The Henna Wars

de Adiba Jaigirdar

personne en robe multicolore lisant devant une fontaine

J’ai tendance à préférer lire des livres en français, pour pouvoir plus facilement les conseiller. Seulement, les livres anglais ont si souvent l’air tellement plus intéressants et variés ! Et pour The Henna Wars, je n’ai pas résisté, surtout que c’est un roman jeunesse : j’espérais que la langue ne poserait pas problème, et en effet, ma lecture a été facile et fluide.

Je l’ai lu d’une traite, durant un week-end en famille, alors que j’avais besoin d’une lecture légère pour me détourner de Moi, Peter Pan et Fille de l’Eau. Je m’attendais à une romance, et le livre s’ouvre sur la rencontre entre Nishat et Flávia à un mariage bengali. Elles se connaissent de l’école primaire mais ne se sont pas revues depuis, et Nishat crush tout de suite sur elle.

C’est doux, c’est mignon, surtout que la sœur de Nishat, Priti, est géniale : drôle, toujours là pour l’écouter, mais aussi pénible et capricieuse, bref, je me suis attachée à elle. Difficile de ne pas l’aimer quand Nishat l’adore !

Très vite cependant, ma joie s’est évanouie : Nishat fait son coming out à ses parents. Iels expriment clairement qu’elle peut être tout ce qu’elle veut, sauf lesbienne, et iels se mettent à l’ignorer en attendant qu’elle change. C’est horrible, et ça créée une pression constante chaque fois qu’elle est chez elle et que sa mère agit comme si elle n’était pas là.

Heureusement, à l’école, elle a ses amies Jess et Chaewon ! Flávia y va aussi, mais l’instant de joie en la retrouvant est vite écrasé par son amitié avec Chyna, la fille qui a répandu des rumeurs racistes sur Nishat. Aussitôt après, elles doivent former des groupes pour fonder des mini-entreprises, et celle qui réussira le mieux gagnera un prix – ça fait partie du cursus optionnel en Irlande de faire une année de transition après le brevet, pour apprendre des compétences pratiques à travers des projets.

Nishat décide de monter un atelier de henné, sauf que Flávia et Chyna montent le même projet. Nishat essaie de lui expliquer ce qu’est l’appropriation culturelle – et c’est mis en valeur au travers de nombreux exemples de microagressions racistes, notamment lorsque personne ne remarque que Nishat et sa sœur portent du henné mais trouvent ça si « intéressant et exotique » sur Chyna. Cette chronique revient davantage sur ce point central du roman. Flávia n’écoute pas et à partir de là, elles sont en concurrence agressive pour le prix.

Ce livre me brisait un peu plus le cœur à chaque page. Entre l’homophobie à la maison et le racisme à l’école, Priti est le seul soutien constant de Nishat. Toutes les remarques et situations qu’elle doit traverser sont juste horribles.

Les plus petits détails me déchiraient le cœur. Comme cette scène où la famille étendue de Nishat discute de ses futurs métiers : il y a celleux qui pensent que le seul emploi respectable est médecin, d’autres pour qui une femme ne peut être qu’institutrice… le père intervient :

« − Doctor, teacher, engineer, our Nishat could be anything she wants to be, Abbu says, clapping me on the back proudly.

It’s the most he’s said to me in weeks, but there’s a plasticity to his smile, a solemnness to his voice. Nishat can be anything she wants to be, except herself. »

J’étais aussi très méfiante vis-à-vis de la romance : ce que fait Flávia à Nishat en exploitant sa culture, c’est odieux, et je ne comprenais pas comment Nishat pouvait être attirée par quelqu’un qui la faisait souffrir comme ça. Mais on comprend de plus en plus le point de vue de Flávia, comment elle en est arrivée à faire cette erreur, elle s’excuse et se rachète.

Dans la deuxième moitié du livre, la situation va en s’améliorant : Nishat gagne des appuis, certaines personnes qui l’avaient abandonnée reviennent la soutenir, et ça fait chaud au cœur ! Après toutes ces épreuves, les moments de douceur entre Nishat et Flávia sont d’autant plus réconfortants.

Ce livre a comblé toutes mes attentes, et plus encore ! Il a malmené mon cœur, le brisant pour le câliner plus tard… C’est une belle romance, une histoire douce et ciblée pour les enfants, mais complexe et profonde. Je la relirai sans hésiter !

Avertissements : outing, harcèlement, racisme, homophobie

 

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