Bilan Loup-Garou Readathon

Je suis une grande fan du jeu des Loups-Garous, alors quand Opalyne a proposé un challenge de lecture sur ce thème, j’étais tout de suite partante ! J’avoue que j’aurais aimé que lire un livre donne le droit de « tuer » un·e lecteurice du camp opposé, et qu’il faille lire un livre pour ressusciter… et on voit qui survit à la fin ! Ici c’était « juste » un challenge à thèmes.

J’étais un maléfique loup-garou, et en tant que tel, ma première préoccupation a été d’éliminer la petite fille, et j’ai donc lu deux romans jeunesse : House of Many Ways et Anders Frei Als Du.

personne en jupe plissée lisant Anders Frei Als Du devant un mur de fleurs blanches
Anders Frei als Du de Christine Fehèr

Durant mon séjour à Berlin, j’ai cherché un livre pour l’anniversaire d’une amie. J’ai demandé des conseils de livre fantasy allemand, et… le libraire m’a conseillé uniquement des romances. Lorsque je les ai dédaignées, il m’a suggéré des livres contemporains avec des « sujets de société ». J’aime bien ce genre de romans, alors j’en ai acheté un, mais… c’est juste tellement humiliant qu’il n’ait pas respecté mes souhaits. Et a posteriori j’ai bien regretté de n’avoir pas osé protester.

Finalement, je n’ai jamais revu l’amie en question et j’ai gardé le livre, dont j’ai commencé la lecture plus d’un an plus tard. C’est l’histoire d’une jeune Allemande, Malina, qui découvre l’islam et se convertit. Comme l’autrice n’est pas musulmane, j’ai consulté des critiques ownvoice qui m’ont encouragée.

J’ai trouvé Malina très bien écrite : elle a vraiment l’air d’avoir 16 ans. Ses préoccupations journalières sont les garçons, la mode, les soirées, mais d’un autre côté, elle se cherche, elle réfléchit au sens de sa vie, et la contradiction apparente m’avait parue très vraie.

En tombant amoureuse d’un jeune Turc, elle découvre l’islam qui va lui plaire de plus en plus, même lorsqu’elle rompt. J’aime discuter religion avec mes ami·es – tant qu’on n’essaie pas de me convertir – et j’ai apprécié le portrait nuancé de l’islam présenté ici. C’est vraiment une foi merveilleuse, très axée sur la liberté ! L’autrice en a exprimé divers aspects au travers de ses personnages qui vivent l’islam différemment.

Bien sûr, un seul roman ne peut pas représenter toutes les facettes de l’islam – c’est pour ça que c’est important d’avoir beaucoup de romans – et l’aspect très hétéronormé de l’écriture et du livre en général m’a agacée. C’est le seul point que je n’ai pas réussi à accepter, aussi parce que c’était traité comme une évidence.

C’est aussi un roman qui parle d’islamophobie, et ce dès les premières pages. Ce qui est très dur, c’est que ça ne parait pas exagéré. C’est horrible, frustrant et révoltant. Particulièrement quand les ami·es de Malina refusent de lui parler parce qu’elle est musulmane, et qu’ensuite, iels l’accusent de n’être amie qu’avec des musulman·es. Eh bien, oui ? Evidemment, si vous l’excluez ?

Il y a beaucoup de passages de ce roman que j’ai envie de citer, car il m’a fait réfléchir. Je regrette qu’il ne soit pas traduit en français…

Comme je ne souhaitais pas qu’on devine que j’étais un loup-garou, j’ai continué de lire des romans entrant dans les deux catégories. J’ai lu un tome unique, Autoboyographie, pour la catégorie Le Loup Blanc, la duologie Warcross pour Les Deux Sœurs, et une autre duologie, Isulka la Mageresse, qui peut aussi compter pour la catégorie Loup-Garou.

personne en débardeur coloré lisant Mulatako devant un métro aérien décoré de fleurs
Mulatako de Reine Dibussi

J’adore les livres qui mettent des extraits en ligne : je n’aime pas trop prendre de risques, et si je ne peux pas découvrir le début en magasin, je vais rarement acheter un livre inconnu. J’avais lu plusieurs chroniques de Mulatako, et j’étais ravie de découvrir les premières pages de cette BD sur le compte facebook de l’autrice.

On y découvre un univers sous-marin habité par les Miengu, des esprits exilés à cause d’une maladie. La jeune Jemea peine à passer son initiation, car elle n’a pas de pouvoirs magiques.

C’était dynamique et prometteur, on sent un mystère sous-jacent au sujet du quartier où habitent les personnages, et j’aimais beaucoup le mélange entre magie et technologies de science-fiction.

J’ai donc commandé la BD, et wow ! Les images facebook, dont les dessins ne m’avaient pas particulièrement plu, ne faisaient pas honneur à ces merveilleuses pages. Le papier ressemble à du papier photo : les pages collent un peu entre elles et les couleurs brillent ! Elles sont très vives et contrastées, presque flashy, et ça va parfaitement avec l’ambiance d’une BD jeunesse qui mêle fantasy et SF. Le découpage des cases est très dynamique, elles sont fracturées lors des plots twists et des chocs émotionnels. Je vous mets une photo sans spoiler :

Malheureusement, la BD est très courte, et les tomes suivants ne sont pas encore parus. C’est difficile de donner mon opinion : j’ai l’impression d’avoir lu les 3 premiers chapitres d’un roman. J’ai passé un bon moment et c’est prometteur, on découvre des personnages intéressants, mis en danger par les essais secrets du gouvernement. On a surtout les premiers éléments du mystère, sans explications… j’attends de voir la suite pour me faire un avis plus pertinent !

personne en chemise et débardeur lisant Green Lady devant un buisson de fleurs jaunes
Green Lady d’Aeph

Ce livre avait été cité comme exemple d’une nouvelle avec de la représentation aro ou ace, et même si je ne suis pas portée sur les nouvelles, j’aime la SF et je suis toujours avide de trouver un peu de représentation.

Le moins de juin a été très rempli côté lectures, et j’ai commencé Green Lady pour m’octroyer une petite pause entre des romans plus épais. J’avais lu le résumé avant de me décider à lire, mais entretemps, j’avais oublié de quoi ça parlait : dans un futur hyper-technologique, Monica prépare un mystérieux cadeau d’anniversaire pour Alice, son IA domotique. J’ai bien aimé l’univers, les descriptions du travail de Monica ou des rues, surtout que ce n’était pas toujours utile à l’intrigue : ça crée une ambiance et de l’implication.

En revanche, quand j’ai appris les projets de Monica, j’ai été mal à l’aise. Durant la plupart de la nouvelle, on ignore si l’IA est une personne ou un objet : elle est décrite surtout comme un objet, comme faisant semblant d’avoir des émotions à l’aide d’un algorithme. Cependant, Monica s’est attachée à elle et la considère comme une personne… une personne à qui elle ordonne de désactiver sa curiosité pour pouvoir la modifier sans son consentement, et ce pour son plaisir personnel.

Si Alice est un objet, je n’ai pas de problème avec ce scénario : quelqu’un qui teindrait une peluche en vert ne me dérange pas. En revanche, je ne trouve pas éthique de teindre les cheveux d’une autre personne sans son consentement, et comme Monica considère qu’Alice est une personne, je trouve son comportement – sous le prétexte d’une « surprise d’anniversaire » − franchement limite. Alice est heureuse de ce changement et tout va bien, mais le malaise demeure pour moi…

Pour être honnête, si on ne m’avait pas dit qu’il y avait de la représentation aro ace, je n’aurais pas considéré que ce livre en contenait… Je n’arrivais pas à savoir si le désir sexuel de Monica n’était pas évoqué par pudeur – comme dans les romans jeunesse – ou parce qu’elle n’en ressentait pas.

La conclusion était bien amenée, je l’ai vue venir grâce à quelques indices et ça clôt bien cette courte histoire. Ça ressemble au film Her, mais en mieux ! Le format court laisse peu d’espace pour développer les personnages, mais l’univers est intéressant et l’histoire y est ancrée. Il y a quelques dessins, faits par Diego Tripodi, et je les ai trouvés très doux alors qu’ils sont en noir et blanc, ce qui n’est généralement pas ma tasse de thé.

Ce livre m’a été proposé dans le cadre d’un partenariat avec YBY éditions. Ceci n’influence en rien mon opinion.

personne en short à paillettes lisant Julian est une Sirène devant un ciel avec un arc-en-ciel
Julian est une Sirène de Jessica Love

J’ai enfin eu l’occasion de revoir des personnes auxquelles je tiens, et qui m’ont parlé, bien sûr, de leurs nouveaux livres ! En m’encourageant à profiter de ma visite pour les lire… et, parmi eux, Julian est une Sirène, dont j’avais déjà beaucoup entendu parler.

C’est un album jeunesse avec des dessins magnifiques, très doux et colorés, avec une texture un peu floue, les couleurs qui se mêlent. Il y a très peu de texte, toute l’émotion est dans les dessins. Et de l’émotion, il y en a ! J’avais les yeux humides à la fin, et je l’ai tout de suite relu pour savourer les dessins. Les sirènes qu’admirent Julian sont tout simplement splendides.

Cet album jeunesse aurait tout à fait sa place dans mes articles coup de cœur… sauf que je n’ai pas grand-chose à dire dessus, à part que c’est court et tellement, tellement bien.

Cette lecture adorable était la bienvenue, car malheureusement, j’ai eu peu de coups de cœur depuis mai. En plus, depuis le temps, mon avis a évolué : les livres que j’avais trouvé « bien » sont devenus « oubliables ». J’ai passé un bon moment en les lisant mais il ne m’en reste rien, et un mois plus tard, je n’ai pas vraiment la motivation de les chroniquer en détail. Je vous mets quand même mon avis sur Goodreads :

  • Isulka la Mageresse : La Pierre d’Isis et La Vieille Alliance de Morgane Steinkiewietz (sous le nom de Dorian Lake), une duologie de Gaslamp fantasy qui s’inspire de mythes celtes et égyptiens, avec une anti-héroïne intéressante mais un style d’écriture qui ne m’a pas plu
  • Cuits à Point d’Elodie Serrano, une enquête steampunk et des dragons associés à du féministe un peu brut de décoffrage
  • Au-delà du Miroir d’Iman Eyitayo, une aventure SF avec un univers très original, et malheureusement, c’était beaucoup, beaucoup trop court

Avertissements Anders Frei als Du : Racisme, islamophobie

Avertissements Green Lady : (ils sont donnés au début de l’œuvre) scènes de cruauté envers les animaux.

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Lu pour le Challenge de l’imaginaire

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