TAG Incontournables

J’ai vu passer ce TAG sur Twitter, et je trouve l’idée vraiment bonne ! Vert du blog Nevertwhere a constaté qu’à chaque fois que les médias généralistes parlent de littérature de l’imaginaire, ce sont toujours les mêmes titres qui reviennent : des livres écrits entre 1950 et 1970 par des hommes blancs.

Le but est de dépoussiérer tout ça : « présentez dans un article entre cinq et dix ouvrages appartenant aux littératures de l’imaginaire (SF, fantasy, fantastique) qui sont pour vous incontournables, quelle qu’en soit la raison.

Une seule condition : ces livres doivent avoir été publiés à partir de l’an 2000. »

J’ai été taguée très spontanément par Vert – ok, j’avoue, j’ai demandé sur Twitter à être taguée – car choisir des livres, c’est toujours compliqué pour moi, et donc très intéressant.

Déjà, pour mettre les choses au clair : pour moi, un incontournable de l’imaginaire, ce n’est pas forcément un livre que j’adore, mais un livre qui permet d’avoir une idée de ce qu’est ou de ce que peut être l’imaginaire. Je vais donc parler de livres qui m’ont marquée en tant qu’écrivaine, de livres qui pour moi définissent le genre ou qui, au contraire, le révolutionnent.

Percy Jackson de Rick Riordan

 

Percy Jackson est ma série préférée, mais ce n’est pas seulement pour ça que je la cite. Que ce soient les cinq tomes de la première série, la suite ou les spin-off, ils m’ont beaucoup appris en tant qu’écrivaine. Le premier roman que j’ai terminé était un plagiat déguisé de Percy Jackson !

C’est un roman avec un scénario entrainant, de l’humour, et des relations vraiment réussies. Je ressentais l’affection de Percy pour sa mère, pour Grover, pour son frère, pour Annabeth !

Le Gambit du Renard de Yoon Ha Lee

Si vous avez lu ma chronique, vous savez que je ne suis pas très fan de ce roman : je n’y ai pas compris grand-chose. Mais la complexité et l’originalité de l’univers m’ont impressionnée, c’est pourquoi je tenais à le présenter ici.

Le Gambit du Renard est un space opéra psychologique : la capitaine Kel Cheris doit reprendre une forteresse spatiale aux hérétiques, en accueillant en elle la conscience d’un traître meurtrier notoire, qui se trouve également être le meilleur stratège de tous les temps.

Et tout ça dans un univers inspiré de mathématiques et de géométrie, avec un calendrier qui régule les formations et tirs des troupes. La science-fiction n’a jamais mieux mérité de contenir le mot « science » !

La Terre Fracturée de N.K. Jemisin

 

Comme je lis beaucoup de fantasy, j’ai tendance à voir assez facilement où va l’intrigue dès le début de l’histoire. Mais la trilogie des Livres de la Terre Fracturée a mis mes pronostics sens dessus dessous. Le style d’écriture est original, tout comme l’univers et les personnages, et des plots twists viennent régulièrement chambouler ce que je pensais avoir compris. Bref, j’aimerais lire davantage de livres de cet acabit.

Dans un Rayon de Soleil de Tillie Walden

 

La SF a pris une nouvelle dimension pour moi lorsque j’ai découvert des BDs comme Cosmoknights, Always Human ou Dans un Rayon de Soleil. Les descriptions sont souvent assez lourdes dans les romans, et le dessin permet de supprimer tout ça, de nous immerger dans des mondes incroyablement beaux. Ça nous transporte d’une autre manière.

Dans un Rayon de Soleil est une BD tout simplement magnifique. Quand je la lis, j’ai l’impression de regarder un coucher de soleil…

Warbreaker de Brandon Sanderson

 

Warbreaker a marqué un tournant dans ma passion pour la fantasy. Aucun roman pour adulte ne me plaisait, et je restais dans la littérature jeunesse que j’épuisais jusqu’à la corde, avec l’impression de lire encore et toujours la même chose. Et puis j’ai lu Warbreaker, qui, pour commencer, n’était pas manichéen.

De plus, l’univers est complexe et cohérent, avec un système magique si bien construit qu’en tant que lectrice, je pouvais prédire son fonctionnement, deviner comment les personnages se sortiraient d’une situation dangereuse grâce à tel ou telle technique magique. C’est génial !

Duma Key de Stephen King

Les livres de Stephen King ont changé ma manière d’envisager l’imaginaire. Je suis très portée sur les règles et les systèmes magiques cohérents comme ceux de Brandon Sanderson, mais avec Stephen King, tout est imprécis : dans Dreamcatcher ou Shining, les personnages peuvent vaguement voir le passé, l’avenir ou le présent à distance, lire les pensées, mais pas toujours… et j’adore ce mystère. Ça m’a donné envie de relâcher un peu l’aspect strict de la magie dans mes propres romans…

Et puis, ses livres sont les premiers que j’ai volontairement décortiqués pour comprendre comment c’était écrit – avec toute une analyse sur le discours direct, indirect et autre, comme en cours de français – car j’adorais la façon dont il retransmettait les pensées des personnages, comme si on était dans leur têtes.

Le Guet des Orfèvres de Terry Pratchett (les Annales du Disque-Monde)

 

Je joue sur les détails en vous présentant cette série : elle a commencé en 1983 et Le Guet des Orfèvres est sorti en 1993… mais la version française est parue en 2000, donc ça marche ?

Avant de découvrir Les Annales du Disque-Monde, j’avais l’impression que la fantasy adulte ne pouvait pas être drôle. Mais Le Guet des Orfèvres est hilarant, tout en critiquant notre société à travers le verre grossissant et absurde qu’est l’univers du Disque-Monde.

L’Ecole des Soignantes de Martin Winckler

Quand je rappelle que L’École des Soignantes de Martin Winckler est un livre de SF, tout le monde semble étonné. En effet, l’histoire tourne autour du quotidien de Hannah dans la première école de soignantes féministe et intersectionnelle.

L’école des Soignantes a aussi une approche trop rare à mon goût en SF : c’est un roman optimiste et positif. La SF est par nature très politique, et les auteurices présentent souvent des avenirs atroces pour dénoncer des travers du présent. Mais on peut aussi nous présenter ces travers dans un avenir où ça s’arrange. Où les personnages se battent pour corriger ces erreurs, et ont trouvé des solutions. Ça nous montre aussi des pistes pour nous-mêmes améliorer notre société, et c’est vraiment encourageant.

Les Faucons de Raverra de Melissa Caruso

Planète Diversité avait présenté Le Prieuré de l’Oranger comme une révolution dans la manière d’écrire la fantasy, et je vous conseille vivement son article. Je suis d’accord que ce roman tranche avec une littérature d’ordinaire très sexiste et oppressive, mais personnellement, j’ai préféré la trilogie Les Faucons de Raverra qui a une approche similaire.

Même si certains affirment que « la réalité historique » est importante, je pense qu’on peut quand même admettre que dans un livre où la magie existe, le réalisme historique peut être jeté aux orties. L’univers s’inspire de la Renaissance italienne, le sexisme et l’homophobie n’y existent pas, et figurez-vous que c’est super cohérent. Ça m’a définitivement convaincue qu’il était possible de créer de tels univers – j’avais déjà lu des tentatives en ce sens qui m’avaient paru illogiques et maladroites.

La trilogie La Lectrice de Traci Chee se débrouille aussi très bien dans ce domaine, et j’espère que c’est une tendance qui prendra de l’ampleur.

Je tague L’imaginarium de Symphonie, vu sa passion pour l’imaginaire !

2 réflexions sur « TAG Incontournables »

    1. Oui, je crois que c’est un peu volontaire aussi (j’hésitais entre l’École des Soignantes et Mes Vrais Enfants en « livres SF qui n’ont pas d’ambiance SF » mais quand j’ai vu que beaucoup de gens parlaient déjà de Mes Vrais Enfants, j’ai choisi l’Ecole des Soignantes)

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