She-Ra and the Princesses of Power

Catra et Adora

De façon générale, je ne regarde pas beaucoup de films et séries. Mais pendant le confinement, c’était une activité familiale idéale, source de discussions passionnées. Nous avons regardé The Chilling Adventures of Sabrina, The Dragon Prince, The Good Place… J’ai proposé She-Ra and the Princesses of Powers − créée par l’autrice de Nimona ! − mais ma famille n’était pas tentée. J’ai donc pu regarder la saison 1 en une soirée – en me couchant à des heures indues – et j’ai regardé la suite en une semaine.

Sur la planète Etheria, Adora vient d’être promue capitaine de la Horde. C’est son rêve de toujours ! Elle va enfin pouvoir partir au combat pour protéger le pays des princesses maléfiques…

Sauf qu’elle tombe sur une épée magique qui lui révèle qu’elle est la guerrière She-Ra et que « son destin est de rétablir l’équilibre de l’univers » − oui, ça paraissait très cliché au départ, mais en fait c’est voulu. Adora découvre alors que la Horde est maléfique et décide de s’allier à princesse Glimmer et son ami Bow, tournant le dos à sa meilleure amie Catra. Le cœur brisé, celle-ci la traque sans relâche.

La saison 1 fonctionne comme une introduction, puisque les trois personnages principaux partent recruter des allié·es dans leur combat contre la Horde. Chaque épisode présente une princesse, et les affrontements développent aussi les méchant·es. Le final était un peu facile, mais c’était dans l’ensemble une saison très prometteuse : les personnages sont intéressants et j’avais hâte de voir ce qu’ils deviendraient.

Les saisons 2 et 3 sont très courtes, et je ne sais pas à partir de quel moment j’ai commencé à adorer. En tout cas, vers la moitié de la saison 3, j’étais à fond, et la saison 4 est absolument géniale. L’univers est approfondi, il y a de très bon retournements de situation et je n’arrivais pas à arrêter de regarder, bref, j’étais époustouflée.

Les dessins sont simples mais le character design est original et met en valeur différents types de masculinité et de féminité. Je pense à toustes les enfants qui grandissent avec cette série : c’est merveilleux de voir une héroïne qui finit en couple avec une autre fille. Je sais que La légende de Korra avait eu un impact énorme sur les jeunes bi et lesbiennes, et She-Ra aura le même rôle, avec plein de couples d’hommes, de femmes, un personnage non-binaire – bon, comme d’habitude, le pronom they a été traduit par elle et non iel dans les sous-titres français, mais la traduction orale est bonne !

Ce qui m’a conquise, c’est, comme souvent, les personnages. Leur évolution est très intéressante et impacte le scénario, permettant de transformer une trame classique – le héros qui sauve l’univers – en une histoire bien plus complexe.

J’avais trouvé Adora assez banale au début, même si son passé de soldate de la Horde était intéressant. Mais son statut d’Elue permet une construction intéressante de son amie/ennemie Catra : Adora a toujours été favorisée, a toujours tout mieux réussi, et lorsqu’elle découvre sa destinée, elle abandonne son amie… tout en essayant de la « sauver », ce que Catra prend très mal car elle tient à son indépendance. Et, surtout, cette série a volé une de mes idées : que fait-on lorsque la destinée tracée pour nous ne nous convient pas ? Lorsque c’est un mensonge ? Comment lutter contre le destin ? Si on réussit à y échapper, comment se définit-on ?

Les personnages que je préfère sont cependant les méchant·es, qui ont toustes une personnalité et un passé complexes. Et… c’est là que la saison 5 m’a déçue.

Comme les méchant·es ont toustes des raisons pour mal agir – à part le grand méchant – c’est tentant de vouloir qu’iels se rachètent, qu’iels passent du côté des gentil·les. Et pour deux de ces adversaires, ça marche bien : pour l’une parce qu’elle n’a jamais été maléfique et n’a fait que suivre les ordres et se faire manipuler, pour l’autre parce que même dans le camp des gentil·les, elle reste malveillante et n’est jamais pardonnée.

Les deux autres, en revanche, me sont restés en travers de la gorge. Pour l’un, il n’y a pas le moindre effort de sa part pour s’excuser ou se racheter. Il a beaucoup souffert, il a une amie parmi les gentil·les, hop, alors qu’il a détruit des villages, tué plein de personnes, et qu’il n’a jamais rien fait de bien, il est accueilli par les gentil·les à la fin. Je sais que c’est une série pour enfants et que le pouvoir de l’amitié c’est chouette, mais… j’ai pas du tout aimé ça.

Alors, ça ne dérange personne ?

Mais ce n’est qu’un personnage secondaire, contrairement à celle dont je vais vous parler. Et elle, elle n’était pas juste impitoyable avec ses ennemi·es : elle a trahi ses amies, elle était prête à détruire le monde pour qu’Adora n’échappe pas à son contrôle, et c’est une personne toxique qui a complètement détruit l’estime de soi de Scorpia. On la comprend, et c’est pour ça que je trouvais que c’était une méchante géniale : j’avais beaucoup de compassion pour elle, et j’avais envie qu’elle se rachète… mais voilà, je voulais qu’elle fasse des efforts avant d’être pardonnée.

Elle va s’excuser, certes. Auprès de deux personnes. Elle va sauver quelqu’un… et quelques épisodes plus loin, lorsqu’Adora échappe de nouveau à son contrôle, elle l’abandonne alors qu’elle est en danger de mort. Je n’ai rien vu qui me prouve que ce personnage ne va pas directement retomber dans ses vieilles habitudes toxiques.

Le changement est plutôt bien fait, on connait bien les personnages et on comprend pourquoi elle est pardonnée, mais… moi, je ne lui pardonne pas, et je ne suis pas convaincue qu’elle ait changé. C’est un personnage adoré et j’ai trouvé plein d’articles expliquant son changement, expliquant en quoi c’est bien et super que ce personnage se libère de sa spirale d’autodestruction. Et je suis d’accord ! Mais si on pense à tous les personnages qui ont souffert à cause d’elle, qui ont galéré à couper les ponts… je trouve sa rédemption trop facile.

Double Trouble et Catra

Mais bon, c’est bien parce que je suis investie dans le personnage et la série que je prends tout ça tellement à cœur ! C’est dommage que la saison 1 soit un peu longue, mais après, c’est une série incroyable qui m’a enthousiasmée.

Avertissement : relations toxiques

 


Toutes les images sont issues de la série et sont donc la propriété de Netflix

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