TEP Book Club : Quelques Pas de Plus et Dis-moi si tu Souris

Le thème de février, « Femmes Handicapées », étant tout aussi intéressant que celui de janvier, j’ai participé une fois de plus au TEPBookClub. En fin de mois, car je n’avais pas trouvé beaucoup de livres avec des femmes en situation de handicap, et je n’aime pas me forcer à lire. Finalement, toutes mes lectures ont été le fruit du hasard…

Quelques Pas de Plus d’Agnès Marot

personne avec une guitare lisant quelques pas de plus assise devant un arbre à trois troncs

Une fois n’est pas coutume, j’avais emporté un livre papier pour un voyage à Paris : Moon – La Révolte de la Colombe de Karen Bao. Il alourdissait ma valise, mais non seulement j’ai eu l’occasion de le lire au cours du week-end, mais surtout… je l’ai fini samedi soir. Et du coup, je n’avais plus que ma liseuse pour mes trajets de dimanche. Comme ça faisait longtemps que je n’avais pas renouvelé les livres disponibles dessus, je n’avais pas beaucoup de choix, et j’ai commencé Quelques Pas de Plus d’Agnès Marot sans enthousiasme, par défaut.

Ce fut une excellente surprise : j’ai tout de suite accroché à la narratrice, Sora. Et surtout, j’ai vite découvert que l’histoire avait des éléments fantastiques : après avoir découvert que sa cheville serait douloureuse toute sa vie, Sora est poursuivie par quelqu’un qui veut s’emparer d’un rituel de guérison soi-disant transmis par sa mère. Mais dont elle n’a aucun souvenir !

J’ai reconnu les paroles de mes ami·es dans les descriptions du handicap de Sora. Les cuillères – une manière de quantifier l’énergie – les choix, le validisme… Ça a rendu le personnage réel à mes yeux, comme si je le connaissais. Sa personnalité combattante m’a beaucoup plu, tout comme sa relation avec sa sœur Kay, un personnage plein de feu lui aussi.

J’ai lu Quelques Pas de Plus dans le métro puis dans un café en attendant l’ouverture de ma librairie occasion préférée. Même si j’ai acheté plein de livres – dont Eon et le Douzième Dragon et Dis-moi si tu Souris – c’est quand même Quelques Pas de Plus que j’ai continué dans le train retour.

Les chapitres alternent entre le présent, où Sora et Kay sont poursuivies à travers les Etats-Unis alors qu’elles essaient de retrouver le rituel de leurs ancêtres Navajos ; et le passé, un mois plus tôt, où on découvre les évènements qui les ont poussées à quitter la France. Ce va-et-vient m’a parue artificiel au départ : j’avais l’impression que l’autrice essayait de masquer un début ennuyeux en l’alternant avec la course-poursuite trépidante du présent. Alors qu’au contraire, le passé n’est pas ennuyeux, mais rempli de tension grimpante, puisqu’un des camarades de Sora devient de plus en plus agressif à son encontre, que Kay semble garder un secret. On veut comprendre, et les chapitres « présent » donnent presque trop d’indices à mon goût.

Je ne suis pas à même de commenter l’aspect « culture amérindienne » de l’histoire, je ne peux que relever quelques éléments que des articles m’ont appris à vérifier. L’autrice semble bien renseignée, ne fait pas d’amalgame entre les différents peuples amérindiens, et Sora apprend à ne pas s’approprier sans réfléchir une culture qu’elle ne connait pas. Cependant, les Navajos présentés sont assez simples, et leur culture est associée à la magie.

Ce roman fut une excellente surprise, car j’ai passé un très bon moment. Les personnages sont dynamiques et prenants, et ça fait plaisir de lire une histoire fantastique où le handicap du personnage est intégré à une aventure pleine de rebondissements.

Comme j’avais acheté Eon et le Douzième Dragon d’Alison Goodman, je l’ai commencé dans le train qui me ramenait chez moi. Je le lisais parce qu’un ami me l’avait conseillé, mais je me suis rendue compte que lui aussi avait une narratrice handicapée ! Je l’ai adoré et je le chroniquerai une fois que j’aurai fini de lire le tome 2.

Dis-moi Si Tu Souris d’Eric Lindstrom

personne en tenue de sport et cape lisant Dis-moi si tu souris devant une couverture à étoiles

Depuis septembre, je ne vais qu’à une seule bibliothèque à la fois, et je n’ai donc « que » douze livres à lire en quatre semaines. Mais exceptionnellement, je suis allée à une autre et j’en avais vingt-trois… Dans ces circonstances, était-ce raisonnable de commencer Dis-moi si tu Souris d’Eric Lindstrom, un livre que j’avais acheté et que je n’avais donc pas à rendre ? Pas du tout. Est-ce que c’est ce que j’ai fait ? Tout à fait.

Pour être honnête, je l’ai commencé un peu pour « cocher une case », pour me dire que j’aurais lu plus de deux livres pour le TEPBookClub. Mais ça m’a fait comme avec Quelques Pas de Plus : la narratrice, Parker, est géniale. Elle est dynamique, ferme, hilarante, et j’avais l’impression de suivre une super-héroïne. Elle est incroyable. Elle tient beaucoup à la sincérité, au point d’en être parfois brutale, et ça a fait écho à beaucoup de débats que j’ai eus sur la gentillesse et l’hypocrisie… personnellement, j’aimerais toujours dire ce que je pense, mais ce n’est pas évident de le faire sans blesser !

Parker est aveugle et doit faire face à deux grands changements : son père est mort et sa tante s’installe dans sa maison, et son lycée fusionne avec un autre, ce qui signifie qu’il y a beaucoup de nouvellaux élèves… dont un que Parker connait déjà : Scott, l’ami d’enfance qui l’a trahie.

J’ai lu les cent premières pages d’une traite, l’histoire et le personnage promettaient de m’enthousiasmer ! Finalement, le scénario m’a déçue, car il tourne en grande partie autour de la romance. Cette romance est bien, mais j’étais plus intéressée par la relation entre Parker et sa cousine, ainsi que sa passion pour la course, qui sont moins développées. Il y a d’excellents moments, notamment entre Parker et ses amies. Leurs discussions sont passionnantes, on sent tout le problème de Parker qui a besoin qu’on lui décrive tout pour se sentir en confiance, et ses amies qui parfois, ne souhaitent pas mettre l’accent sur certains évènements de peur de la blesser…

La relation entre Parker et Jason, le garçon avec lequel elle sort, était également très réussie. Iels ne communiquent pas très bien, Jason est convaincu d’être en couple après un premier rendez-vous, alors que pour Parker iels sont en train d’apprendre à se connaître. J’ai particulièrement apprécié le moment où Parker se demande si la raison pour laquelle elle a envie de l’embrasser « et plus » n’est pas liée à un manque de tendresse : depuis la mort de son père, plus personne ne lui fait de câlins. Je me suis souvent posé la question – je n’ai pas beaucoup de câlins dans ma vie, sauf si on compte les peluches, et ça manque, c’est sûr – et c’était très agréable de la voir abordée. Et Parker arrive à la même conclusion que moi : être en manque de câlins n’est pas une raison de se jeter sur la première personne consentante venue.

Je l’ai terminé en deux jours, c’était une lecture passionnante. Parker est géniale et inspirante, et son humour nous entraine dans le roman. Si vous voulez en savoir plus sur le traitement du handicap dans ce roman, je peux vous conseiller cette chronique écrite par une

Les deux lectures m’ont prise par surprise – dans le bon sens du terme ! Je planifie tellement les livres que je lis, consultant des avis à l’avance, que c’est vraiment rare d’être prise au dépourvu, et ça m’a fait très plaisir.

 

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