Rainbow Challenge : Bilan

C’est avec le Rainbowchallenge que j’ai découvert l’existence des challenges de lecture, puisque la chaîne de Mx Cordélia est l’une des premières que j’ai suivies. J’étais donc très impatiente de le commencer, tout en redoutant qu’il soit trop long : je sais à présent que je préfère les challenges courts, et celui-ci dure de début février à fin avril.

Toutefois, comme la page facebook était très calme, plutôt que de parler de chaque lecture, ce qui m’aurait fatiguée à la longue, je faisais des petits bilans toutes les semaines, et c’était l’occasion d’échanger sur ce que j’avais lu. J’ai découvert des livres, des blogs, et même un salon du livre auquel je compte bien aller, Fantastiqueer.

Je ne vais bien sûr pas présenter toutes mes lectures ! Je profite de ce bilan pour vous parler de quatre découvertes.

personne en chemise violette lisant Le Gambit du Renard la nuit, sous un métro aérien
Le Gambit du Renard de Yoon Ha Lee

Lorsque j’ai commencé ce livre, j’ai presque immédiatement eu envie d’arrêter. Les mots nouveaux s’enchainent − au moins un par paragraphe −, les explications sur l’univers sont incompréhensibles. Je me suis forcée à lire les cinquante première pages, histoire d’attendre que l’histoire commence, mais ça ne s’améliorait pas.

Difficile, donc, de vous expliquer de quoi ça parle… c’est un univers spatial – mais les vaisseaux spatiaux sont appelés des phalènes, j’ai mis soixante pages à comprendre ce que c’était – régi par un calendrier. Les armes sont calées sur ce calendrier, et les formations militaires peuvent, par leur géométrie, contrer leurs effets. Cet univers, régi par l’hexarcat, est menacé par des hérétiques qui ont créé un nouveau calendrier, pourrissant le calendrier officiel – comment un calendrier peut-il pourrir ?

Le lieutenant Cheris est engagée pour reprendre la forteresse des hérétiques, et pour ça, elle s’implante le meilleur général de tous les temps : Jedao, qui est malheureusement aussi un traître ayant massacré des millions de personnes.

Je me suis forcée à lire cinquante pages de plus, et je ne comprenais toujours rien. J’ai laissé tomber, j’ai lu d’autres livres… puis j’ai eu des regrets, l’histoire était intéressante, quand même, tout comme la psychologie des personnages, je pouvais bien me forcer à la finir par cessions de cinquante pages.

J’ai repris, et ça allait mieux ! Je m’étais résignée à ne pas comprendre l’univers, alors je n’essayais plus et me concentrais sur l’histoire. Entre tensions politiques et batailles, il y a du suspens… sauf que beaucoup d’éléments s’appuient sur l’univers. Et, arrivée à la fin, je n’ai pas compris le retournement de situation. Peut-être parce que j’ai lu la fin en grappillant quelques pages par-ci par-là pendant que mon invitée se brossait les dents.

J’ai découvert qu’il y avait d’autres tomes, mais franchement, l’aventure s’arrête là pour moi. C’est un roman intéressant et original, qui pourra plaire aux fans de SF, et qui a le mérite d’avoir une héroïne attirée par les femmes sans qu’il y ait la moindre romance. Mais il me demande vraiment trop d’efforts.

personne en tenue chic lisant La Chute de la Maison aux Flèches d'Argent devant une structure de bois
La Chute de la Maison aux flèches d’Argent d’Aliette de Bodard

Je ne lisais que des romans de SF déprimante en mars… Alors en commençant La Chute de la Maison aux Flèches d’Argent et en me rendant compte que ça serait tout aussi sombre que mes précédentes lectures – Le Gambit du Renard, Memorex, Les Nuages de Magellan, Sirius − j’ai été prise d’un brusque découragement.

On découvre l’atmosphère pesante d’un Paris détruit par une guerre entre les différentes Maisons d’anges déchus. Philippe, un immortel vietnamien, est capturé par Flèches d’Argent lorsque la dirigeante de la Maison, Séléné, constate qu’il a des pouvoirs qu’elle qualifie d’anormaux – en fait, c’est juste qu’elle est européo-centrée et ne conçoit pas qu’il puisse y avoir des magies égales à la sienne dans d’autres pays. Dans sa tentative de fuite, Philippe libère un mal ancien qui assassine les membres de Flèches d’Argent.

L’atmosphère est étouffante dès le début : on a plusieurs points de vue, mais aucun des personnages ne fait confiance aux autres. Ce manque de communication est très frustrant, surtout que je n’en comprenais pas les raisons ! Puis on découvre les complots politiques des Maisons d’une part, et le racisme des Déchus d’une autre – même les personnages présentés comme relativement positifs méprisent totalement Philippe pour ses origines.

C’était très parlant, d’autant plus qu’il n’y a pas de commentaires ou d’agressions racistes directes. C’est plus subtil. Un bon exemple est le moment où Isabelle, une jeune Déchue, demande à Philippe de lui faire une promesse. Il commence par jurer sur la cité – un serment français – mais elle lui dit que ça ne le lie pas, puisqu’il n’est pas Français. Alors il lui fait un serment vietnamien, qui le lie, et elle le regarde avec mépris et retient un rire de dérision. Parce que pour elle, les magies autres qu’européennes sont risibles et méprisables.

Et c’est comme ça tout le roman. Philippe est traité très injustement, et lorsqu’il proteste, on l’accuse de trahir la Maison – dont il est prisonnier, hein. Du coup, même les personnages dont on a le point de vue sont très antipathiques – Séléné, en particulier, se montre injuste envers de nombreuses personnes, et même stupide lorsqu’elle bannit celles qui pourraient sauver la Maison.

L’histoire est passionnante, l’univers est original, mais j’ai besoin d’accrocher aux personnages pour aimer un livre. Philippe est le seul personnage sympathique, mais ça ne suffit pas, ses relations avec les autres sont ternes et ça m’empêchait de l’apprécier.

J’avais prévu de lire la suite car le scénario m’intéressait, mais en ouvrant le tome 2, je me suis rappelée cette ambiance étouffante et je n’ai pas eu envie d’y replonger. Peut-être quand je serai plus détendue…

personne en t-shirt noir lisant 50 minutes avec toi devant un grillage et des gabions
50 minutes avec toi de Cathy Ythak

J’ai commencé cette histoire en guise de coupure : elle fait 70 pages, c’était une manière de me changer les idées sans me lancer dans une trilogie.

Le début est percutant : le père du narrateur tombe et se cogne la tête. Le fils ne réagit pas. Il attend. Il ne veut pas que les secours arrivent à temps pour sauver son père.

Durant les cinquante minutes qui suivent, il se souvient de tout ce qui l’a amené là. C’est très bien écrit, prenant, bouleversant. Cathy Ythak sait choisir des sujets qui me touchent ! J’avais aussi beaucoup aimé D’un trait de Fusain.

Et elle sait aussi parler d’homosexualité sans résumer ses personnages à ça, même dans une œuvre aussi courte. Le père est homophobe, mais ce n’est pas la raison pour laquelle il est violent – physiquement et psychiquement – car ça a commencé bien avant qu’il le sache. C’est un personnage intéressant, aimant et bienveillant en surface – le fils sait que même sa mère ne le croira pas s’il révèle qu’il l’a battu.

Cette histoire n’a pas seulement été une coupure : elle m’a touchée et je la recommande vivement.

personne avec un t-shirt be positive lisant Scorpio Hates Virgo devant un buisson de fleurs roses
Scorpio Hates Virgo d’Anyta Sunday

Le grand écart après la lecture de 50 Minutes avec Toi : je me suis lancée dans ce roman conseillé à de nombreuses – nombreuses – reprises par un ami qui l’avait adoré. Je n’étais pas particulièrement motivée : il m’a déjà conseillé des livres que j’ai détestés, et je n’avais pas trop aimé Rock de la même autrice.

Il attendait mon avis avec impatience, mais au début, je ne savais pas trop quoi dire : le style d’écriture n’est pas extraordinaire, maladroit, même, par moments, et je ne comprenais pas la chronologie des évènements.

Après la mort de sa tante, Percy hérite de sa maison et décide de la vendre, car vivre au milieu des souvenirs est trop douloureux. Il retombe alors sur Cal, son voisin et « ennemi juré », dont on comprend vite qu’il est amoureux. Entre les activités du quartier et l’aide dont il a besoin pour réaménager la maison avant sa vente, Percy se retrouve obligé de passer du temps avec lui.

J’ai eu du mal à rentrer dans leurs dialogues : leur flirt sous couvert de rivalité était pour le moins bizarre. J’aimais bien les encarts humoristiques au début des chapitres, mais j’étais moins fan des références aux horoscopes, maladroites au possible.

Puis j’ai été de plus en plus investie dans les échanges entre Cal et Percy : il y a une double lecture, avec plein de clins d’œil aux lecteurices attentif·ves. Par exemple, Percy dit qu’il pense que le bleu irait bien à Cal, et deux jours plus tard, la sœur de Cal arrive avec un pull bleu tout neuf… qu’elle a emprunté à son frère. C’est pareil dans les dialogues, j’ai deviné assez vite les secrets de Cal, et ses répliques avaient souvent un double sens : le sens officiel et celui qu’on devine si on fait attention.

Et c’était de plus en plus drôle. J’ai croisé mon père dans le couloir, et il a cru que j’avais reçu une excellente nouvelle tellement je souriais, mais en fait, j’avais ma liseuse à la main et je lisais – oui, en mettant la table, je suis multitâches, voyez-vous.

Le scénario parallèle à la romance était prenant, et j’ai finalement été déçue qu’il ne soit pas plus exploité. La relation entre Percy et la sœur de Cal, le départ du père de Cal, le voisinage sympathique, tout ça aurait pu être plus présent. Et, surtout, la relation entre Percy et son cousin Franck, qui le maltraite en l’accusant de ne pas avoir aimé sa tante. C’étaient les passages dans lesquels j’étais le plus investie émotionnellement, mais ils étaient trop rares et il n’y a pas eu de véritable résolution.

A la fin, on découvre que Cal est demi- et pansexuel, et ça m’a fait très plaisir de lire le mot et sa définition. Ça ne change absolument rien à l’intrigue, mais ça m’a fait du bien que le spectre ace soit reconnu, ce qui reste très rare.

Miracle ! Après une longue période où les livres que je conseillais à mon ami ne lui plaisaient pas, et réciproquement, j’ai passé un très bon moment avec cette lecture sympathique. Un pur moment de détente !

Difficile de résumer un challenge aussi long et rempli de lectures ! Il y a eu des moments frénétiques, où je lisais livre sur livre, et d’autres où je ne trouvais rien qui me plaisait, où je continuais de lire par habitude plus que par plaisir. Mes plus grands coups de cœur ont été :

TW Gambit du Renard : viol, mention + intention de suicide et automutilation

TW La Chute de la Maison au Flèches d’Argent : racisme, mutilations

TW 50 minutes avec toi : mort, relation toxique, violence familiale

TW Scorpio Hates Virgo : relations sexuelles explicites

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Lu pour le Challenge de l’imaginaire

 

3 réflexions sur « Rainbow Challenge : Bilan »

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