Blank Spaces de Cass Lennox

personne en polo blanc lisant Blank Spaces de Cass Lennox devant un lac asséché

J’ai déjà raconté dans la chronique de His Quiet Agent comment ma passion pour les romances ace avait commencé. Suite à cette lecture et celle de The Alpha and His Ace, j’ai enchainé avec A Promise Broken, Perfect Rythm et The Trouble, que j’ai lus dans le même week-end. Tiens, tiens, 5 livres en un week-end ? Vous commencez à comprendre ce qui s’est passé ?

En fait, je n’ai pas accroché à ces trois livres, mais la représentation était bien, et du coup, j’avais envie de les avoir lus juste pour dire « j’ai lu une romance avec un personnage aro » ou « j’ai enfin vu une lesbienne ace dans un livre ». Je lisais en diagonale et j’avais plus l’impression de télécharger les romans dans mon cerveau que de les lire.

Et puis je suis tombée sur Blank Spaces qui a été comme une grande respiration. Je l’ai lu vite, mais je l’ai lu pour de vrai.

Le résumé présente cette histoire comme une romance entre Vaughn, qui n’a jamais été intéressé par des relations sexuelles, et Jonah, qui passe ses soirées dans des bars à coucher avec tous les mecs consentants qu’il trouve. Je pensais du coup que Jonah serait peut-être aro : il est présenté un peu comme le narrateur de The Trouble, qui ne comprend pas comment fonctionne la romance. Mais en fait non.

Ils se rencontrent lorsqu’un tableau est volé pour la troisième fois dans le musée où travaille Vaughn, et que Jonah est envoyé par l’assurance pour enquêter. Ce scénario annexe était plutôt sympa, même si j’ai tout de suite deviné qui était coupable.

couverture de Blank Spaces de Cass Lennox

Ce qui m’a plu par rapport aux autres livres de ce week-end, c’est que les personnages étaient vraiment développés. On découvre leur passé au fur et à mesure, et il a un impact sur leur présent et sur leur personnalité. Il y a beaucoup de dialogues, des scènes avec les ami·es qui permettent de voir comment ils agissent dans différents contextes. Rétrospectivement, je trouve ça dommage que Vaughn n’ait aucun défaut. Je n’irais pas jusqu’à dire que son asexualité est son seul défaut, mais le scénario donne parfois cette impression. Jonah doit surmonter sa peur de l’abandon, son insécurité et sa tendance à repousser les gens, il doit apprendre à accepter les différences des autres. Vaughn, lui, découvre son asexualité. C’était bien qu’il n’ait aucun mal à l’accepter, mais du coup, le personnage évolue peu. Et alors que c’est lui qui a finalement le plus de privilèges – très riche, avec une famille qui le soutient, alors que Jonah est orphelin, pauvre, et exposé à pas mal de putophobie – c’est Jonah qui fait tous les efforts de tolérance et d’acceptation. Vaughn est une exception dans son entourage méprisant : lui ne juge personne ! Ce n’est pas très réaliste et ça crée une sensation de déséquilibre.

Ça m’a aussi peut-être dérangée parce que Perfect Rythm avait le défaut similaire d’élever le personnage ace en parangon de vertu, et que je l’avais lu juste avant. Leontyne, une star de pop, n’arrive pas à trouver de copine parce que toutes les femmes qui l’approchent sont superficielles et veulent sa gloire, son argent, sa beauté. Elle insiste beaucoup sur le fait que l’asexualité d’Holly en fait une partenaire désintéressée et non superficielle… C’est n’importe quoi et vraiment désagréable. Je me sens objectifiée…

Ici, la tolérance de Vaughn n’est heureusement pas reliée à son asexualité, mais j’aurais préféré qu’il ait des défauts et ne soit pas présenté comme « naturellement » ouvert d’esprit.

Côté représentation asexuelle, c’était bien géré – j’ai vu que l’autrice avait écrit un autre livre avec des personnages ace et j’ai bien l’intention de le lire. Le personnage sonne juste, et comme d’habitude, j’aime beaucoup quand la « culture ace » est évoquée – c’était d’ailleurs un de mes aspects préférés de Perfect Rythm, qui est un des livres la présentant le plus. Ici, ce sont surtout des militant·es qui sont cité·es.

Mais comme toujours, je garde cette tristesse de constater que ce sont surtout les mecs ace gays qui ont leur place dans la littérature. Je cherche des romans f/f, ou avec des personnages ace et trans ! Surtout que la majorité des personnes ace que je connais ne sont pas des mecs…

Blank Spaces était un très bon roman avec une représentation juste, et j’espère que je trouverai d’autres types de personnages tout aussi bien. Je poursuis ma quête de représentation !

Avertissements : scènes de sexe, slutshaming

 

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