The Good Place

Plusieurs ami·es m’avaient conseillé cette série, le blog La Vie en Queer m’avaient encore plus motivée, et du coup j’ai commencé à regarder The Good Place avec ma famille pendant le confinement.

Le concept est simple : Eleanor est morte et a été envoyée dans un quartier du Bon Endroit, où seules les personnes les plus vertueuses sur Terre peuvent aller. Sauf qu’en fait, il y a eu erreur, Eleanor était odieuse. Comme elle ne veut pas être envoyée au Mauvais Endroit, elle va tout faire pour cacher son secret et apprendre à être gentille.

Au début, c’est une série humoristique légère : les épisodes sont courts, les personnages caricaturaux, les décors kitsch au possible − l’aspect « bonbon » est voulu, puisqu’on est dans un équivalent du Paradis.

Les personnages sont approfondis au fur et à mesure : Eleanor n’est pas la seule intruse, le moine Jianyu étant en fait le délinquant irresponsable Jason. Tous deux vont suivre les cours de morale du professeur Chidi, sous le regard méfiant de Tahani, l’âme sœur de Jason. Michael, l’architecte du Bon Endroit, demande de l’aide à Eleanor pour débusquer les intrus·es. La situation est de plus en plus tendue, surtout qu’Eleanor ne peut pas mentir sans devenir une personne pire encore.

Et puis, au dernier épisode de la saison 1, retournement de situation ! L’histoire prend une dimension nouvelle, et cesse d’être une comédie légère pour devenir plus complexe. Les personnages cherchent à réformer le système de jugement pour qu’il soit plus juste… c’est l’éternité après la mort qui est en jeu !

L’humour reste constant dans la suite, mais les enjeux grimpent progressivement. On change de cadre à chaque saison – un quartier du Bon Endroit dans la saison 1, un quartier du Mauvais Endroit pour la 2, la Terre pour la 3, et un nouveau quartier de l’Endroit du Milieu pour la 4 – ce qui permet d’explorer toutes les facettes de l’univers.

Les personnages sont de plus en plus fouillés, et surtout, évoluent. Quand on compare le Chidi du dernier épisode à celui du premier… wow ! C’est bien la même personne, mais on sent que des années se sont écoulées. C’est rare que les personnages soient aussi complexes, je suis particulièrement impressionnée par l’évolution de Jason. Sa stupidité me tapait sur les nerfs, surtout qu’il aurait été irréaliste qu’il change sur ce point. Mais il acquiert beaucoup de sensibilité et finit par donner d’excellents conseils émotionnels à ses ami·es !

Mon préféré est toutefois Michael, le créateur du quartier. L’acteur est incroyable, il sait rendre ce personnage à la fois adorable et inquiétant. J’ai envie de lui faire des câlins lorsqu’il se passionne pour les humain·es et leurs coutumes, mais à d’autres moments, on ne sait pas trop dans quel camp il est, s’il ment ou non… surtout que certaines personnes peuvent changer d’apparence et se faire passer pour d’autres !

C’est vraiment agréable de regarder une série dont la fin était prévue depuis le début : elle clôt parfaitement l’histoire. Cependant, la dernière saison était un peu chaotique, notamment parce qu’il y a beaucoup de « micro-problèmes » réglés en un épisode.

Cette série, de par son univers et son histoire, permet des réflexions poussées sur la mort, le but de la vie, et la nature de la bonté. Qu’est-ce qu’une bonne action : une action poussée par de bonnes intentions, ou ayant des conséquences bénéfiques ? Peut-on agir moralement sans avoir conscience de notre mort ?

Les quelques cours de morale de Chidi permettent de connaître les différents courants de pensée – même s’ils sont surtout une occasion de plaisanter – mais c’est à travers le scénario qu’on réfléchit. Qu’est-ce qui va faire qu’Eleanor s’améliore ? Qu’est-ce qui l’empêchait d’être une bonne personne ?

Le thème central de la série est la justice, puisqu’après leur vie sur Terre, les personnes sont récompensées ou punies selon leurs actions. Dès le début, on sait que la plupart des gens vont au Mauvais Endroit pour être torturés, et que les personnes assez généreuses pour aller au Bon Endroit sont extrêmement rares. Dans les premières saisons, ce système judiciaire rétributif – c’est-à-dire qui punit ou récompense des actions – n’est pas questionné, ce sont plutôt les critères de jugement qui sont débattus. A la fin, les questions se modifient, jusqu’à ce que les personnages se demandent « les gens peuvent-ils devenir meilleurs ? Doit-on les aider ? Comment les aider ? » et on s’intéresse plutôt à une justice réparative.

La série est aussi discrètement engagée côté féministe, puisqu’on voit des personnes racistes ou sexistes perdre des points de bonté – et d’ailleurs, j’avais trouvé intéressant que le personnage en question ne se considère pas comme sexiste, on est loin d’une caricature – mais côté représentation LGBTI+, j’étais moins convaincue. L’attirance d’Eleanor pour les femmes n’est jamais prise au sérieux – elle en parle toujours dans le cadre d’une blague – et les seuls personnages gays sont soit transparents, soit très stéréotypés… les clichés ne sont pas forcément un mal en soi, mais quand c’est la seule représentation et qu’Eleanor fait des remarques du style « on est en 2019, tu devrais être bi ! » comme si c’était une mode, j’avoue que ça me fait grincer des dents.

Ça a commencé comme une sympathique histoire divertissante, et au fil des épisodes, c’est devenu une série profonde, avec des personnages complexes et un scénario prenant. Il n’y a pas de filler, on avance à chaque fois, on découvre de nouveaux éléments, de nouvelles menaces. Et la fin ! Je suis triste de quitter les personnages, mais elle est si parfaite que je ne voudrais pas qu’il en soit autrement.

 

Une réflexion sur « The Good Place »

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