins très différents de ceux de la couverture, ce qui m’a prise au dépourvu.

    Mais c’est une histoire fun, qui repose surtout sur l’amitié, ce qui me change agréablement des romances omniprésentes. J’ai hâte de lire les tomes suivants !

    Misty Day : The Wicked + The Divine de Kieron Gillen et Jamie McKelvie

    personne en chemise rose lisant The Wicked + The divine de Kieron Gillen et Jamie McKelvie devant un tag coloré

    On m’avait beaucoup recommandé cette BD, et comme la couverture en jette, j’étais motivée en commençant ma lecture. J’ai toutefois eu du mal à rentrer dedans : j’aime les histoires claires, et celle-ci, avec tout son mysticisme et son mystère, était à la limite de ce que je peux apprécier. Ça se passe dans notre univers, avec des chanteurses considéré·es comme des divinités, et qui ont des pouvoirs magiques. On suit l’histoire d’une fan qui rencontre la génialissime Luci. Et heureusement que Luci était là pour m’enthousiasmer ! C’est d’ailleurs pour ça que j’ai moins accroché à la suite, où elle est moins présente, et que j’ai arrêté au tome 2… L’histoire est cool mais un peu trop floue pour moi !

    Prenez Garde aux Souliers Pointus : Fleur du désert de Waris Dirie et Cathleen Miller

    femme en robe à fleurs lisant Fleur Du Désert devant une route

    Enfin, j’ai lu un des romans laissés chez mes parents – c’est la malédiction des bouquins que je laisse là-bas : comme je n’y vais qu’occasionnellement, je n’ai pas le temps de les lire. Une autobiographie, ce qui me remplit rarement d’excitation à l’idée de commencer ma lecture, ayant toujours eu une préférence pour la fiction.

    Le début ressemblait plus à une liste d’évènements. Puis je me suis attachée à la narratrice, Waris Dirie, une jeune Somalienne fuyant sa famille nomade pour échapper à son mariage. J’aimais beaucoup sa force placide, sa manière de se lancer et d’aborder un problème après l’autre, sans s’inquiéter de l’avenir.

    On suit son parcours de domestique à mannequin, la présentation de son travail est bien loin des clichés glamour et superficiels. La chronologie fait des allers-retours qui, une fois n’est pas coutume, ne m’ont pas perdue. J’avais cependant souvent envie de lire la suite, et étais frustrée de repartir en arrière.

    La dernière partie rejoint le présent et la lutte de Waris Dirie contre la FGM (Female Genital Mutilation). Plusieurs chapitres, au cours du roman, étaient consacrés au récit de son excision et de ses conséquences. C’est très graphique et je comprends l’intention d’horrifier, mais j’ai lu en diagonale le passage de la mutilation.

    J’ai été très surprise, à la fin, de me rendre compte que ce roman date de 1998 : la narration, les sujets abordés et les revendications féministes me paraissent très modernes ! Et hélas toujours d’actualité…

     

    J’ai l’impression que certaines de ces lectures remontent à une éternité ! En même temps, le challenge dure trois mois… La suite de mes lectures dans la partie 2 !

     

    TW Wonder : harcèlement, agression

    TW Will et Will : Dépression, pensées suicidaires

    The Wicked + The Divine : violence

    TW Fleur du Désert : tentatives de viol, mutilation génitale graphique

     

    Ciel tomes 1&2

    de Sophie Labelle

    Personne avec un t-shirt proton to electron says be positive ! lisant Ciel tome 2 sur un agrès d'aire de jeu

    Etant une grande fan des comics de Sophie Labelle, lorsque j’ai vu que Ciel tome 2 : Dans toutes les Directions sortait bientôt, j’ai cherché à me procurer le tome 1, Ciel : Comment Survivre aux Deux Prochaines Minutes. Mais il semblait être en rupture de stock partout… alors j’ai acheté le tome 2.

    J’ai eu un choc en voyant ce roman. Justement pour ça : c’est un roman. Ayant lu toutes les pages de BD publiées sur le tumblr de Sophie Labelle, ainsi que 4 de ses BDs que j’avais commandées, je pensais que Ciel tomes 1&2 seraient des bandes dessinées aussi… et je me suis retrouvée avec un roman entre les mains.

    J’ai commencé à le lire et j’ai été d’abord perturbée par l’utilisation du pronom elle et par les accords au féminin pour le personnage principal, Ciel. Ciel explique que le pronom iel – un pronom ni féminin, ni masculin – n’est pas assez répandu, et que ce serait trop de travail de le faire accepter par l’école. Ce qui est, hélas, très crédible. Mais dans la BD, iel utilise l’écriture inclusive pour parler d’ellui… J’imagine que le roman avait une visée plus réaliste.

    De plus, alors que la BD utilise l’écriture inclusive pour les pluriels de groupe, ce n’est pas le cas ici. On a cependant un personnage non-binaire, Maël-le, utilisant le pronom iel et l’écriture inclusive pour ses accords.

    En commençant avec le tome 2, j’avais peur d’être un peu perdue, mais comme je lis aussi l’histoire en BDs, je n’ai pas eu le moindre problème de compréhension. Stéphie et Ciel sont incroyablement chouettes, les quelques personnages que je ne connaissais pas étaient super cool aussi. C’est une histoire toute choupi, Ciel réalise un projet pour l’école tout en se rapprochant de son crush et en participant à une campagne pour présider l’association LGBT de son école. Même si c’est un roman pour enfants, les idées sont nuancées – par exemple, le président actuel de l’association est problématique et hélas très réaliste.

    Et la fin… pas de spoil, mais ça m’a parlé côté romance. Je me suis reconnue dans les paroles de Liam, et ça, c’est rare…


    Sitôt le livre refermé, je suis partie à la recherche du tome 1 !

    La situation n’avait cependant pas changé : il était introuvable dans les commerces. Mais, six mois plus tard, j’ai déménagé, et dans la bibliothèque du centre LGBTI, je l’ai aperçu dans les rayonnages…

    Les premières phrases sont accrocheuses, et je me suis plongée dans l’histoire. Bien sûr, je connaissais déjà certains développements, mais c’était intéressant de voir les évènements qui avaient amené la situation telle qu’elle était au début du tome 2. J’adore quand Ciel parle de ses relations sociales : je m’y reconnais beaucoup. Et son amitié avec Stéphie est géniale.

    J’ai cependant eu l’impression qu’il ne se passait pas grand-chose, peut-être parce que je connaissais déjà l’histoire. Le roman est très court et il n’y a pas de place pour beaucoup d’action. Je trouve donc que les deux tomes se complètent bien, car sans le deuxième, il manque quelque chose au premier.


    L’histoire est facile à lire et très sympathique, nuancée, et avec des personnages attachants. Un moment de bonne humeur !