Summer Bird Blue d’Akemi Dawn Bowman

personne en tenue de plage avec un coucher de soleil en forme de guitare sur son t-shirt lisant Summer Bird Blue d’Akemi Dawn Bowman devant le ciel

J’ai commencé Summer Bird Blue d’Akemi Dawn Bowman en voulant ajouter un livre de plus à la liste des livres aro ace que j’avais lus : il ne m’intéressait pas plus que ça. Les premiers chapitres m’ont confortée dans cette approche : Rumi vient de perdre sa petite sœur Lea dans un accident de voiture, elle est dévastée, et comme sa mère est trop triste pour s’occuper d’elle, elle se retrouve à Hawaï chez sa tante, à essayer de terminer la chanson que Lea et elle écrivaient avant l’accident.

Et il ne se passe rien, c’est juste des pages et des pages de description de sa peine. C’est certainement beau et poignant quand on a un niveau d’anglais suffisant pour apprécier la plume et se laisser prendre par les émotions, mais moi, ma seule pensée, c’était « qu’est-ce que je m’ennuie… »

J’aimais bien Rumi, ceci dit, et au fur et à mesure que son identité aro ace était explorée – et que Tash Hearts Tolstoy, que je lisais en parallèle, me réhabituait à ne pas lire en diagonale – je rentrais de plus en plus dans l’histoire. Vers la moitié, j’ai commencé à tout lire !

J’ai toujours éprouvé une grande fascination pour les méchant·es, qui sont souvent les personnages auxquels je me vois ressembler. J’ai bien l’intention d’écrire un roman de fantasy où læ méchant·e et læ héro·ïne sont aromantiques, et læ méchant·e pourra faire un discours machiavélique « tu es comme moi, incapable d’aimer ».

Dons ce livre contemporain, il n’y a pas de « grand méchant maléfique », mais ce thème est exploré à travers la crainte de Rumi de ressembler à son père, qui a abandonné sa famille car il refusait de s’engager dans une relation. De plus, elle est très froide, cruelle parfois − un gros cliché des personnes aro − et elle s’en veut pour ça. En même temps, c’est comme ça qu’elle est, ça ne veut pas dire qu’elle n’aime personne, au contraire !

Ce parallèle entre Rumi et son père permet aussi de se pencher sur la question des phases, car Rumi pense qu’elle doit être sûre d’elle, tout de suite, pour ne pas décevoir son entourage. Le roman réaffirme qu’on a le droit de changer, qu’une identité peut être une phase, qu’elle n’en est pas moins quelque chose de réel et légitime.

« I’m normal.

And part of me knew it all along. Because feeling the way I feel always felt normal to me, until I realized it wasn’t what other people were doing—when I realized how sure everybody else seemed to be about their likes and dislikes.

But maybe it really is okay to be unsure, and to change my mind, or to never change my mind.

Maybe it’s okay to be exactly the way I am. »

couverture de Summer Bird Blue d’Akemi Dawn Bowman

Toutes les relations sont belles, touchantes et ont l’air réelles, que ce soit celle entre Rumi et sa sœur, sa mère ou sa tante, celle avec son voisin âgé et celle avec Kai, un garçon de son âge. Le trouble entre romance et amitié est bien exploré, car Romi sait que Kai lui plait, qu’elle le trouve beau, mais elle n’a pas non plus l’impression d’être amoureuse.

« I told him I don’t know what it means to want to be around someone all the time but never want to be intimate. I told him I don’t know what it means to want a best friend that won’t date anyone else. »

Ça me parle beaucoup, que Rumi n’arrive pas à tout expliquer et tout comprendre sur elle-même. J’ai souvent l’impression que tout le monde est sûr de son identité, sauf moi. C’est l’image qu’on donne, pour simplifier, pour s’armer contre le regard des autres. Mais je sais que je ne suis pas la seule à douter en permanence, et c’est agréable de le lire.

Même sans pouvoir savourer la beauté des mots, la fin m’a beaucoup touchée, et j’avais les yeux humides en la lisant. Pas très pratique : j’étais en public, dans une gare en attendant mon train.

J’aurais vraiment dû lire Summer Bird Blue correctement dès le début, vu le nombre de petites phrases super intéressantes que j’ai trouvées en deuxième moitié. J’ai bien l’intention de le relire et de le savourer !

Avertissements : mort d’une proche (accident de voiture), deuil, attaque de panique, crise cardiaque, noyade

 

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