Conseils de Lecture basés sur des Chansons de BTS

Depuis un an, ne pouvant plus me rendre à mes cours de danse rock, j’ai essayé – mot-clef : essayé – d’apprendre des chorégraphies toute seule. Au passage, j’ai découvert le groupe BTS dont les chorégraphies sont si belles. J’écoute de plus en plus leur musique, qui me passionne !

Alors pourquoi ne pas associer cette passion avec mon goût pour la lecture ? Comme je l’avais fait dans mon article sur Nightwish, je vais donc vous recommander des livres auxquelles certaines chansons me font penser. Les paroles sont en coréen alors je vous conseille d’activer les sous-titres !

Black Swan

Si j’ai initialement découvert Black Swan pour sa danse – entre la chorégraphie de groupe, le solo de Jimin et leur spectacle aux MMA, il y a de quoi être époustouflée – j’ai ensuite été touchée par les paroles de cette chanson sur la créativité, le fait de perdre sa passion ou son inventivité.

Summer Bird Blue d’Akemi Dawn Bowman est un roman qui m’a emplie d’émotions déchirantes lui aussi. Depuis la mort de sa sœur, la narratrice n’arrive plus à composer. On vit son deuil à ses côtés, sa souffrance mais aussi sa recherche d’elle-même, les questions qu’elle se pose sur son art et sur son identité.

Bien que traitant de thèmes durs, le roman n’est jamais sinistre. Il est triste mais porteur d’espoir ! Black Swan a une ambiance plus sombre, mais loin de signifier que le groupe arrive au bout de ses idées, cette œuvre regorge de créativité, et je ne me sens jamais abattue après l’avoir écoutée. Elle me donne plutôt envie de créer moi-même…

couverture de Summer Bird Blue d'Akemi Dawn Bowman

IDOL

IDOL est une explosion de joie, un festival coloré qui donne envie de danser, de chanter le refrain en chœur. Le webcomic Rock and Riot m’évoque autant d’enthousiasme ! Son début était d’ailleurs presque trop dynamique à mon goût, avec ses couleurs vives et ses nombreux personnages engagés dans une rivalité entre le gang des filles et celui des garçons.

IDOL est une célébration de soi, du fait de rester fidèle à son identité et de s’aimer, et Rock and Riot fait la part belle à ce thème, puisque tous les personnages clament leur identité hors des normes et s’unissent pour se révolter.

IDOL reprend des rythmes et instruments coréens et sud-africains, je l’imagine donc mal sur la scène de bal où les personnages de Rock and Riot triomphent, mais ces deux œuvres évoquent en moi les mêmes sentiments de joie et de célébration.

couverture de Rock and Riot de Chelsea Furedi

Blood Sweat and Tears

L’atmosphère sombre de Blood Sweat and Tears m’a beaucoup intriguée. Alors qu’on m’avait dit que les clips de BTS racontaient une histoire complexe, je ne voyais que des scènes sans cohérence. Il m’a fallu du temps pour en comprendre toute la richesse !

C’est rare que je donne cette chance aux romans : même quand je sens qu’un scénario obscur cache des métaphores, je n’ai pas la motivation de creuser. Ce qu’il faut, c’est déjà que l’œuvre me plaise, et ça a été le cas de Pandora Hearts de Jun Michizuki, un manga de fantasy rempli de mystère. A ma première lecture, j’étais arrivée à la fin totalement perdue. Entre les multiples retournements de situation, les univers parallèles et les nombreuses temporalités, il y a de quoi ! Ce sont les relectures qui m’ont permis d’appréhender cette histoire complexe.

Pour Blood Sweat and Tears, j’ai eu besoin de regarder une analyse, et wow ! Tout se cache dans la symbolique, les détails, et transmet un message sur le passage à l’âge adulte et la vision du bien et du mal.

Les deux œuvres sont riches en références, c’est ce qui m’avait charmée dans l’univers de Pandora Hearts. C’était passionnant de remarquer tous les clins d’œil à Alice au Pays des Merveilles, tout comme j’adore relever les références à la Bible, à la mythologie grecque, à Herman Hesse ou à Nietzsche dans Blood Sweat and Tears.

couvertures de Pandora Hearts tomes 1, 3, 7 et 14 de Jun Michizuki

Pied Piper

Difficile de trouver une œuvre avec autant de facettes que Pied Piper ! La mélodie est entrainante, légère et dansante. Les chanteurs, eux, adoptent un ton séducteur, presque lascif, qui s’accorde parfaitement aux paroles : la chanson s’adresse à leurs fans, et si l’un des rappeurs nous encourage à travailler plutôt que de voir notre temps disparaître en regardant leurs clips, les autres répètent qu’ils sont bien trop merveilleux pour qu’on puisse détourner le regard. Une idée qui pourrait paraître arrogante si elle ne témoignait pas d’une grande complicité avec les fans qui se reconnaissent dans les paroles. Il faut quand même un certain culot ! Surtout que la métaphore utilisée est quelque peu sinistre : BTS se compare au joueur de flûte de Hamelin. Vous savez, celui dont la musique envoûtante a entrainé les enfants à sa suite jusqu’à ce qu’ils se noient…

On retrouve tous ces aspects dans la série Wayward Children de Seanan McGuire, qui s’inspire elle aussi d’univers légendaires : on y parle d’enfants qui, comme Alice, Dorothée et bien d’autres, ont voyagé dans un univers magique. Une fois revenus dans le nôtre, ils peinent à trouver leur place. Une idée originale et osée !

Les tomes sont indépendants et ont des ambiances très variées : si le premier s’attarde sur la nostalgie des enfants et leur désir de retrouver un lieu où ils se sentent bien, le second ressemble plutôt à un roman d’horreur, qui dépeint tout l’attrait et la séduction de l’univers morbide dans lequel deux jeunes filles sont plongées. Ça me rappelle le charme qui se dégage de Pied Piper… Dans le tome 3, on a cette fois-ci un monde merveilleux, puisque tout y est fait de pâtisseries, et je peux tout à fait m’imaginer l’air de Pied Piper sur ses décors nappés de sucre !

Et il reste de nombreux autres tomes permettant d’explorer des idées supplémentaires…

Wayward Children tome 1 de Seanan McGuire : Every Heart a DoorwayWayward Children tome 1 de Seanan McGuire : Down Among The Sticks and BonesWayward Children tome 3 de Seanan McGuire : Beneath the Sugar Sky

Fake Love

Ma chorégraphie préférée. Et un texte… j’ai fait exprès de ne pas en lire d’analyse car mon interprétation est personnelle. Les paroles de Fake Love m’évoquent ce que j’ai éprouvé à chaque fois que j’ai tenté une relation romantique : j’apprécie la personne, mais en essayant de rentrer dans les normes, je cesse d’être moi-même, je change de personnalité, jusqu’à ce que cette relation en devienne fausse.

Rares sont les livres qui ont résonné de cette manière pour moi, et Nous qui n’Existons pas est l’un d’entre eux. Dès que j’ai lu le titre, j’ai su que je me reconnaitrais dans ce court témoignage aromantique. Je m’étends sur tout ce que j’ai aimé dans ma chronique – chaque phrase, pour être honnête, les réflexions soulevées sont tellement pertinentes ! Fake Love comme Nous qui n’Existons pas sont des œuvres qui m’ont touchée au plus profond de mon identité, et me permettent de me sentir un peu moins seule.

couverture de Nous qui n'existons pas de Mélanie Fazi

Run

Je vous ai dit plus haut que les vidéos étaient complexes, mais je crois que je ne vous l’ai pas assez signifié. C’est COMPLEXE. Le scénario s’étend à travers plusieurs clips et parfois, c’est à peu près clair, parfois, c’est plus métaphorique comme dans Blood Sweat and Tears ou Fake Love. Pour simplifier, on suit un groupe de jeunes à travers les joies et les peines qu’ils traversent, et l’un d’entre eux voyage dans le temps pour les sauver. Je découvre de plus en plus de contenu et c’est passionnant de décortiquer ce puzzle, surtout que c’est encore en cours !

Run transmet l’ambiance variée de cette histoire, et cette chanson m’évoque forcément All for The Game, une trilogie dont la complexité des personnages m’a impressionnée. Je l’ai relue plusieurs fois à la suite pour comprendre chaque de point de vue, avant de lire tous les extraits non publiés de l’autrice, qui apportent une perspective différente. Là aussi, il y a du trauma et de la psychologie à explorer !

Comme le personnage principal court souvent, le refrain de Run s’insère à la perfection sur de nombreuses scènes ! Et pour ne rien gâcher, c’est la même personne qui m’a fait découvrir BTS et All For The Game

couverture de All For the Game de Nora Sakavic

Pop, disco, rock, rap, musique latine, les chansons de BTS sont très variées, ce qui est parfait pour ce genre d’article : chacune m’évoque des livres d’un genre différent ! Il y une unité dans la richesse des thèmes abordés, et c’est aussi ce que je préfère dans les romans. Je veux qu’ils me questionnent, qu’ils me fassent réfléchir, ou qu’ils offrent un angle nouveau sur des sujets qui me préoccupent. Ça a été difficile de trouver des histoires qui collent aux musiques, mais je m’en suis donné à cœur joie, et j’espère que chansons comme romans vous porteront vers de nouveaux horizons et de nouvelles perspectives, comme ça a été le cas pour moi.

 

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