Les Dieux du Tango de Carolina de Robertis


personne en robe rouge et noire lisant Les Dieux du Tango de Carolina de Robertis de nuit, devant un lampadaire

J’avais entendu parler de Les Dieux du Tango de Carolina de Robertis lors du bookclub Cordelia d’octobre 2020… oui, ça fait un bout de temps. Il avait attiré mon attention car j’aime danser, et à l’époque je prenais encore des cours de danse rock & roll, qui est une danse à deux comme le tango. Les rôles de genre sont très marqués et quand j’ai entendu que Les Dieux du Tango se penchait sur un personnage qui transgresse les normes de genre, j’étais vraiment enthousiaste !

Je n’ai finalement pas eu l’occasion de l’emprunter et de le lire avec les autres participant·es, et je l’ai commencé bien plus tard, en juin 2021.

 

En l’empruntant, j’ai découvert que c’était une fiction historique. Si vous me suivez depuis un bout de temps, vous avez dû remarquer que je lis très rarement des romans historiques… je n’ai même pas de catégorie dédiée à ce genre, tellement je n’ai pas d’articles dessus !

Pourtant, j’adore l’Histoire ! C’est juste que souvent, le ton des romans historiques me parait sérieux, sombre, peu entrainant, alors tant qu’à faire, autant lire une page Wikipédia… j’avais donc un peu peur d’être rebutée par Les Dieux du Tango.

J’ai vite été rassurée : l’écriture est belle et m’a séduite dès les premières pages. Les métaphores sont jolies, l’atmosphère est élaborée avec soin, et on plonge facilement dans les pensées de Leda, le personnage principal. Italienne, elle arrive à Buenos Aires pour y rejoindre son mari, Dante, qu’elle a épousé à distance… pour découvrir qu’il vient de mourir.

 

L’intrigue suit le quotidien de Leda alors qu’elle cherche à survivre dans un monde où les femmes dépendent entièrement de leur mari, mais loin d’être banale, on a dès le début un certain mystère : dans le prologue, on a assisté à la mort de Dante dans sa cuisine, mais on affirme à Leda qu’il a été tué dans une manifestation… de plus, on sait qu’il y a un secret dans le passé de Leda, concernant sa cousine.

Si on a la plupart du temps le point de vue de Leda et ce qu’elle croit des autres, de temps à autre, l’histoire est racontée d’un point de vue différent, révélant des pensées n’ayant rien à voir avec ce que présumait Leda. Les apparences sont trompeuses…

 

couverture de Les Dieux du Tango de Carolina de Robertis

 

Ces interrogations restent toutefois à l’arrière-plan de ce récit centré sur l’évolution de Leda. J’ai fait une pause de trois semaines parce que je n’avais plus l’énergie de lire, mais dès que j’ai repris, j’ai fini Les Dieux du Tango d’une traite, portée par l’ambiance, les descriptions de la musique, les émotions de Leda qui prend le nom de Dante pour rejoindre un groupe de musiciens. Ce n’est pas la première fois que je lis un récit de travestissement, mais ici, à la manière dont c’était écrit, on sentait que ce n’étaient pas juste des vêtements ou un moyen de survie. J’étais totalement dans la peau de Dante. Et j’avais très peur que ça se termine mal – les romans historiques LGBTI+ sont souvent tragiques, parait-il – et j’ai lu la fin pour me rassurer. J’ai pu reprendre ma lecture avec sérénité.

 

Les Dieux du Tango m’a avant tout emportée par son ambiance, un peu mystérieuse, plongée dans la nuit et la musique. J’imagine les rideaux rouges, les tenues chics, les spectateurs qui observent la scène depuis l’ombre, et les rues mal éclairées quand les musiciens rentrent chez eux, ivres de leur succès et de leurs mélodies. Dans cette atmosphère presque magique, les émotions étaient exacerbées, j’avais l’impression que le moindre faux pas pouvait nous faire passer du rêve au cauchemar. La tension est là en filigrane, et on profite de chaque bonheur de Leda. Un roman magnifique !

 

Avertissements : viols (dont incestueux), morts violentes, trafic humain, chantage, outing

 

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