Culottées et Le Problème avec les Femmes

de Pénélope Bagieu et Jacky Flemming respectivement

J’ai lu ces deux œuvres en même temps : d’abord Culottées : Des Femmes qui ne font que ce qu’elles Veulent et ensuite Le Problème avec les Femmes, et je les trouve complémentaires, l’une permettant de mieux comprendre l’autre.

personne lisant Culottées devant la fresque murale de Wu Zetian

J’étais posée dans un canapé chez des personnes qui m’accueillent régulièrement, et qui lisaient à côté de moi. Culottées est un rassemblement de 15 portraits historiques sous forme de bande dessinée. Le premier, celui de Clémentine Delait, une femme à barbe, m’a vraiment touchée, et a donné le ton du reste de l’ouvrage. Elle est tellement fière de sa différence, elle se bat et se distingue jusqu’au bout, ça fait chaud au cœur.

Beaucoup de portraits relatent des faits horribles : dans le 3e portrait, Margaret Hamilton, l’actrice de la méchante sorcière de l’ouest, prend feu et est hospitalisée plusieurs mois. Et pourtant, le passage était… comique ? C’est montré comme un obstacle qu’elle surmonte, mettant en valeur sa combativité plutôt que de nous faire pleurer – et on a quand même conscience de l’horreur de la chose.

Une petite pause pour préparer un gâteau – j’en ai profité pour discuter des portraits – et j’ai repris ma lecture. Les portraits qui m’ont le plus séduite, sont, sans surprise, ceux de Joséphine Baker, danseuse, chanteuse, espionne… on parle de Jean Moulin en cours d’histoire, pas d’elle. Celui de Tove Jansson : écrivaine et lesbienne, elle a tout pour me plaire ! Ses dessins sont tellement touchants… Et celui de Leymah Gbowee : la solidarité présente dans son histoire m’a enthousiasmée ! Elle a fait beaucoup, mais elle a aussi été soutenue par les femmes du Liberia, et j’adore les actions de groupe.

La dernière histoire, celle de Wu Zetian, aborde le sujet approfondi dans Le Problème avec les Femmes : la poubelle de l’Histoire. Wu Zetian n’était pas plus autoritaire que les autres empereurs. Sous son règne, la Chine a fleuri, elle a mis en place de nombreuses mesures sociales. Mais aujourd’hui encore, elle est perçue comme un tyran sans pitié. Les traits qu’on voyait comme des qualités chez des hommes ont été diabolisés chez elle.

personne en pull rouge lisant Le Problème avec les femmes allongée sur le carrelage, avec une poubelle et des détritus de papier autour

J’ai enchainé avec la lecture de Le Problème avec les Femmes, un court texte illustré d’une ironie mordante : « avant le 20e siècle, il n’y avait pas de femmes noires » ou encore « avant la 1e vague de féminisme, les femmes ne faisaient rien ». Il détaille toutes les mesures prises pour faire taire les femmes, pour les confiner dans la sphère domestique. Et si jamais l’une d’entre elle s’échappait et accomplissait un exploit, elle était vite jetée dans la « poubelle de l’Histoire » : un homme s’emparait de ses actions, et elle n’entrait jamais dans les manuels scolaires.

Si on s’était demandé à la lecture de Culottées pourquoi on n’avait jamais entendu parler de ces femmes extraordinaires, on a la réponse ici. Et apportée avec suffisamment d’humour pour ne pas déprimer à sa lecture.

En janvier, alors que j’allais à Paris, j’ai découvert que les murs de la Gare de Lyon étaient décorés des extraits de Culottées. C’était une bonne surprise, je les ai lus en attendant mon train, et ça m’a donné envie de me lancer dans le tome 2. Alors je me le suis procuré lors d’une – autre – visite à Paris. Je l’ai dévoré le soir même, mon parrain qui m’hébergeait lisait le tome 1 à côté. Et… c’était un peu trop. En regardant le sommaire, j’ai constaté qu’à l’exception du portrait des Shaggs, je les avais tous aimés. Pourquoi, alors, ce ressenti de lassitude ? Je ne sais pas trop…

Temple Grandin, présentée dans le portrait, est attachante, et j’ai aimé le fait que la BD se concentre sur son travail pour les animaux. Sa machine à câlins est adorable ! Mon personnage préféré est sans doute Heidi Lamarr, car malgré son absence totale de formation, elle est à l’origine de la Wifi. Mais j’ai également adoré Nellie Bly, journaliste débordante de volonté, et l’histoire de Phulan Devi, quoiqu’horrible, était prenante. J’ai sa biographie chez moi, mais même si Culottées a éveillé ma curiosité, certaines parties de la vie de cette rebelle indienne ne m’ont pas donné envie de m’y plonger.

TW Culottées : viols

 

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