Le Prince et la Couturière

de Jen Wang

personne en robe à fleurs oranges lisant Le Prince et la Couturière dans son lit

J’avais entendu parler de cette BD dans une vidéo de Sita tout Court, qui s’enthousiasmait sur les dessins, la bouille adorable et les joues rougissantes des personnages, sur la douceur de l’histoire… Et bien sûr, aucune bibliothèque ne l’avait, et je ne la trouvais pas en magasin : impossible de lire les premiers chapitres pour me décider à acheter ! Pas d’extrait en ligne non plus…

Mais elle avait l’air tellement bien… je l’ai achetée quand même. Et j’ai commencé à la lire alors que j’étais épuisée : j’avais écrit jusqu’à une heure du matin parce que j’étais lancée, et, au lieu de me coucher comme une personne raisonnable, j’ai ouvert Le Prince et la Couturière. Une BD très mince, comme on peut le voir sur la photo. À peine 300 pages…

Alors que je pensais y passer la nuit – ou plutôt la matinée –, je l’ai lue très vite : il y a peu de texte, et, même si les dessins sont magnifiques, j’étais trop pressée de savoir la suite pour m’attarder dessus. A Paris, à la fin du dix-neuvième siècle, la jeune Frances travaille dans un atelier de couture. Elle a l’air toute timide mais n’hésite pas à suivre son cœur : dès le début, c’est en cousant une robe considérée comme scandaleuse qu’elle attire l’attention d’une riche noble qui l’engage comme couturière personnelle. Je l’ai adorée, elle est douce et calme mais ses yeux brillent de passion !

Le prince Sébastian – belge, bien sûr, car il n’y a plus de rois en France à cette époque – m’a plu par son caractère enthousiaste, et puis son embarras dans les situations tendues est hilarant. L’histoire est douce et mignonne, mais comme on s’attache aux personnages, on veut savoir ce qui va leur arriver ! Impossible de reposer la bande dessinée.

Les personnages se rapprochent, et on craint de plus en plus que le secret de Sébastian ne soit découvert. Et bien sûr, avant la fin, il faut ce passage tendu, où on croit que tout est perdu… c’était douloureux, mais d’autant plus réjouissant d’assister au triomphe final !

Après une journée pendant laquelle j’ai somnolé au travail, j’ai repris la BD pour admirer les dessins. Les traits sont tout en rondeur, ce qui donne un côté enfantin et adorable aux personnages, sans jamais détonner avec les décors grandioses. Et surtout… les robes ! Alors que les personnages sont doux et calmes, elles virevoltent de dynamisme, de mouvement.

J’ai relu cette bande dessinée quelques jours plus tard, par-dessus l’épaule d’une amie, guettant ses réactions avec avidité. C’était tellement génial de partager ses émotions, de tout revivre une deuxième fois. L’attendrissement au début, puis, sur la fin, la tension qui grimpe. Jusqu’à la fin, splendide et enthousiasmante. C’est une des raisons pour lesquelles j’adore conseiller des livres : même lorsque je ne regarde pas par-dessus l’épaule, j’ai l’impression de partager mon enthousiasme, et de revivre ma lecture.

Je sais que lire est considéré comme une activité solitaire, mais j’ai lu des livres à haute voix à mon frère quand il était jeune, j’ai relu par-dessus son épaule et celle de ma mère pendant tout le collège, j’ai lu des BDs épaule contre épaule avec des ami·es, et même à distance, je partage des lectures communes en ligne. Oui, souvent, c’est une activité à laquelle je me livre souvent seule, dans mon cocon, mais à mes yeux, elle n’est pas solitaire par essence. Et pour vous ?

Comme j’adore cette BD, j’ai envie de revivre sa lecture encore et encore ! Alors n’hésitez pas à la découvrir, à me dire ce que vous en pensez. A la partager avec vos ami·es, à la lire avec elleux. C’est une bande dessinée qui se lit facilement et qui se relit tout aussi bien, avec des personnages attachants et des dessins magnifiques.

Avertissement : outing, transphobie

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *