Warcross

de Marie Lu

personne en débardeur lisant Warcross devant un métro aérien

J’avais lu Batman de Marie Lu à l’occasion du NALReadathon, et, même si l’aventure était sympa, le fait qu’un mec qui surveille et contrôle tout le monde pour leur protection soit présenté comme un héros m’avait embêtée. A l’occasion du Asian Readathon, j’ai quand même voulu essayer une duologie de la même autrice : Warcross.

Le premier chapitre était classique et prévisible : dans un futur proche, la jeune Emika Chen essaie de capturer un criminel pour payer son loyer – elle est chasseuse de prime et un génie de l’informatique – mais on se doute qu’elle va échouer pour que l’histoire commence. Suite à cet échec, elle doit travailler pour Hideo Tanaka, son idole, le créateur du jeu Warcross et des lunettes Neurolink – une sorte de casque de réalité virtuelle. Sa mission est de débusquer Zéro, un hacker de génie qui compte bien perturber le championnat de Warcross… Pour surveiller ce jeu de combat en toute discrétion, elle rejoint l’une des équipes qui prend part à la compétition.

Depuis que j’ai commencé ce blog, ma façon de lire à un peu changé : quand je fais des pauses dans ma lecture, je réfléchis à ce que je vais en dire, à quels éléments je vais mettre en valeur. Et là, je me suis dit « wow, il est juste… parfait ». Pas dans le sens « parfait pour moi », mais plus dans le sens scolaire du terme : c’est un exemple de ce que ça donne quand on applique les conseils d’écriture à la lettre. J’avais l’impression que tout ce que je ressentais était prévu par l’autrice, qu’elle m’emmenait exactement où elle voulait. L’univers est présenté au fur et à mesure, on en sait toujours assez pour comprendre, on n’est jamais débordé par le nombre de personnages, leur passé est révélé au bon moment pour que ça ait un impact émotionnel… Et surtout, le rythme était super bien géré. S’il n’y a pas assez de tension, je m’ennuie, s’il y en a trop, je m’épuise et je veux arrêter de lire pour me reposer – c’est ce qui m’arrivait sans cesse dans Eon et le Douzième Dragon. C’est vraiment dur de trouver un juste milieu ! Mais là, les scènes d’action et de détente s’alternent pile comme il faut, et on n’a jamais envie de reposer le livre, on est propulsé à travers l’histoire.

Le revers de la médaille, c’est que ça donne un résultat classique. Il n’y a pas vraiment de prise de risques dans le scénario : sur les deux retournements de situation, il y en a un que j’ai prédit, et pour l’autre ma réaction c’était « oui, logique ». Ce n’est pas non plus banal – les personnages importants ne sont pas vraiment gentils ou méchants − mais comme j’ai lu beaucoup de romans, je pouvais voir où ça allait.

La seule raison pour laquelle je ne l’ai pas lu d’une traite, c’est que je devais travailler pour mon stage. Il n’y a pas un seul moment d’ennui, pas une faille dans la logique de l’intrigue, bref, j’ai été impressionnée par cette autrice et je me suis jetée sur le tome 2.

personne en débardeur rock lisant Warcross au-dessus d'un métro aérien

C’était plus compliqué de rentrer dans La Revanche car la direction du tome est moins évidente. On ne sait plus trop qui est gentil, qui est méchant, qui a quel objectif… l’action est présente mais elle m’a aussi parfois paru artificielle, notamment parce que tout est prétexte pour organiser une partie de Warcross. A un moment un hacker présente un bug à Emika − quand deux personnes font une partie, l’autre peut télécharger des données dans l’esprit de l’autre – et ils font une partie pour qu’il lui montre… il n’aurait pas pu juste lui donner la clef usb avec le virus ? Le jeu est stylé, mais quand l’enjeu est faible, je n’arrive pas à y entrer…

Vers le tiers, j’ai fini par m’investir dans le livre et retrouver ma passion du tome 1. Emika joue un double jeu dangereux et enquête pour découvrir les objectifs de chacun… Bon, déjà que je ne suis pas douée pour les résumés en temps normal, quand j’essaie d’éviter de spoiler le premier tome, c’est encore plus dur. Disons qu’il y a deux camps qui s’affrontent au sujet du contrôle de la population, et qu’Emika cherche à savoir qui est sincère dans cette affaire.

J’ai trouvé ça sympa que les méchant·es aient un objectif ambigu sans que la moralité de leur action soit débattue et justifiée en long et en large. C’est d’autant plus intéressant qu’iels ont le même objectif que Batman, qui était pourtant considéré comme un gentil… la version où contrôler la population est critiqué me convient bien plus.

Quant à l’héroïne, Emika est un personnage « qui remplit son rôle » : je ne me suis pas particulièrement attachée à elle – surtout car ses relations avec les autres personnages sont banales − mais à défaut d’être intéressante, elle est cohérente et ses actions me satisfaisaient toujours. Elle agit sans hésiter, elle avance. Et, dans le tome 2, les personnages secondaires sont plus développés : trois d’entre eux en particulier m’ont bien plu pour leur passé complexe.

Grâce à ça, l’autrice a réussi à m’avoir : choquée par la mort d’un de mes personnages préférés, je n’ai pas vu venir le plot twist et il m’a vraiment prise au dépourvu. Tout en étant parfaitement logique ! J’adore quand un roman me manipule comme ça…

En revanche, les révélations qui suivent sont moins bien amenées. Déjà parce qu’elles sortaient de nulle part, et aussi parce qu’en voyant qu’il restait 100 pages, je pouvais me douter – contrairement à Emika – que sa stratégie ne fonctionnerait pas. L’affrontement qui suit n’est pas particulièrement prenant non plus…

La conclusion était cependant parfaite, réaliste et pas trop « happy end ». C’est une série excellente ! Je ne suis pas très portée sur la SF en général et l’univers ne m’a pas séduite, mais le scénario est vraiment bien trouvé, et surtout, bien mené ! C’est facile à lire et on ne voit pas le temps passer… J’ai hâte de lire d’autres livres de Marie Lu.

Avertissement : meurtre, abus médicaux

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