Trilogie Le Garçon Sorcière de Molly Knox Ostertag

personne en manteau noir lisant Le Garçon Sorcière de Molly Knox Ostertag assise sur un puits

Ma sphère littéraire en ligne a encensé la bande-dessinée Le Garçon Sorcière de Molly Knox Ostertag à sa parution, mais elle était tellement empruntée que je n’ai pas pu la lire tout de suite. C’est alors que le tome 2 est sorti, et qu’un·e de mes ami·es a vu la couverture : grande joie, on y voit un symbole trans, c’était donc enfin une bande-dessinée avec de la représentation trans, n’est-ce pas ?
Il me semblait que ce n’était pas le cas… Queerbaiting ? L’autrice est dans la communauté queer, ce symbole ne peut pas être choisi au hasard.

 

Deux personnages font face à une ombre, l'un d'eux brandit un symbole trans
Couverture du tome 2 : La Sorcière Secrète

 

J’avoue qu’alors que chaque tome était porté aux nues par les lecteurices, cet élément a douché ma motivation. Je n’ai finalement lu le tome 1 que parce qu’il m’est presque tombé dans les mains – il était sur un présentoir de la bibliothèque et j’avais de la place sur ma carte.

Mettant côté l’absence de représentation trans, je pensais apprécier cette bande-dessinée pour d’autres aspects, vu tout le bien qu’on m’avait dit de son exploration du genre et du sexisme. Mais… non ? Je n’ai pas compris ce que les autres lecteurices lui ont trouvé.

Elle est pas mal, je ne dis pas le contraire. On y suit un jeune garçon, Aster, que j’ai trouvé très attachant, et qui vit dans une famille avec des capacités magiques. Les femmes suivent un enseignement pour devenir des sorcières, tandis que les hommes apprennent à être métamorphes. Sauf qu’Aster ne rêve que d’une chose : apprendre des sortilèges bien qu’il soit un garçon, ce qui est très critiqué.

Les dessins sont beaux, l’univers est complexe et riche, l’aventure est vraiment sympathique : on voit Aster se faire une amie, enquêter sur des disparitions d’enfants, affronter un adversaire maléfique. Je ne me suis absolument pas ennuyée.

 

Cependant, je m’attendais à davantage qu’une aventure sympa. Ce premier tome avait trop peu de profondeur à mon goût : la métaphore manque de subtilité et elle est en plus très binaire. Le message c’est que les filles peuvent aimer le sport et les garçons la sorcellerie, on doit les laisser s’adonner aux passions qu’iels veulent… peut-être que c’est encore un message nécessaire au grand public, mais je cherche des histoires qui vont un peu plus loin.

 

De plus, passer un livre dans un univers au sexisme prononcé est loin d’être agréable. Peut-être que l’autrice pensait qu’inverser les genres aiderait à trouver l’oppression plus supportable ? J’ai en tout cas trouvé la majeure partie du livre très crispante, et après toutes les remarques et situations sexistes qui s’accumulent, on a à peine trois pages de réconfort et de résolution. Ce n’est pas assez pour moi, je suis vraiment restée sur cet arrière-goût d’injustice et de violence.

 

J’avais donc vraiment, vraiment bien fait d’attendre, car les deux tomes suivants étaient sortis et j’espérais qu’eux me procureraient ce réconfort si nécessaire. Et peut-être, qui sait, qu’ils complexifieraient un peu le thème ?

 

couverture de Le Garçon Sorcière et La Sorcière du Solstice de Molly Knox Ostertag

Couvertures des tomes 1 et 3

 

J’ai enchainé la lecture des tomes deux et trois et je les ai trouvés bien meilleurs que Le Garçon Sorcière. Et de loin ! On y voit Aster agrandir son groupe d’ami·es – ce qui me fait toujours plaisir – et le focus de l’intrigue se porte également sur Ariel, une sorcière qui, sans famille magique, n’a pas eu accès à leurs enseignements.

Ces deux tomes sont beaucoup plus doux et portés sur l’aventure que le premier, et j’ai trouvé leur lecture agréable et distrayante. Au niveau de la réflexion sur le genre et le sexisme, on ne va pas plus loin, mais au moins l’histoire était plus bienveillante.

 

La trilogie Le Garçon Sorcière n’est pas la réflexion sur les rôles de genre qu’on m’avait promis, mais ça reste une histoire fort sympathique à condition de lire les trois tomes comme une entité plutôt que de se contenter du premier.

 

Avertissements : sexisme, enlèvement, mort

 

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